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Cancer de la prostate

  • La prostate est une glande faisant partie de l’appareil génital masculin. De la taille et de la forme d’une châtaigne, elle se trouve sous la vessie, en avant du rectum (dernière partie du tube digestif aboutissant à l’anus). La prostate participe à la production du liquide séminal, qui entre dans la composition du sperme et permet le transport des spermatozoïdes fabriqués par les testicules. 
     
  • Le cancer de la prostate (adénocarcinome prostatique) correspond à la multiplication de cellules anormales dans la glande, jusqu’à formation d’une tumeur. Le cancer prostatique peut être strictement limité à la prostate elle-même (cancer localisé) ; mais les cellules cancéreuses peuvent aussi se déplacer de la prostate vers d’autres parties du corps (os, vessie, rectum), où elles provoquent un nouveau cancer (métastases).  
     
  • Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Environ 65 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. 
     
  • Le dépistage précoce, l’amélioration des moyens de diagnostic et les techniques thérapeutiques ont permis de considérablement diminuer le taux de mortalité par cancer de la prostate. 
  • L’âge est le premier facteur de déclenchement du cancer prostatique.
  • L’hérédité (autres cas de cancer de la prostate chez plusieurs parents directs) semble également jouer un rôle.
  • L’alimentation (excès de graisses animales) peut également, comme dans bien des cas de cancer, avoir une incidence. 

S’il n’est pas diagnostiqué lors d’un examen de dépistage, un cancer de la prostate peut apparaître et se développer sans symptômes apparents.

C’est lorsque le cancer est avancé et que la tumeur atteint un certain volume que les premiers signes apparaissent. La tumeur exerce une pression sur le canal de l’urètre, qui traverse la prostate et par lequel s’évacue l’urine. Le malade ressent alors des problèmes urinaires (envie fréquente, jet d’urine faible, douleur ou brûlure).

De tels symptômes ne sont toutefois pas systématiquement évocateurs d’un cancer ; ils surviennent également en cas d’adénome de la prostate, une pathologie sans gravité et facilement curable. 

Confirmer le problème de prostate

Après apparition d’une gêne urinaire potentiellement révélatrice d’un problème de prostate ou dans le cadre d’une demande de diagnostic précoce de cancer de la prostate, l’urologue propose deux examens complémentaires pour confirmer que la prostate est bien impliquée dans la gêne urinaire.

  • Le toucher rectal
    L’urologue procède d’abord à un toucher rectal. Il permet, par palpation de la prostate, de distinguer d’éventuelles anomalies (excroissances, rigidité anormale) à la surface de la glande prostatique.
     
  • Le dosage de PSA
    En cas de suspicion après toucher rectal, le médecin demande un dosage du taux de PSA (antigène spécifique de la prostate) par prise de sang. Le PSA est une protéine fabriquée par la prostate et dont une teneur trop élevée dans le sang peut indiquer, sans que cela soit systématique, l’apparition d’un cancer.
     

Confirmer la présence d’un cancer

  • La biopsie prostatique
    Seule la biopsie permet d’établir définitivement la présence d’un cancer de la prostate. Sous anesthésie locale, l’urologue des Hospices Civils de Lyon prélève des échantillons de prostate grâce à une aiguille introduite dans le rectum. L’analyse biologique des prélèvements permet d’attester la présence d’un cancer de la prostate mais aussi d’en déterminer le niveau de gravité (Score de Gleason).
     
  • L’imagerie médicale
    Le diagnostic peut être encore affiné par échographie endorectale (sonde échographique introduite dans le rectum),  ou IRM.
    L’IRM permet notamment d’évaluer l’extension ou non du cancer aux organes proches, ce qui aura un impact sur le choix du traitement.
    La scintigraphie osseuse et le PET SCAN à la choline sont utilisés pour détecter d’éventuelles métastases sur les os ou d’autres organes. 

