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RHU BETPSY : encéphalites et syndromes neurologiques paranéoplasiques provoqués par des réactions auto-immunes

Les encéphalites auto-immunes (EA) et les syndromes neurologiques paranéoplasiques (SNP) sont des maladies auto-immunes neurologiques rares possédant un large spectre de présentations cliniques mais sans aucun signe clinique ou examen radiologique permettant de faire le diagnostic avec certitude. Bien que rares, le diagnostic de ces maladies reste primordial car malgré des symptômes neurologiques sévères, les patients peuvent être soignés par une immunothérapie appropriée. Les autoanticorps spécifiques des EA ou des SNP ont été décrits dans le sérum et le liquide céphalorachidien des patients et peuvent être utilisés comme des biomarqueurs de ces maladies. Leur présence permet d’affirmer le diagnostic, de prédire une origine immunologique et pour beaucoup de patients, de conduire à la guérison.

Si certains autoanticorps sont à présent bien caractérisés, et possèdent leur propre kit de détection commercial, il reste encore de nombreux cas pour lesquels une EA ou un SNP est suspecté mais pour qui, aucun autoanticorps spécifique n’est identifié, ce qui conduit fréquemment à un traitement inapproprié. De plus, il n’existe à ce jour, aucun biomarqueur à visée pronostique capable de prédire la sensibilité d’un patient à une immunothérapie et très peu de données ont été décrites concernant le rôle que pourrait jouer le système immunitaire dans l’apparition des symptômes neuropsychiatriques observés chez ces patients.

Le projet BETPSY coordonnée par le Pr Jérôme Honnorat, a reçu un financement « programme d'Investissement d'avenir (PIA)" de 7.3 millions d’euros et est basé sur la collaboration de 5 équipes de recherche académique (UCBL, HCL, ICM, CLB and INSERM), avec un partenaire industriel (Euroimmun), spécialisé dans le développement de kits de détection d’autoanticorps.

Depuis 2007, grâce au centre de référence des SNP et EA, nous avons développé un réseau national qui permet l’obtention d’une collection exceptionnelle d’échantillons biologiques et de données cliniques de patients atteints de ces maladies rares. Nos cohortes sont une opportunité unique d’identifier de nouveaux autoanticorps comme biomarqueurs mais également, d’identifier les spécificités génétiques, haplotypiques HLA et tumorales influençant l’évolution du patient et conduisant à une réponse immunitaire. Notre collection biologique apporte également la possibilité d’augmenter la sensibilité ainsi que la spécificité des tests déjà commercialisés permettant ainsi d’améliorer leur utilisation.

D’un point de vue clinique, nous désirons améliorer la prise en charge des patients ainsi que la stratégie de traitement grâce à l’identification de nouveaux biomarqueurs de diagnostic et de pronostic. Nous espérons également un impact économique via l’augmentation du nombre de kits commercialisés par Euroimmun permettant la détection d’un panel plus large d’autoanticorps. Il est probable qu’à l’issue de ce projet, certains syndromes soient plus fréquents qu’initialement suspectés.

En conclusion, les approches multidisciplinaires proposées par le projet BETPSY allant de l’identification des autoanticorps à la caractérisation de la réponse immunitaire anti-tumorale, passant par les caractéristiques génétiques des patients, devraient nous permettre de progresser de manière importante dans la compréhension des mécanismes conduisant à une réponse immunitaire inappropriée pour ces maladies. Ce projet pourrait ainsi améliorer la caractérisation des EA et SNP et permettre une meilleure prise en charge des patients atteints de ces maladies.