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Vers une médecine personnalisée

Les chercheurs des Hospices Civils de Lyon participent à l’effort international de recherche en cancérologie, afin d’améliorer les connaissances sur les maladies, développer de nouvelles thérapies et, au final, augmenter les chances de guérison du cancer.

La médecine « sur mesure » est une des voies les plus prometteuses en cancérologie. Elle consiste à traiter chaque patient de façon individualisée en fonction des spécificités génétiques et biologiques de sa tumeur, mais également en tenant compte de son environnement et de son mode de vie.

Les biomarqueurs pour connaître l’ennemi

Un premier axe de recherche porte sur l’identification de biomarqueurs du cancer. Les biomarqueurs sont des molécules (protéines, enzymes…), dont le niveau de concentration élevé ou au contraire l’absence totale, témoigne d’une activité cancéreuse (ex. le taux d’antigène prostatique spécifique ou PSA, qui peut orienter le diagnostic vers un cancer de la prostate). Parfois, ils sont à l’origine de la transformation de la cellule normale en cellule cancéreuse.  Ils constituent des sortes d’indices biologiques de la manifestation d’un cancer dans l’organisme, voire des cibles pour les traitements ciblés. Ces biomarqueurs sont décelables dans les cellules tumorales,  dans le sang ou dans les urines et trouvent leur utilité pour : 

  • le dépistage et le diagnostic précoce des cancers,
  • la vision causale et pronostique (hérédité de la maladie, prédiction de l’agressivité de la tumeur, risque de récidive…)
  • l’adaptation des traitements au plus près de la réalité de la maladie.

La recherche sur les biomarqueurs est essentielle au développement de traitements de précision (thérapies ciblées) visant spécifiquement ces anomalies biologiques au sein des cellules tumorales. 

Les thérapies ciblées pour le combattre

A la différence de la chimiothérapie, qui demeure un traitement de référence dans la plupart des cancers et agit sur l’ensemble du corps, ces nouveaux médicaments « sélectifs » ne s’attaquent qu’aux cellules cancéreuses, en repérant chez elles une cible précise (récepteur, gène ou protéine), à la façon d’un missile à tête chercheuse. Ils épargnent ainsi au maximum les cellules et tissus sains environnants. Les thérapies ciblées sont généralement bien tolérées et entraînent moins d’effets secondaires que des traitements classiques.

Les recherches actuellement menées sur les thérapies ciblées par les Hospices Civils de Lyon se concentrent principalement sur trois stratégies :

  • Bloquer la prolifération des cellules cancéreuses à partir d’anticorps artificiels (dits monoclonaux) produits en laboratoire, ou de plus petites molécules microscopique pénétrant dans les cellules tumorales. Ils agissent contre les anomalies biologiques nécessaires à la multiplication des cellules malignes.
  • Affamer la tumeur en coupant son approvisionnement en sang et donc en oxygène : le médicament bloque la formation des nouveaux vaisseaux (angiogénèse)  contribuant à l’irrigation et la croissance de la tumeur. 
  • Bloquer la réparation de l’ADN. La plupart des cellules cancéreuses prolifèrent en raison de l’accumulation d’erreurs sur les gènes de l’ADN qu’elles ne réparent pas. Le médicament précipite la mort de ces cellules en bloquant les voies alternatives de réparation de l’ADN qu’elles utilisent pour survivre.  
  • Stimuler les défenses naturelles de l’organisme contre le cancer. Le principe thérapeutique (immunothérapie) vise à rendre le système immunitaire plus apte à repérer, combattre et détruire les cellules cancéreuses.

Les thérapies ciblées et leur combinaison avec des traitements de référence font l’objet de nombreux essais cliniques au sein des Hospices Civils de Lyon, pour tous types de cancers. Les techniques et les médicaments testés évoluent au fur et à mesure que les connaissances se précisent.