La décision de traitement

La décision de traitement contre un cancer de la prostate est propre à chaque patient. Elle dépend :

  • de son âge
  • des autres maladies dont il souffre
  • du retentissement psychologique du diagnostic
  • de sa situation professionnelle et familiale.

Tous ces éléments pèsent dans la décision ; il ne doit pas y avoir de solution unique et le patient reste un acteur dans la décision du traitement.

Les types de traitement d’un cancer prostatique

Les urologues des Hospices Civils de Lyon proposent tous les types de prise en charge pour traiter un cancer de la prostate.

  • La surveillance active
    Le cancer de la prostate pouvant être d’évolution lente, on peut ne pas proposer de traitement immédiat, du fait d’une insuffisance de bénéfice réel par rapport au risque possible d’effets secondaires. Le malade est alors placé sous surveillance active, avec des bilans et examens réguliers pour  guetter tout signe d’évolution. C’est une des options les plus fréquentes dans le cadre de diagnostic précoce.
     
  • La prostatectomie radicale (ou prostatectomie totale)
    Intervention chirurgicale consistant à retirer l’ensemble de la prostate et des vésicules séminales (autres glandes contribuant à la production du liquide séminal).
    Pour aller plus loin : la prostatectomie radicale
     
  • La radiothérapie externe
    Projections multiples de faisceaux de radiations ciblées sur la tumeur, afin de détruire les cellules cancéreuses. Elle est utilisée pour les patients âgés (plus de 70 ans) ne pouvant être opérés.
     
  • La curiethérapie (ou brachythérapie)
    Introduction de grains de matière radioactive (Iode 125) directement à l’intérieur de la prostate. Ces grains agissent, comme la radiothérapie, par irradiation de la tumeur.
     
  • L’hormonothérapie
    Il s’agit d’un traitement médicamenteux contre le cancer de la prostate. Le patient reçoit des médicaments (comprimés ou injections) visant à réduire son taux de testostérone, une hormone produite par les testicules et qui agit sur le développement de la prostate. La diminution du taux de testostérone dans l’organisme permet de bloquer la prolifération des cellules cancéreuses.
     
  • Ultrasons focalisés (HIFU)
    Destruction ciblée de la tumeur par projection d’ultrasons de haute intensité. Ce traitement innovant peut être proposé pour des cancers peu agressifs ou après un échec de radiothérapie externe.
     
  • Autres traitements contre le cancer de la prostate
    Les urologues disposent aussi des techniques de cryothérapie (destruction de la tumeur par le froid) et de photothérapie dynamique (association d’un produit photo sensibilisant et d’un laser pour détruire la tumeur prostatique).

Les patients traités pour un cancer de la prostate sont soumis à un contrôle médical régulier. Il repose généralement sur une première visite 6 semaines à 3 mois après le traitement, puis une tous les six mois pendant 2 ans. La visite de contrôle devient ensuite annuelle, pendant une dizaine d’année le plus souvent et au-delà dans certains cas. Pour certains cas le suivi peut être continué plus longtemps.

  • Conséquences psychologiques
    L’annonce d’un cancer de la prostate et le traitement à suivre pour le soigner, peuvent avoir des conséquences sur le moral. Les urologues des Hospices Civils de Lyon ou les équipes soignantes peuvent orienter les patients vers un soutien psychologique.
     
  • Effets secondaires des traitements
    Les traitements contre le cancer prostatique peuvent laisser des séquelles. Des troubles urinaires (incontinence) et sexuels (problèmes d’érection) sont ainsi constatés. Leur durée et leur intensité varie en fonction du traitement adopté.
    Ils peuvent être transitoires et cesser quelques semaines après la thérapie ou être plus permanents ; leur résolution passe alors par un accompagnement médical.
    Pour aller plus loin : les solutions contre les troubles de l’érection (traitement médicamenteux et implant pénien)
     
  • Hygiène de vie
    Il est recommandé de pratiquer une activité sportive régulière et de consommer des aliments riches en antioxydants (poissons gras, huile de colza…).