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Immunothérapie des cancers du poumon

L’immunothérapie est une nouvelle forme de chimiothérapie utilisée dans de nombreux cancers, dont le cancer du poumon. Il s’agit d’une chimiothérapie puisque c’est un traitement délivré par voie intra-veineuse (perfusion) et efficace dans l’ensemble de l’organisme (c’est ce que l’on appelle un traitement systémique, c’est-à-dire qu’il agit dans l’ensemble de l’organisme).

Le mécanisme d’action de l’immunothérapie est toutefois très différent de celui des chimiothérapies "classiques". En effet, ces médicaments (ce sont des anticorps) ont pour effet de venir stimuler le système de défense naturelle du patient (système immunitaire) pour lui apprendre à détruire lui-même le cancer et ses éventuelles métastases.

L’immunothérapie est une arme thérapeutique actuellement en plein essor dans le cancer du poumon. Par conséquent, ses indications et ses modalités sont susceptibles de se développer rapidement.

Actuellement, l’immunothérapie est indiquée en seconde ou troisième intention dans certains cancers du poumon. Elle devrait rapidement trouver sa place dès le début de la prise en charge. Dans tous les cas, l’immunothérapie ne concerne pour le moment que les cancers du poumon avec métastases.

Les facteurs permettant de prédire l’efficacité de l’immunothérapie chez une personne sont en cours de développement. Actuellement, le seul facteur reconnu est la présence de certains marqueurs sur la surface des cellules du cancer. Ce marqueur n’est toutefois pas très performant et ne constitue actuellement qu’un argument parmi d’autres pour décider de débuter une immunothérapie. Dans tous les cas, cette décision est prise par le médecin référent du patient au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire.

L’immunothérapie est délivrée en perfusion, c’est-à-dire par les veines. Ce sont habituellement des perfusions de durée courte (une à trois heures) qui peuvent se faire en hôpital de jour. Ces traitements ne peuvent pas être administrés à domicile.

Comme tous les médicaments anticancéreux, l’immunothérapie est un produit avec de nombreux effets secondaires. Certains effets secondaires sont communs à toutes les chimiothérapies, comme les nausées (qui est faible dans le cas de l’immunothérapie), les troubles du transit (diarrhées), ou la fatigue. L’immunothérapie peut également provoquer des maladies auto-immunes. Ces maladies sont provoquées par une sur-activation du système immunitaire (défense naturelle du patient) qui peut alors, dans certains cas, devenir toxique pour certains organes. Les organes principalement touchés sont la thyroïde (et les glandes en général comme l’hypophyse ou les surrénales), le poumon, ou les articulations.

La principale contre-indication (qui est bien souvent relative) est donc l’existence d’un antécédent de maladie auto-immune chez le patient.

La plupart du temps, ces effets peuvent être détectés rapidement et traités par des anti-inflammatoires. Leur gestion nécessite toutefois une bonne connaissance et une bonne organisation.

La gestion des toxicités par ImmuCare

Les Hospices Civils de Lyon ont créé ImmuCare, un dispositif de gestion des toxicités des immunothérapies anti-cancéreuses. Il s’agit d’un réseau coordonné de prise en charge et d’étude des effets indésirables de l’immunothérapie. Le service de pneumologie aiguë spécialisée et cancérologie thoracique de l'hôpital Lyon Sud est le référent des toxicités pulmonaires des immunothérapies dans le cadre de ce réseau.

Comme pour toutes les autres chimiothérapies, l’efficacité de l’immunothérapie est évaluée régulièrement par l’examen clinique du patient (en consultation et lors de chaque visite en hôpital de jour) et par le scanner (habituellement réalisé toutes les 3 ou 4 perfusions soit toutes les 8 à 12 semaines selon les cas). Par ailleurs, une prise de sang est régulièrement réalisée pour vérifier l’absence d’effets secondaires. Il est indispensable que le patient signale systématiquement tout symptôme inhabituel, même mineur, lors des consultations.