Méningiome (tumeur des méninges)

Le méningiome est une tumeur des méninges, qui sont les enveloppes du cerveau. La convexité du crâne, par opposition à la base du crâne, correspond à la voûte du crâne.
 
Le méningiome est une tumeur bénigne d’évolution lente, mais d’évolution variable. Il peut cependant être agressif vis-à-vis du cerveau ou du cervelet, non seulement parce qu’il le déplace, mais aussi parce qu’il peut l’irriter.

Le méningiome est généralement découvert de façon fortuite lors d’un scanner cérébral ou une IRM cérébrale réalisée devant des symptômes variés, notamment des maux de tête. Il a également pu être découvert parce que le méningiome entraîne déjà un dysfonctionnement du cerveau, par exemple une crise d’épilepsie ou de façon plus grave parce qu’il est responsable d’un déficit neurologique, voire de troubles de la conscience. Dans ces cas-là, des symptômes surviennent exceptionnellement brutalement et sont dus au méningiome lui-même qui peut avoir un gros volume, mais également à la réaction du cerveau autour du méningiome (l’œdème cérébral qui est une infiltration d’eau au niveau du cerveau).

Les méningiomes en général sont beaucoup plus fréquents chez les femmes, en général à partir de la quarantaine. Il peut y avoir plusieurs méningiomes découverts, on parlera alors de méningiomatose. Les formes familiales sont très rares, on ne peut donc pas dire que si l’on a découvert un méningiome chez quelqu’un qu’il s’agit d’une maladie héréditaire.

L’évolution est lente. Ils sont pourtant classés en trois catégories :

  • Le méningiome de grade I est le plus bénin, pourtant il arrive qu’un méningiome de grade I récidive même après une exérèse qui apparaît totale.
  • Le méningiome de grade II nécessite une surveillance plus rapprochée une fois qu’ils ont été enlevés. Il peut être proposé aussi d’autres traitements associés (radiothérapie).
  • Les méningiomes de grade III, qui sont vraiment très rares, ont un potentiel de récidive plus élevée.

Le traitement du méningiome est chirurgical. L’intervention n’est pas proposée pour faire le diagnostic puisque l’imagerie IRM suffit en général à confirmer qu’il s’agit d’un méningiome. Si donc votre médecin, votre neurochirurgien ne proposent pas d’intervention mais uniquement une surveillance, c’est qu’il y a de bonnes raisons de ne pas s’inquiéter.

Si la chirurgie est proposée, c’est parce que le méningiome est volumineux, mal placé, qu’il a augmenté de volume ou qu’il entraine déjà des signes neurologiques. La chirurgie en effet reste le moyen le plus radical puisqu’elle enlève la lésion. Cette chirurgie peut parfois être difficile lorsque le méningiome est situé dans des régions qui exercent une fonction importante (région motrice, région du langage, par exemple) ou lorsque le méningiome est en contact avec des veines, notamment une grosse veine médiane qui draine le cerveau (le sinus longitudinal supérieur) ou les veines bordantes qui sont les veines de drainage du cerveau.

Ces conditions particulières peuvent gêner l’ablation de la tumeur. Elles peuvent expliquer les manifestations cliniques du méningiome mais aussi les risques opératoires dont vous a parlé le neurochirurgien. Il arrive pour ces raisons, que le neurochirurgien ne puisse pas enlever la lésion en totalité. Dans ces cas-là, il est possible soit de surveiller le fragment de tumeur qui est laissé en place, soit de proposer une radiothérapie spécifique du méningiome. Dans certains cas, la radiothérapie peut être le seul traitement possible. Votre neurochirurgien vous aura expliqué pourquoi.

Avant l’intervention, il se peut que l’on vous prescrive des corticoïdes (de la cortisone) pour diminuer l’œdème cérébral autour du méningiome. Si tel est votre cas, vous aurez certainement constaté que ce traitement est particulièrement efficace, mais il ne suffit pas, à moyen ou à long terme.

On vous aura aussi peut-être proposé un ou plusieurs médicaments contre les crises d’épilepsie. Ces médicaments ont pour but de traiter les crises qui ont peut-être fait découvert le méningiome et d’éviter qu’elles se reproduisent, ou au contraire de prévenir la survenue de crises d’épilepsie après l’opération. Dans ce dernier cas, le traitement pourra être arrêté au bout de plusieurs mois selon les indications précises de votre neurochirurgien, voire d’un neurologue traitant.

