Syndrome néphrotique

Le syndrome néphrotique est l’ensemble des symptômes rencontrés en cas de dysfonctionnement de la filtration rénale. La maladie rénale touche la membrane de filtration et laisse passer des quantités importantes et anormales de protéines dans l’urine (supérieure à 3 g par jour). Ceci entraine une diminution de l’albumine dans le sang (inférieure à 30 g/L).

Ce qui se passe :

  • Chaque rein comporte environ 1 million d’unités fonctionnelles commençant par le glomérule. La membrane de filtration de chaque glomérule assure la filtration des déchets du sang à travers des petits trous. Leur taille empêche le passage des grosses protéines comme l’albumine.
  • L’albumine n’est pas donc perdue dans les urines et reste dans la circulation sanguine.
  • En cas de dysfonctionnement de la membrane de filtration, des grosses molécules comme l’albumine, qui ne se retrouvent habituellement pas dans les urines, traversent dans les urines à travers ce filtre abimé par la maladie rénale.

Conséquences :

La fuite urinaire massive de l’albumine et d’autres protéines (immunoglobulines, facteurs anticoagulants …) conduit à une diminution importante de leur concentration dans le sang. Ceci entraine plusieurs conséquences :

  • Des œdèmes des membres inférieurs (jambes gonflées) ou parfois des œdèmes généralisés car le rein retient trop d’eau et de sel. Il s’associe une prise de poids de plusieurs kilos.
  • Un risque d’infection : la fuite urinaire des immunoglobulines (utiles à la défense contre les microbes) entraine un déficit immunitaire avec une augmentation importante du risque d’infections. Les vaccinations antigrippale et antipneumococcique sont conseillées.
  • L’insuffisance rénale chronique ou aigue, baisse de la capacité des reins à éliminer les déchets et à filtrer l’eau.
  • La dyslipidémie (augmentation de cholestérol) liée à une augmentation de la production du cholestérol par le foie. L’excès de cholestérol peut être très important et augmente le risque de maladie du cœur ou des vaisseaux. Un traitement hypolipémiant associé à un régime adapté sont conseillés.
  • Des anomalies de la coagulation: la perte urinaire de facteurs anticoagulants et la synthèse des facteurs procoagulants provoquent un état d’hypercoagulabilité qui augmente le risque de thrombose vasculaire (caillots) dans les veines ou les artères ce qui nécessite un traitement par médicaments anticoagulants avec d’autres mesures préventives comme le port de bas de contention.  Il faut également éviter l’immobilisation prolongée.
  • Une dénutrition liée à la perte des protéines qui peut entrainer une atrophie musculaire.
  • Une carence en vitamines et oligo-éléments qui nécessite une supplémentation (vitamine D, zinc, fer) et un régime adapté.
  • Il faudra contacter rapidement son médecin traitant ou un néphrologue en cas d’apparition brutale d’œdèmes ou d’une protéinurie importante sur le bilan biologique urinaire.
  • Les principales causes du syndrome néphrotique sont primitives (maladies glomérulaires idiopathiques) ou secondaires (diabète, amylose, maladies auto-immunes, infection…)
  • Pour faire le diagnostic, il faudra réaliser une ponction biopsie rénale, indispensable dans la majorité des cas. La biopsie rénale se fait par le néphrologue, sous anesthésie locale, au cours d’une brève hospitalisation de 48h.
  • L’identification de la cause de la maladie rénale est nécessaire pour la mise en place des traitements adaptés (corticoïdes ou immunosuppresseurs selon la cause) et symptomatiques (antihypertenseurs à visée antiprotéinurique, diurétiques, supplémentation vitaminique) ainsi qu’un régime adapté (sans sel, peu sucré, …).
  • En cas d’utilisation de corticoïdes et/ou immunosuppresseurs :
    • Ces traitements ont certains effets secondaires connus et qui seront bien expliquées par l’équipe médicale de néphrologie, ils sont beaucoup moins dangereux que la maladie elle-même.
    • Il ne faut jamais arrêter le traitement ni changer la dose sans avis du néphrologue. L’arrêt du traitement peut entrainer une récidive brutale de la maladie et du syndrome néphrotique.
  • Dans la grande majorité des cas et sous traitement adapté, le syndrome néphrotique  évolue vers la guérison mais un petit nombre de cas résistant au traitement peuvent évoluer vers l’insuffisance rénale chronique.
  • Le suivi et la surveillance de cette maladie se font en collaboration avec le médecin traitant et le néphrologue. La fréquence des consultations et la surveillance biologique dépendra de l’évolution de la maladie et de la réponse aux traitements. La surveillance clinique à domicile (poids, pression artérielle) est recommandée et l’auto-surveillance de la protéinurie par bandelette urinaire pourra être proposée.