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Diabète insipide d’origine centrale (DIC)

Quand l’hypothalamus et l’hypophyse fonctionnent normalement, ils gèrent l’équilibre de l’eau dans le corps. Ils le font en fabriquant et en envoyant un « messager » dans l’organisme pour informer les organes quand il faut retenir ou éliminer l’eau. Ce « messager » est une hormone appelée la Vasopressine (encore appelée Hormone anti-diurétique ou ADH).
Sans Vasopressine, l’organisme ne peut retenir l’eau même si l’on boit une grande quantité d’eau. L’incapacité du cerveau à produire de la Vasopressine conduit à un état appelé Diabète Insipide ou Diabète « à l’eau » (appelé encore D.I. Central ou DIC).
Le Diabète Insipide n’est pas la même chose que le diabète sucré qui est beaucoup plus fréquent. Il existe également un autre Diabète Insipide le D.I. nephrogénique lié à une inefficacité de l’hormone ADH au niveau du rein.

Cliniquement, la maladie se manifeste de manière brutale ou rapidement progressive, par une polyurie (augmentation du volume des urines) importante et permanente. Le volume des urines est augmenté et peut atteindre 8 à 10 litres par jour, et même parfois 15 à 20 litres. Ces urines sont pâles comme de l'eau, peu concentrées, et ne contiennent aucun élément pathologique: ni sucre, ni albumine. Accompagnant cette polyurie, il existe une polydipsie, c'est à dire que le malade a toujours soif, de manière impérieuse, permanente et insatiable. Il boit sans cesse, beaucoup, le jour, la nuit, et n'arrive jamais à étancher sa soif.

Le diabète insipide central doit être distingué des autres causes de polyurie en particulier de la polydipsie psychogène (Causes fréquentes de polyurie) et du diabète insipide néphrogénique. Les tests diagnostiques pour le diabète insipide central (et le diabète insipide néphrogénique) reposent sur le fait que, chez le sujet normal, l'augmentation de l'osmolarité plasmatique doit s'accompagner d'une diminution de la diurèse et d'une augmentation de l'osmolarité urinaire.

  • Le test de restriction hydrique permet de déterminer s'il existe encore des possibilités de sécrétion de l'hormone ADH. L'épreuve est pratiquée en milieu hospitalier, pour compenser rapidement une éventuelle déshydratation. Le malade urine, puis on le pèse et il s'allonge dans un lit. Toutes les 15 minutes, on le pèse, on lui prend la tension, et toutes les 30 minutes on recueille les urines dans des bocaux numérotés. L'épreuve cesse quand le malade présente des signes de désagrément: angoisse, sécheresse des muqueuses, accélération du pouls, baisse de la pression artérielle et du poids.
    L'association de la déshydratation et de l'impossibilité par le rein de concentrer les urines malgré la suppression de boissons, permet le diagnostic.
     
  • Le test à la vasopressine permet de reconnaître la carence en ADH. D'autres tests peuvent être pratiqués, les plus utilisés sont les épreuves thérapeutiques qui utilisent la propriété antidiurétique de certains médicaments.
     
  • Le dosage de l'hormone antidiurétique montre sa diminution.

Pour connaître l’origine du Diabète Insipide, il faut faire beaucoup d’autres examens : échographies, radiographies osseuses, une IRM cérébrale (Imagerie par Résonance Magnétique). D’autres déficits hormonaux hypophysaires sont également recherchés

 

Le Diabète Insipide se traite en administrant une forme synthétique de la Vasopressine connue sous le nom de MINIRIN (dDAVP). Le Minirin agit comme l’hormone naturelle mais l’effet dure plus longtemps dans l’organisme. Il peut être administré en comprimé, par voie nasale (Rhinyle), en injection ou par un patch à faire fondre sous la langue.