Chimiothérapie des cancers du poumon

La cellule cancéreuse est une cellule anormale dont la croissance et la mort ne sont plus contrôlées. La chimiothérapie est un traitement anti-cancéreux qui vise à les détruire.
Ces produits agissent le plus souvent sur l’ADN des cellules cancéreuses : ils créent des lésions qui bloquent la division (et donc la multiplication) des cellules cancéreuses et qui induisent leur mort (on appelle cela l’apoptose). Il existe plusieurs familles de chimiothérapie qui sont classées selon leur mode d’action.
Une fiche spécifique a été créée pour l’immunothérapie et les thérapies ciblées qui ne seront donc pas traitées ici.

Pour les patients ayant un cancer du poumon, la chimiothérapie peut être proposée dans plusieurs circonstances :

  • Avant une chirurgie pour diminuer le volume de la tumeur et faciliter le geste opératoire
  • Après une intervention chirurgicale pour limiter le risque de rechute
  • En association avec la radiothérapie pour les tumeurs restant localisées au thorax mais inopérables (en raison de la fragilité du patient ou de la taille de la tumeur)
  • Seule, chez les patients ayant un cancer du poumon avec des métastases

Le choix du type de chimiothérapie administrée dépend de beaucoup de chose : du type de cancer, de l’indication de la chimiothérapie, ou encore du patient (âge, pathologie associée). Ce choix est fait par le médecin référent, au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (regroupant plusieurs spécialistes du cancer). Il est également guidé par des documents de références et notamment le référentiel régional Auvergne Rhône Alpes dont l’édition est coordonnée depuis plusieurs années par les médecins des hospices civils de Lyon.

Dans la très grande majorité des cas, la chimiothérapie s’administre par perfusion (voie intra-veineuse). Ces perfusions sont habituellement réalisée en hôpital de jour (le patient vient pour la journée ou la demi-journée à l’hôpital), voire lors d’une hospitalisation courte lorsque le traitement est long. La décision d’utiliser un cathéter périphérique (posé et retiré le même jour) ou un cathéter central à demeure est prise entre le médecin, l’équipe infirmière et le patient. Les cathéters à demeure peuvent être soit une chambre implantable (PAC ; boitier implanté sous la peau), soit un piccline (tuyau relié à une veine du bras ; restant en place plusieurs semaines). Le choix de ces techniques dépend du produit administré mais aussi de la qualité des veines du patient.
Certaines molécules peuvent être prises à domicile sous forme de comprimés.

Ils sont nombreux et variables en fonction du produit de chimiothérapie utilisé. En fait ces molécules sont toxiques pour les cellules cancéreuses mais également pour les autres cellules de l’organisme ce qui explique ces effets secondaires. De nouvelles thérapeutiques ciblant davantage les cellules cancéreuses et limitant donc les effets secondaires ont été développés (Lire la fiche "Thérapies ciblées du cancer du poumon").

Bien qu’il soit difficile de toutes les citer, on peut retenir les effets indésirables les plus fréquents :

  • Baisse des globules rouges (provoquant l’anémie), des globules blancs (augmentation du risque de gravité des infections) et des plaquettes
  • Trouble digestif avec perte d’appétit, nausées et parfois vomissements. Un traitement préventif est systématiquement prescrit limitant considérablement leur survenue
  • Perte des cheveux (alopécie) pour certaines chimiothérapies uniquement
  • Toxicité sur le rein, le foie et certains nerfs

Lors de la première prescription d’une chimiothérapie, les principaux effets secondaires sont expliqués au patient de même que les conseils de surveillance.

Sous chimiothérapie, il est habituellement nécessaire de surveiller la prise de sang une fois par semaine. Ce rythme est variable en fonction des antécédents du patient et du type de chimiothérapie utilisée.
De même, la survenue d’une fièvre chez un patient traité par chimiothérapie (plus de 38°5C une seule fois ; ou bien plus de 38°C deux fois à deux heures d’intervalle) peut être le signe d’une complication potentiellement grave. En cas de fièvre, les patients doivent penser à contacter rapidement leur médecin référent ou à consulter en urgence (y compris la nuit).