Choc toxique : Enquête sur l'usage des tampons périodiques

Publié le 04-07-2017
Si les cas de chocs toxiques ont augmenté, les premiers résultats d’une étude menée par le Centre National de Référence des Staphylocoques montrent que les tampons utilisés pendant les règles ne les favorisent pas.

Suite aux articles parus sur le choc toxique, le Centre national de référence du staphylocoque des Hospices Civils de Lyon souhaite faire une mise au point :
Les coupes menstruelles souvent considérés comme sans risque vis à vis du choc toxique menstruel doivent être portées avec les mêmes précautions qu’un tampon.
La lecture du graphique était délicate et a pu induire en erreur. Les résultats avec les tampons et les coupes menstruelles présentées dans le graphique correspondent à des expériences  effectuées en laboratoire :
- Rapport croissance bactérienne et production de toxine dans un milieu de culture en présence de la protection périodique
- Croissance bactérienne et production de toxine dans le même milieu de culture sans protection périodique exprimé en pourcentage.
Les pourcentages attribués aux coupes et tampons bio ne sont pas représentatifs d’un danger à les porter. Pour donner une échelle le tampon Rely, retiré dans les années 80 aurait eu, dans le graphique, des scores de plus 1000%.
Les résultats obtenus nous permettent de dire qu’il est préférable de ne pas les utiliser les coupes pendant la nuit et pendant plus de 6 h au même titre que les tampons.

Grâce à la collecte lancée en octobre dernier, le Centre national de référence des staphylocoques des HCL a pu analyser 700 tampons usagés. Objectif, déterminer dans quelle mesure leur utilisation induit un risque de choc toxique lié aux règles.

Des résultats rassurants : aucune protection testée ne favorise la croissance et la production de la toxine

Les marques de tampons testées ont été sélectionnées grâce à l’enquête menée en même temps que la campagne de collecte : les chercheurs ont choisi de tester les marques les plus utilisées ainsi que des tampons ayant des compositions différentes. Ils ont essayé de reproduire les conditions de culture se rapprochant le plus de celles du vagin avec peu d’oxygène…

Contrairement au tampon Rely® retiré du marché dans les années 80 aucun dispositif vaginal ne stimule la production de la toxine TSSTT-1 qui déclenche le choc toxique. Certains tampons ont même un effet protecteur. Cet effet est principalement lié à leur structure et de façon plus faible à leur composition : la densité de fibres semble jouer un rôle majeur. L’équipe n’a pas observé de relargage par les tampons de produit ayant un impact sur le staphylocoque.

 

Les coupes menstruelles, en ayant un diamètre plus important que les tampons, elles permettent une arrivée d’air et donc d’oxygène plus importante et favorisent plus la croissance du staphylocoque et la production de la toxine. Les règles d’utilisation des coupes menstruelles doivent s’inspirer de celles des tampons. Ne pas les porter la nuit pendant son sommeil et le jour plus de 6 heures.

Une estimation difficile du nombre de cas…

En France, la surveillance des chocs toxiques liés aux règles  repose sur les données recueillies par le Centre national de référence des staphylocoques. Tous les cas recensés au CNR sont le fait de déclarations spontanées des cliniciens ou des microbiologistes. Ainsi, depuis que le CNR des staphylocoques recense ces cas, une augmentation continue des déclarations spontanées a été enregistrée  entre les années 2000 et 2010 suivis d’une moyenne de 20 cas recensés chaque année après. L’augmentation peut s’expliquer par la notoriété grandissante du centre ainsi que par un meilleur diagnostic de la pathologie. Le CNR et Santé Publique France travaillent actuellement conjointement sur l’analyse des données du  PMSI (Données hospitalières codant toutes les pathologies), qui, croisées avec les cas recensés au CNR, permettront d’évaluer correctement l’incidence des cas en France, tout au moins pour ce qui est des cas admis que ce soit aux urgences et/ou hospitalisés.

Une grande enquête pour le bon usage des protections périodiques

D’après les 1ers résultats rassurants sur la qualité des dispositifs vaginaux et le recoupement de différents témoignages, le choc toxique semble résulter d’un défaut d’information des utilisatrices. C’est pourquoi le centre de référence du Staphylocoque a besoin de données sur l’utilisation des tampons ainsi que sur l’éducation données aux femmes sur le sujet afin d’identifier comment améliorer les pratiques. Il lance une grande enquête nationale pour trouver les réponses.

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