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Cancer du sein

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France (environ 50 000 nouveaux cas par an).
Le cancer du sein est une maladie développée au dépend des cellules de la glande mammaire. Une cellule de la glande mammaire normale se transforme en cellule anormale,  se multiplie et finit par créer une tumeur ou « carcinome infiltrant».
Les cellules cancéreuses  peuvent se déplacer via les canaux lymphatiques du sein, jusque dans le creux de l’aisselle, ou elles peuvent se multiplier dans les ganglions. Lorsqu’elles se déplacent au-delà de ces ganglions, elles peuvent venir former des tumeurs à distance du sein, appelées « métastases ».

  • soit la tumeur est palpée par la patiente, ou son médecin lors du suivi. Parfois, la tumeur peut se manifester par une modification de la forme du sein, ou une coloration rouge de la peau.
  • soit la tumeur n’est pas assez grosse pour être palpée, et est détectée lors d’une mammographie de dépistage. Le dépistage du cancer du sein est proposé à toutes les femmes âgées de 50 à 75 ans, tous les deux ans. Ce dépistage est gratuit.

Une fois le cancer du sein suspecté, plusieurs examens vont être réalisés :

  • une mammographie des deux seins, si elle n’a pas eu lieu lors du dépistage. Elle peut détecter des calcifications ou des nodules.
  • une échographie des seins et des aisselles. Elle recherche le nodule vu en mammographie, pour faire des biopsies. Elle recherche aussi des ganglions anormaux du creux de l’aisselle.
  • dans certains cas (âge jeune, antécédents familiaux nombreux, mutation génétique, type particulier de tumeur), une IRM des seins sera réalisée.
  • une biopsie du sein. Son but est de prélever des fragments de la tumeur pour faire le diagnostic de la maladie. La biopsie est réalisée par le radiologue, à l’aide d’une mammographie, d’une échographie ou plus rarement d’une IRM. Cette biopsie est adressée aux anatomopathologistes qui vont analyser la tumeur pour déterminer son type et ses facteur pronostics.
  • quand la tumeur atteint les ganglions de l’aisselle, « un bilan d’extension » est réalisé, à la recherche de métastases. Ce bilan d’extension peut consister en une scintigraphie osseuse, un scanner thoraco-abdomino-pelvien ou encore un PETscanner.

Le plus souvent, le diagnostic est annoncé par le gynécologue ou le médecin traitant ayant reçu le résultat des biopsies.

Avec les éléments de la biopsie et de l’imagerie, le dossier est discuté en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP), regroupant des chirurgiens, oncologues, radiologues, radiothérapeutes, anapathologistes. Le traitement est proposé selon des recommandations nationales de bonnes pratiques.

  • La chirurgie : l’objectif est d’enlever la tumeur dans sa totalité. Selon la taille de la tumeur, un traitement dit « conservateur » retirant uniquement la tumeur en conservant le sein, est proposé. Lorsque la tumeur est volumineuse, ou qu’il en existe plusieurs différentes dans le même sein, une ablation du sein (« mastectomie ») peut être nécessaire. Ce choix se fait après discussion avec la patiente.
  • En cas de tumeur trop volumineuse initialement  pour une conservation du sein , on pourra parfois proposer de commencer le traitement par une chimiothérapie, dite néoadjuvante, qui permettra une réduction de la taille de la tumeur et permettra un traitement conservateur du sein.
  • Afin de savoir si le ganglion de l’aisselle est atteint, la technique du « ganglion sentinelle » est le plus souvent proposée. Il s’agit d’aller prélever pendant la chirurgie, le premier ganglion de l’aisselle faisant le relai de la tumeur.
  • La radiothérapie : son but est de diminuer le risque de récidive du cancer au niveau du sein. Elle est systématique si le traitement est « conservateur » et concerne tout le sein et l’endroit où se trouvait la tumeur. En cas de mastectomie, selon certains critères, une radiothérapie peut aussi être nécessaire.
  • La chimiothérapie : son but est de diminuer le risque de récidive. Elle est proposée en fonction des caractéristiques de la tumeur, après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire.
  • L’hormonothérapie : beaucoup de cancers du sein sont sensibles aux hormones. Pour éviter les récidives au long terme, une hormonothérapie est proposée, le plus souvent pour une durée de 5 ans.

Une fois le cancer traité, une surveillance rapprochée est organisée, conjointement avec le gynécologue, le médecin traitant, le radiothérapeute, et l’oncologue. Elle est réalisée selon la tumeur plusieurs fois par an pendant 5 ans, puis une fois par an, avec une mammographie annuelle.