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Coloscopie sous hypnose : on embarque ?

Publié le 13-02-2020
Pour certains patients, l’anesthésie générale est plus redoutée que l’intervention elle-même. À l’hôpital Lyon Sud, une hypnose médicale est proposée en cas d’endoscopie digestive. Une technique innovante testée par Fabrice. Récit d’un étonnant voyage.

À  l’occasion des vacances d’hiver, Fabrice a décidé de partir quelques jours à la montagne. Depuis son arrivée il n’est pas très bien, il a mal au ventre et se sent nauséeux. Il essaye quand même de profiter au maximum du grand air. Jusqu’au matin où il se tord de douleur, cloué au lit par d’horribles crampes abdominales. Heureusement, c’est le dernier jour de son séjour.

De retour à la maison, Fabrice consulte son gastro-entérologue de ville. Ce dernier prescrit une coloscopie afin de déceler d’éventuelles anomalies dans la paroi interne du gros intestin.

Fabrice prend alors rendez-vous à l’hôpital Lyon Sud, au sein du service d'hépatogastroentérologie.
Le gastro-entérologue lui explique le déroulement de ce geste endoscopique digestif. Plus que l’examen, c’est surtout l’anesthésie générale que redoute Fabrice. Pour le médecin, rien d’inhabituel : de nombreux patients partagent cette appréhension. Dans ce cas, une alternative est proposée : réaliser l’examen sous hypnose médicale. Fabrice s’interroge, désemparé. «  L’hypnose à l’hôpital ? »

L'hypnose à l'hôpital

C’est un état modifié de conscience, situé entre la veille et le sommeil. Le patient n’est pas endormi. Il conserve toutes ses facultés et peut intervenir à tout moment.

« Il s’agit de focaliser son attention pour lui permettre de s’évader dans un monde positif, pour obtenir un confort et un état de bien-être suffisant pour réaliser le geste », raconte le Pr Nancey, chef du service. Cela peut-être un souvenir agréable, une activité quotidienne, ou bien son sport favori…

Après ces explications, Fabrice est partant pour tenter l’expérience. Une semaine plus tard, Victor, infirmier anesthésiste, le contacte par téléphone. Il souhaite mieux le connaître. Qu’est-ce qu’il aime ? Quelles sont ses passions ? A quel endroit rêverait-il de retourner ? Ces questions ont un seul but : définir le sujet qui sera abordé lors de l’intervention. Fabrice aimerait revivre son dernier voyage en Thaïlande.
Il se rend ensuite à l’hôpital pour une consultation avec Nathalie, médecin anesthésiste. Même s’il a choisi l’hypnose, la consultation d’anesthésie est nécessaire pour prévoir un protocole au cas où il change d’avis et opte finalement pour l’anesthésie générale. Quelques jours avant l’intervention, Victor rappellera Fabrice pour s’assurer de sa volonté de choisir l’hypnose.

Coloscopie : jour J

Deux semaines après c’est le jour J. Fabrice va passer sa coloscopie. À son arrivée à l’hôpital, il est accueilli par Victor. Après quelques vérifications, l’infirmier l’accompagne au bloc. L’intervention démarre. Fabrice s’envole vers la Thaïlande. Le voilà à bord d’un tuk-tuk qui le conduit vers une plage de sable blanc. Maintenant, il savoure les eaux turquoises d’une mer chaude et clémente. Il entend le bruit des vagues qui viennent s’échouer sur le rivage.

Victor s’appuie sur des suggestions visuelles et même auditives. Ces dernières sont produites à partir des sons du bloc opératoire et permettent à Fabrice de revivre en toute détente ses souvenirs de vacances. Pendant ce temps, l’intervention se déroule sans problème et dure une vingtaine de minutes. Fabrice est paisible, toute anxiété a disparu.

« J’y étais vraiment, c’était bien ! J’ai même entendu la mer ! Et je n’ai rien senti. Je ne pensais pas que l’hypnose pouvait si bien fonctionner, c’est impressionnant ! », raconte-t-il à la fin de l’intervention.

Sans anesthésie générale, Fabrice peut rentrer chez lui dès la fin de l’examen. Et la vie reprend son cours normal, après une matinée exotique.

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