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Prostatectomie (ablation de la prostate)

La prostatectomie radicale (ou prostatectomie totale) est une intervention chirurgicale pratiquée pour le traitement du cancer prostatique. Elle consiste à retirer complètement la prostate et des vésicules séminales.

Les spécialistes disposent de plusieurs techniques selon le degré d’avancement du cancer prostatique. Le choix du traitement par les urologues tient aussi compte des paramètres de vie du patient (âge, en activité ou non, vie sociale, familiale ou de couple…).

  • La prostatectomie totale est généralement davantage indiquée pour des patients jeunes dont on estime l’espérance de vie supérieure à 10 ans (en fonction de l’âge du patient et de la présence d’autres maladies) et souffrant d’un cancer localisé (sans métastase), à risque d’évolution moyen.
  • L’ablation de la glande prostatique n’est pas recommandée pour un patient trop âgé ou fragile, pour qui la chirurgie peut représenter un risque. 

Avant l’opération : le bilan pré-opératoire

  • Analyse d’urine pour la recherche d’infection
  • Bilan sanguin pour évaluer le fonctionnement des reins et la capacité de coagulation du sang.
  • Consultation d’anesthésie.

L’opération : les techniques d’ablation de la prostate

Les urologues des Hospices civils de Lyon proposent toutes les techniques de prostatectomie possibles (chirurgie classique, cœlioscopie, chirurgie robotisée).

  • La prostatectomie par chirurgie classique
    Le chirurgien accède à la prostate par une incision au niveau de l’abdomen, sous le nombril. La technique est la plus répandue car elle offre à l’urologue une vision directe de la zone à prélever.
    Comme toute chirurgie ouverte, elle peut générer des pertes de sang ; la douleur après opération est plus soutenue et le temps de cicatrisation et de convalescence plus long. 
     
  • La prostatectomie par chirurgie coelioscopique
    Le chirurgien procède à l’ablation de prostate grâce à des instruments (trocarts) et une caméra glissés dans l’abdomen du patient, au travers de multiples et discrètes incisions. Il guide son geste grâce à un écran de contrôle.
    La chirurgie cœlioscopique laisse envisager une diminution des douleurs postopératoires et du séjour à l’hôpital (2 à 3 jours contre 6 pour une chirurgie classique).
     
  • La prostatectomie par chirurgie robotisée
    On pénètre également l’abdomen par plusieurs incisions courtes. Le chirurgien pilote (grâce à une reconstitution 3D de l’intérieur de l’abdomen) un robot sur lequel sont fixés les instruments.
    La prostatectomie robotisée autorise une très grande précision dans le geste et permet notamment d’envisager une préservation des nerfs responsables du mécanisme de l’érection quelles que soient les conditions locales (patients en surpoids, interventions de cure de hernie…). Actuellement la plupart des interventions au Hospices Civils de Lyon sont faites par voie robot assistée, qui est une évolution des deux premières techniques.

Après l’ablation de la glande prostatique

  • Sonde urinaire
    Suite à l’ablation de la prostate, le chirurgien doit rétablir une connexion anatomique entre le canal de l’urètre (par lequel transite l’urine pour être évacuée) et la vessie. Quelle que soit la technique chirurgicale employée, cette procédure nécessite la mise en place temporaire (5 à 10 jours) d’une sonde urinaire qui peut générer un certain inconfort. La durée d’hospitalisation étant le plus souvent très courte (48h par exemple en cas de chirurgie robot assistée), les patients sortent le plus souvent avec la sonde.
     
  • Drains
    Des drains sont parfois posés temporairement afin d’évacuer les épanchements liquides (sérum sanguin) générés par l’intervention. Ils sont retirés après quelques jours.
     
  • Douleur
    Selon la technique utilisée pour la prostatectomie totale, la douleur post-opératoire peut être d’intensité variable. Les urologues des Hospices civils de Lyon peuvent mettre en place des traitements pour lutter contre la douleur.
  • L’incontinence urinaire
    Les fuites urinaires constituent une conséquence normale et généralement temporaire de l’ablation de prostate. Selon les patients, quelques semaines à quelques mois sont en effet nécessaires pour que disparaissent les effets de l’opération sur le fonctionnement normal des muscles de la fonction urinaire. Des séances de rééducation du périnée par kinésithérapie sont généralement prescrites suite à l’opération.
     
  • Absence d’éjaculation
    La glande prostatique et les vésicules séminales sont impliquées dans la production du liquide séminal, qui entre dans la composition du sperme. Leur ablation entraîne par conséquent une disparition définitive des éjaculations. Le plaisir sexuel n’est pas altéré.
     
  • Problèmes d’érection
    Les troubles érectiles peuvent intervenir à la suite d’une prostatectomie totale.

    Si nécessaire (risque de présence de cellules cancéreuses), le chirurgien peut décider de retirer les bandelettes neuro-vasculaires, un ensemble de nerfs et vaisseaux sanguins responsables du mécanisme érectile. Il devient alors impossible pour le patient d’avoir une érection. Les urologues des Hospices civils de Lyon proposent cependant des solutions contre l’impuissance (injections, pompe à vide, implant pénien) permettant au patient de conserver une vie sexuelle après une prostatectomie totale.

    Pour les patients jeunes à la vie sexuelle active, et porteurs d’une tumeur de petite taille, il est possible de viser un maintien de la capacité érectile par préservation des nerfs érecteurs. Il est alors nécessaire de recourir à la chirurgie robotisée.

    Pour aller plus loin : les solutions contre les troubles de l’érection