Rester chez soi après une embolie ou une phlébite : c'est possible

Publié le 06-12-2017
30 à 40% des phlébites et embolies pulmonaires peuvent être soignées à domicile. C’est ce que proposent les services d’urgences et de médecine vasculaire des HCL.

Les services d’urgences et de médecine interne et vasculaire des Hospices Civils de Lyon proposent depuis peu aux patients venant consulter pour une maladie thrombo embolique veineuse (MTEV) non grave de rentrer chez eux avec un traitement ad hoc et un rendez-vous de suivi à J+3.

« On croit encore que toutes les phlébites ou les embolies pulmonaires sont des pathologies graves nécessitant une hospitalisation et une surveillance importante. En fait, 3 à 4 fois sur 10 l’hospitalisation peut être évitée puisqu’il s’agit avant tout d’administrer un traitement anticoagulant par voie orale. Il est de mieux en mieux toléré et efficace en quelques heures » explique Hélène Desmur-Clavel, médecin interniste et vasculaire à l’origine de la prise en charge.

Après validation du degré de gravité de la MTEV(score clinicobiologique), le patient rentre chez lui avec un courrier explicatif et un traitement anticoagulant et peut à tout moment contacter l’hôpital s’il constate un problème. Il est systématiquement revu à J+3 pour un "debriefing" et d’autres consultations sont envisagées à M+1, +6.

Après une phase test à l’hôpital Edouard Herriot, un des premiers hôpitaux en France à mettre en place cette prise en charge novatrice, le protocole est maintenant déployé dans tous les services d’urgences des HCL. A terme on estime qu’environ 700 patients /an seront concernés par cette manière de traiter la MTEV.

L’exemple de l’Hôpital Edouard Herriot - HCL

Sur la première année : 36 patients ont bénéficié de cette prise en charge. Ce qui représente 18% des MTEV accueillis aux urgences (cette prise en charge pourrait en fait concerner 40% des MTEV mais la population du pavillon N (très marquée par des problèmes psychiatriques et/ou sociaux) ne permet pas de mettre en oeuvre un suivi à domicile et biaise donc le recrutement).
Sur ces 36 patients :

  • 24 hommes / 12 femmes
  • Age moyen 53,3 ans (19 ans – 93 ans)
  • 16 embolies pulmonaires
  • 24 phlébites 2 n’ont pas suivi la filière en totalité

Le bilan à 1 an est globalement positif puisque qu’il n’y a eu aucune post-hospitalisation et qu’aucune hémorragie n’a été observée.

Matthieu, qui a eu une MTEV témoigne : « au début j’ai été étonné de pouvoir retourner chez moi. Mais ça m’a finalement bien arrangé car j’ai pu continuer à travailler par mail à mon domicile. Le rendez-vous après le traitement permet de mieux comprendre la maladie, le traitement et l’importance de rester vigilant »