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Cardio-toxicités

Il s’agit d’une discipline médicale nouvelle qui consiste en une analyse cardiologique spécifique prenant en compte le terrain du patient atteint d’un cancer et les traitements à visée oncologique qui vont être utilisés pour limiter la progression ou guérir la maladie.

Le cardio-oncologue met en place des stratégies de prévention et de suivi pour limiter les toxicités cardiologiques potentielles des traitements anti-cancéreux.

Environ 20% des patients traités pour un cancer développeront des complications cardio-vasculaires. La plupart de ces complications ne nécessite pas pour autant l’arrêt du traitement anti-cancéreux. L’expertise cardio-oncologique permet souvent d’éviter un arrêt prématuré du traitement anti-cancéreux et permet au patient de bénéficier pleinement des effets protecteurs des molécules responsables des effets secondaires.

  • Certaines chimiothérapies (anthracyclines) ou thérapies ciblées (trastuzumab) ont des toxicités connues dépendant de la dose. Cependant, la fréquence des effets secondaires reste faible par rapport au bénéfice oncologique attendu.
  • Les facteurs de risques cardiovasculaires (diabète, hypertension artérielle, tabagisme, surpoids), en particulier s’ils sont mal contrôlés, peuvent aggraver la toxicité induite par les traitements anti-cancéreux.
  • La présence d’une maladie cardiaque sous-jacente expose à un risque accru de toxicité cardiaque. Une réévaluation des traitements avant de débuter un traitement anti-cancéreux permet de limiter l’apparition d’effets secondaires.

En cas d’apparition de symptômes spécifiques (essoufflements, palpitations, malaises, oppression thoracique), un diagnostic conjoint entre l’oncologue et le cardiologue doit être réalisé afin de débuter un traitement adapté.

En cas de cardio-toxicité avérée, des traitements spécifiques peuvent stabiliser ou améliorer la fonction cardiaque (bétabloquants, inhibiteurs de l’enzyme de conversion). Selon la gravité de la toxicité, la discussion entre oncologue et cardiologue est nécessaire pour discuter de l’arrêt temporaire ou définitif ou de la poursuite des traitements anti-cancéreux.

Si un diagnostic précoce est établi et les mesures de protection cardiaque mises en place, la cardio-toxicité se stabilise dans la majorité des cas, voire régresse complètement. Un suivi cardiologique au long cours peut cependant être nécessaire.