Pour enlever le méningiome, le chirurgien doit ouvrir la boite crânienne. La chirurgie nécessite au départ une préparation commune à toutes les interventions chirurgicales (douches bétadinées). Il est possible qu’avant l’intervention une nouvelle IRM ou un scanner soit réalisé pour permettre un repérage fin de la lésion et aider le chirurgien pendant l’intervention chirurgicale (on parle de neuronavigation). Il y aura très certainement un rasage limité selon les cas.
Avec des outils particuliers, on réalise ensuite la craniotomie (ouverture du crâne). Il faudra ensuite ouvrir la méninge qui est envahie et concernée par le méningiome. L’exérèse (retrait) du méningiome se fait sous microscope opératoire avec des outils parfois sophistiqués, la neuronavigation, des bistouris à ultrasons. Le laser n’a pas sa place dans ce type de chirurgie.

La culture du risque est maintenant ancrée dans les pratiques chirurgicales. On vous les expliquera même si elles sont impressionnantes. Par conséquent le binôme chirurgien / anesthésiste a le devoir de vous informer sur les risques liés à votre intervention et il répondra aux questions que vous lui posez. Le risque anesthésique / péri-anesthésique est abordé par l’anesthésiste lors de la consultation de pré-anesthésie
 

  • Les complications générales
    • décompensations d’organes liées au terrain,
    • maladie thromboembolique,
  • Les complications liées à l’abord chirurgical
    • hématome,
    • infections,
    • cicatrice, défaut de cicatrisation. Il peut y avoir du liquide céphalo-rachidien sous la peau, ce qui donnera une impression fluctuante de la peau. Ceci n’est pas bien grave, parlez-en à votre neurochirurgien. Il ne faut pas que ce liquide clair passe la peau. Il faut alors consulter plus rapidement.
  • Les complications liées à la zone exposée lors de cette intervention
    Le déficit focal : c’est-à dire qu’en fonction du lieu où se trouve le méningiome il pourrait y avoir, s’il n’est pas déjà présent avant l’opération, un déficit moteur, un déficit de la sensibilité, un déficit visuel, ou un déficit cérébelleux. Dans de très très rares cas, le déficit peut aller jusqu’à un coma avec un risque vital d’où la surveillance en unité de soins intensifs ou une information pour prévenir ces risques.
    Ces complications, si elles surviennent, sont visibles en postopératoire immédiat. Pour en venir à bout, il peut être nécessaire d’aller dans un centre de rééducation.
    L’objectif de l’équipe soignante est de prévenir, réduire au mieux la survenue de telles complications. Si ces complications surviennent l’équipe aura pour préoccupation de les dépister précocement, de vous en informer et de les traiter selon les règles de bonne pratique.

Question - J’ai été opérée de la tête, on m’a rasée, les cheveux repoussent. Quand est-ce que je peux utiliser un shampoing ou faire une coloration des cheveux ?
Réponse - Le shampoing est possible très rapidement. On vous aura peut-être proposé un shampoing bétadiné en postopératoire. L’essentiel est de refaire le pansement et les soins de cicatrice par une infirmière après le shampoing. Après l’ablation des fils, les colorants étant des produits agressifs, il faut attendre que la cicatrice soit parfaite (attendre au moins un mois, un mois et demi).

Question - J’entends des bruits dans ma tête, comme des bulles, ça gratte. Je ne sens pas bien quand je touche autour de la cicatrice. De quoi s’agit-il ?
Réponse - Toutes ces sensations sont normales. Pour réaliser l’opération l’ouverture cutanée entraîne la section de tous petits nerfs qui peut entraîner tout cela, de même les ouvertures réalisées pour la craniotomie, même si elles sont bien sûr fermées solidement, peuvent générer ce genre de désagréments toujours transitoires.

Question - Ma cicatrice est belle, mais il y a comme du liquide dessous lorsque je la touche.
Réponse - On peut remarquer cela de temps de temps. Il n’y a rien de grave, parlez-en à votre neurochirurgien qui vous dira très certainement de patienter. Il pourra vous proposer d’autres actions, il vous les expliquera. Il convient surtout de bien surveiller la cicatrice, qu’il n’y ait pas d’écoulement de celle-ci. Dans ces conditions, contactez votre médecin traitant ou le neurochirurgien.

Question - Depuis l’opération je me sens très fatigué, est-ce normal ?
Réponse - C’est bien normal d’être fatigué après une intervention chirurgicale. Si cela dur, parlez-en à votre médecin traitant pour qu’il vérifie vos ordonnances, les médicaments proposés, qu’il vérifie également s’il n’y a pas d’autres anomalies pouvant expliquer cette fatigue importante.

Question - Je dois faire un voyage en avion prochainement, est-il possible ?
Réponse - Il est préférable d’être prudent et d’attendre d’être rétabli avant de voyager loin. Durant la période de l’arrêt de travail, il est difficile de voyager très loin mais les sorties sont autorisées bien sûr. Encore une fois, votre médecin généraliste ou notre médecin traitant sauront vous indiquer ce qu’il est possible de faire.