Une prothèse pour fermer l'auricule gauche et prévenir les AVC

Publié le 03-11-2017
Depuis 2013, l'hôpital Louis Pradel pratique la fermeture de l'auricule gauche à l'aide d'une prothèse, afin d'éviter les accidents vasculaires cérébraux chez les patients supportant mal les anticoagulants. À l'occasion de la 100 e intervention, l'hôpital cardiologique revient sur cette technique qui a fait ses preuves.

En remplacement des anticoagulants, cette procédure peu invasive et très innovante permet d’emprisonner les caillots risquant de causer un AVC sans les effets négatifs des traitements chimiques.

La fibrillation atriale est l’arythmie du cœur la plus fréquente avec 60 000 nouveaux cas/an. Elle peut engendrer la production d’un caillot dans une partie du cœur qui forme un recoin et dans lequel le sang peut stagner : l’auricule gauche.  Ce thrombus provoque alors un AVC. En France la fibrillation atriale est responsable d’un AVC toutes les 20mn.

Le patients touchés par la fibrillation atriale sont donc traités par anticoagulants mais ce traitement a malheureusement des effets secondaires. La prise d’anticoagulant représente la 1ère cause d’hospitalisation par iatrogénie en France (La iatrogénèse est l'ensemble des conséquences néfastes sur l'état de santé individuel ou collectif de tout acte ou mesure pratiquée ou prescrit par un professionnel de santé habilité et qui vise à préserver, améliorer ou rétablir la santé. Une maladie, un état, un effet secondaire, etc.)

Une innovation pour le moment réservée aux patients supportant mal les anticoagulants

Les patients pour lesquels les anticoagulants sont trop risqués (patients complexes et/ou très âgés) peuvent bénéficier depuis 2 ans dans le service de cardiologie interventionnelle de l’hôpital Louis Pradel-HCL de la fermeture de l’auricule du cœur. L’idée étant  de bloquer le caillot ou  d’éviter sa formation.

Les risques sont minimes pour ce  geste qui se fait sous anesthésie générale et demande 3 jours d’hospitalisation.
La prothèse qui ferme l’auricule est amenée par une canule, placée dans l’aine qui chemine via la veine cave jusqu’au cœur. Là les médecins traversent les deux oreillettes pour se positionner à l’entrée de l’auricule. Le largage du dispositif est réalisé sous contrôle échographique. Il s’agit d’une procédure minutieuse d’une demi-heure à 1 heure, les bénéfices sont immédiats et sans effets secondaires. Elle est prise en charge par l’assurance maladie depuis 2016.

Une technique d’avenir

« Nous réalisons en moyenne 40 procédures par an » explique le Pr Gilles Rioufol, chef du service de cardiologie interventionnelle de l’hôpital Louis Pradel-HCL.  « Les bénéfices de la procédure commencent à être connus des gériatres, neurologues et cardiologues,  elle est même utilisée dans d’autres pays,  en 1ère intention sans même essayer les  anticoagulants. D’ici 2 ans nous seront certainement à plus de 200 actes par an. » se réjouit-il.