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Adénome à Prolactine ou Prolactinome ou syndrome Aménorrhée - galactorrhée

La prolactine est une hormone sécrétée par les cellules lactotropes du lobe antérieur de l’hypophyse (glande endocrine située à la base du crâne et reliée  à l’hypothalamus, qui « contrôle » sa sécrétion », par la tige pituitaire). Communément appelée « hormone de lactation », la prolactine agit sur la glande mammaire pour préparer et stimuler la lactation. Elle agit également indirectement sur la production d’hormones gonadotropes LH et FSH

Une hyperprolactinémie (sécrétion excessive de prolactine) peut s’observer dans de nombreuses circonstances, notamment lors de la grossesse, de la prise de médicaments ou encore lors de la présence d’un adénome à prolactine.

L’adénome à prolactine, appelé « prolactinome » est la tumeur hypophysaire secrétant la plus fréquente et représenterait jusqu’à 40% de l’ensemble des adénomes hypophysaires. Environ 10 à 50 personnes sur 100 000 présentent ce type d’adénome avec des signes cliniques. Ils sont plus fréquents chez la femme, principalement entre 25 – 34 ans. On dénombre peu de cas chez les enfants et les adolescents.

On peut diagnostiquer un adénome à prolactine du fait de:

  • Symptômes dus à la taille de l’adénome: céphalées généralement à prédominance frontale et/ou troubles de la vue.
  • Symptômes dus à la synthèse excessive de prolactine : troubles des règles, galactorrhée (écoulement de lait), troubles sexuels, gynécomastie (augmentation de la taille de la glande mammaire) chez l’homme, infertilité…

On peut être amené à porter le diagnostic d’adénome hypophysaire :

- Devant des signes endocriniens d’hypersécrétion hypophysaire

- Devant des complications :

  • Signes tumoraux, liés à l’envahissement ou à la compression des structures avoisinantes
  • Plus rarement, une insuffisance hypophysaire, par destruction des cellules saines par la tumeur ou compression/envahissement de la tige pituitaire.

- Ou fortuitement, sur un scanner ou une IRM demandés pour une autre raison : « incidentalomes hypophysaires »

En présence d’un adénome à prolactine, le traitement médical est le traitement de premier choix dans la majorité des cas. Il repose sur des médicaments agonistes dopaminergiques qui permettent la plupart du temps une normalisation du taux de prolactine, en un laps de temps variable, et une diminution de la taille de l’adénome. Chez la femme, le but est d’obtenir avant tout une normalisation des cycles menstruels et la disparition d’une éventuelle galactorrhée.

Chez l’homme, la normalisation de la prolactinémie s’accompagnera d’une correction des concentrations de testostérone et donc d’une amélioration d’éventuels troubles de la fonction sexuelle comme les troubles de la libido.

Dans certaines situations, d’autres options thérapeutiques peuvent être proposées en 1re intention. Ainsi, un traitement chirurgical peut être proposé, s’il existe:

  • Un adénome mixte : adénome sécrétant plusieurs hormones (prolactine + GH, ACTH…).
  • Une situation particulière: refus ou difficulté pour le patient de suivre un traitement au long cours, désir de grossesse avec adénome volumineux…
  • Une intolérance persistante et gênante aux différents traitements médicamenteux