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Coeur brisé : une pathologie de plus en plus diagnostiquée

Publié le 14-02-2018
A la veille de la Saint Valentin, sachez qu’un chagrin d’amour peut provoquer les symptômes d’une crise cardiaque. On en meurt rarement mais l’hospitalisation en soins intensifs est préconisée….

Cela peut être conséquent à un évènement physique ou émotionnel intense : un deuil ou une grande joie, une colère, un divorce, un licenciement…

« Sous l’influence d’un stress important, de grandes quantités d’hormones (dont l’adrénaline…) sont libérées dans le sang et sidèrent le cœur ». explique Eric BONNEFOY CUDRAZ, chef du service d’urgences cardiologiques et de soins intensifs de cardiologie de l’hôpital Louis Pradel des HCL. « On constate alors les symptômes d’un infarctus mais sans que le muscle cardiaque subisse de dommages. Le cœur se rétablit assez rapidement, contrairement à un infarctus, où la convalescence dure plusieurs mois ».

« De retrouver ma fille rentrée d’Australie pour une fête de famille, m’a beaucoup surprise. J’ai alors ressenti une douleur dans la poitrine et je me suis isolée. Je n’ai pas voulu alerter mes enfants mais en fin de journée j’étais vraiment trop mal et on a contacté le Samu. J’ai dû me rendre très rapidement aux urgences cardiologiques. Là ils ont pensé à un petit infarctus puis avec la radio du cœur, ils m’ont expliqué que c’était un Tako-Tsubo. Je suis quand même restée 4 jours en soins intensifs… » témoigne Michèle, 66 ans 

Le syndrome appelé aussi cardiomyopathie de Tako-Tsubo

Il n’a été décrit pour la première fois que dans les années 90 par des cardiologues japonais qui l’on nommé Tako-Tsubo, du nom d’un pot en céramique utilisé par les pêcheurs japonais pour piéger les poulpes. Lors de la contraction, le cœur prend la forme de ce piège. Le ventricule gauche s’immobilise et gonfle comme un ballon entrainant les symptômes d’un infarctus : sensation d’oppression, douleur dans la poitrine, difficultés respiratoires et palpitations.

Une étude sur 1750 patients réalisée de 1998 à 2014 a montré :

- Que cette pathologie avait une origine émotionnelle dans 30% des cas (les autres cas étant un stress physique)
- Que cela touchait principalement les femmes (90%) ménopausées avec un âge moyen de 66 ans.
- Le tako-tsubo toucherait 2,2% de la population
 

Un phénomène normalement temporaire

On guérit complètement après quelques jours ou quelques semaines, sans lésions permanentes. La probabilité de souffrir une nouvelle fois du Tako-Tsubo est assez faible, même si elle ne peut pas être exclue. Des complications surviennent cependant dans 20% des cas : chute brutale de la pression artérielle suivie d’un choc cardiogénique (qui peut mettre la vie en danger), eau dans les poumons (œdème pulmonaire), embolie, arythmie cardiaque...
 

« Le patient doit suivre le même parcours que pour un infarctus : le 15, les urgences cardiaques et l’observation en soins intensifs pendant les premiers jours » prévient Eric Bonnefoy Cudraz.

Cette pathologie est de plus en plus diagnostiquée dans les hôpitaux en raison des progrès :
- de l’imagerie qui permet de voir la déformation du ventricule
- des analyses sanguines qui révèlent un taux important de troponine témoignant de la souffrance du cœur.
On estime qu'environ 1% des patients hospitalisés pour un syndrome du cœur brisé en décèdent.
 

Un traitement symptomatique

Des médicaments, comme les bêta-bloquants et/ou les inhibiteurs ACE, permettent de soutenir la restauration de la fonction cardiaque. Un anticoagulant peut être prescrit temporairement. Etant donné que la cardiomyopathie de Tako-Tsubo est souvent provoquée par le stress, il est important d’éviter les situations de tension et d'apprendre à les gérer.