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Infection ostéoarticulaire

Une infection ostéo-articulaire est une infection à bactéries, beaucoup plus rarement à champignons qui développe au dépend d’un os et/ou d’une articulation, en présence ou non de matériel étranger (prothèse de hanche, de genou, d’épaule, mais aussi plaque, clou, vis…). Environ 30 000 patients sont pris en charge chaque année en France pour une infection ostéo-articulaire. Parmi eux, 5000 présentent une infection sur matériel, dont 3000 sur des prothèses (environ 1,5% des prothèses de hanche ou de genou implantées).

Les symptômes d’une infection ostéo-articulaire sont très variables. Ils dépendent en grande partie de la localisation et du type de bactérie en cause. Il peut s’agir d’infection évoluant depuis quelques jours à semaines (on parle alors d’infection aiguë) ou depuis plusieurs semaines, mois ou parfois années (on parle alors d’infection chronique). En cas d’infection aiguë les signes cliniques peuvent être de la fièvre, des douleurs, une inflammation locale ou un écoulement, alors qu’en cas d’infection chronique, ce peut être simplement une prothèse qui devient douloureuse ou alors la survenue d’un écoulement caractéristique par la cicatrice dénommé « fistule ».

Une infection ostéoarticulaire est suspectée en cas de douleurs ou d’écoulement en regard d’un os ou d’une articulation. Certains examens peuvent nous aider à préciser ce diagnostic (radiographie, scanner, IRM, scintigraphies). Le diagnostic est certains lorsque la mise en culture de prélèvements osseux ou articulaires retrouve des micro-organismes.

Une infection ostéoarticulaire peut être considérée comme complexe. Il s’agit de patients en échec d’une première prise en charge médico-chirurgicale, ou un patient présentant une infection nécessitant un programme chirurgical particulier (nécessité de retirer les tissus abimés notamment de l’os, nécessité de reconstruction osseuse et/ou techniques particulières pour refermer la plaie appelé lambeaux), ou un patient nécessitant un traitement antibiotique rendu difficile par la présence de bactéries particulières ou d’allergie aux antibiotiques, ou un patient présentant une défaillance d’organes (insuffisance rénale, hépatique…) ou décompensation de maladies chroniques préexistantes (insuffisance cardiaque, diabète, immunodépression…) pouvant modifier la prise en charge.

Les infections ostéoarticulaires peuvent mettre en jeu le pronostic fonctionnel, beaucoup plus rarement le pronostic vital. Leur prise en charge est enjeu majeur de santé publique, fait partie des mesures inscrites dans les orientations nationales de lutte contre les infections associées aux soins et constitue également une préoccupation forte exprimée par des associations des malades et des usagers du système de santé. Dans ce cadre, le ministre en charge de la santé s’est engagé à labelliser dès 2008 des centres de référence et, depuis 2011, des centres correspondants. Le CRIOAc Lyon est un centre labellisé depuis 2008. Il est composé d’équipes pluridisciplinaires expérimentées comportant des chirurgiens, des infectiologues, des microbiologistes, mais aussi des anesthésistes, pharmaciens, médecins rééducateurs, kinésithérapeutes, et psychologues dédiées à la prise en charge des infections ostéoarticulaires. Cette prise en charge pluridisciplinaire est essentielle pour définir la prise en charge la plus adaptée possible, notamment pour les cas les plus complexes.

Les infections ostéoarticulaires nécessitent toujours de prendre des antibiotiques pendant plusieurs semaines, le plus souvent après une chirurgie. L’acte chirurgical permet de diminuer la quantité de bactérie au site de l’infection, permet d’identifier les bactéries en cause, et permet parfois d’enlever ou de changer le matériel infecté. Dans les cas les plus complexes, plusieurs chirurgies sont souvent nécessaires, avec un risque non négligeable de complication (surinfection à d’autres bactéries, fractures, complications mécaniques). Au CRIOAc Lyon, nous souhaitons promouvoir les innovations thérapeutiques dans le domaine des infections ostéoarticulaires comme les substituts osseux aux antibiotiques (pour l’ostéomyélite) ou le recours à la phagothérapie (pour les infections de prothèse).