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Résection Endoscopique de Tumeur de Vessie

Toutes les tumeurs de vessie doivent être réséquées (retirées) en totalité. L’objectif est d’une part d’interrompre la croissance de la tumeur et d’éviter les complications locales liées à son expansion et d’autre part d’obtenir un diagnostic précis. Cette intervention est simple mais elle doit être réalisée avec soin et précaution. Il s’agit d’une intervention par les voies naturelles, le résecteur qui est l’appareil permettant d’enlever la tumeur est introduit par l’urètre sous anesthésie générale ou péridurale.

Tous les patients qui ont un polype/tumeur de vessie doivent subir une résection endoscopique. Dans certaines situations, une deuxième résection est nécessaire pour s’assurer de l’absence de résidu avant de commencer un traitement par instillations endovésicales. 

 

  • Hospitalisation la veille ou le matin même de l’intervention, pas de préparation particulière, à jeun selon les instructions de l’anesthésiste, avec un bilan comprenant une prise de sang pour contrôle de la coagulation et un examen d’urine de moins de 14 jours. Cette intervention n’est pas réalisable s’il y a une infection urinaire, ce qui justifie le bilan par ECBU.
  • Installation au bloc opératoire, anesthésie et préparation du champ opératoire par un antiseptique local. Introduction du résecteur  par l’urètre qui peut nécessiter une dilatation. Cet appareil est muni d’un système optique relié à une caméra et une anse diathermique qui  permet de réséquer la ou les tumeurs et de faire la coagulation. Il est parfois nécessaire d’améliorer la visibilité des tumeurs en utilisant un agent fluorescent. Dans ce cas, une heure avant l’intervention, une solution contenant l’agent est instillée dans la vessie. Le chirurgien utilise alors un résecteur muni d’une lumière qui rend les tumeurs fluorescentes.
  • Temps opératoires : introduction de l’appareil, observation en lumière blanche et en lumière fluorescente. Les tumeurs et leur localisation sont notées ; les tumeurs sont réséquées d’abord en superficie puis plus profondément pour avoir du muscle vésical. Coagulation soigneuse de toutes les zones de saignement, élimination des copeaux, mise en place d’une sonde vésicale.
  • Suites de l’intervention : la surveillance repose sur la vérification que la sonde ne se bouche pas et que le saignement s’arrête, en général dans les heures qui suivent l’intervention. L’hospitalisation est courte, elle dépend de la durée de sondage et de la récupération physique qui est habituellement très rapide. La sortie s’accompagne de conseils sur le risque de complications.
  • Pendant l’hospitalisation : la sonde est nécessaire pour éviter les signes associés aux interventions sur la vessie : mictions très fréquentes, brulures et rétention d’urine. La sonde vésicale mise en place a deux canaux : un pour éliminer l’urine et l’autre pour laver la vessie. D’autres complications liées au sondage peuvent survenir, notamment une infection urinaire. C’est la raison pour laquelle il est impératif d’avoir un examen d’urine négatif. Une autre complication peut être la persistance du saignement, qui impose le maintien de la sonde.
  • De retour au domicile, des mictions avec des urines rosées sont habituelles et passagères mais elles peuvent être source d’inquiétude. Des boissons abondantes sont nécessaires pour éviter ces symptômes. En cas de saignement abondant ou d’impossibilité d’uriner, il faut contacter l’équipe chirurgicale. Les brulures mictionnelles qui, si elles persistent ou s’intensifient sur 24 h, doivent faire rechercher une infection urinaire. Un ECBU est alors nécessaire.

Le résultat histologique de l’intervention est obtenu dans les 8 jours qui suivent l’hospitalisation. Celui-ci indique le grade et le stade de la tumeur. L’urologue responsable convoque le patient pour lui annoncer et lui expliquer le diagnostic. Un plan de soin est alors établi. Celui-ci doit définir la suite à donner au diagnostic.