Cancers de la bouche, de la langue, des gencives, du palais et des amygdales

Résumé
Il existe environ 11300 nouveaux cas par an de cancers "lèvres-bouche-pharynx".

Qu’est-ce que le cancer de la cavité buccale et de l’oropharynx ?

La cavité buccale, communément appelée la bouche, comprend les lèvres, la partie de la langue qui est visible (langue mobile), le plancher de la bouche (ou plancher buccal) situé entre la langue et les gencives, qui forment avec les dents les arcades dentaires (une supérieure et une inférieure), le palais et la face interne des joues.

L’oropharynx comprend les amygdales (amygdales palatines), la paroi pharyngée postérieure (située tout au fond de la gorge), la base de la langue avec les amygdales linguales (partie de la langue difficile à voir, tout au fond de la gorge) et le voile du palais avec la luette.

Ces deux régions jouent un rôle important dans l’élocution et la déglutition.

Le cancer correspond à la multiplication de cellules anormales dans ces régions, jusqu’à formation d’une tumeur qui devient visible et palpable. Au début, il est limité à une des régions de la bouche ou de l’oropharynx, mais en se développant, les cellules cancéreuses peuvent aller dans les ganglions du cou (métastases ganglionnaires), et à des stades plus avancés, les cellules peuvent aller dans d’autres organes à distances de la tumeur initiale (poumon, foie, os). Ce sont des métastases à distances.

Il existe environ 11300 nouveaux cas par an de cancers "lèvres-bouche-pharynx".

Facteurs de risque

Le principal facteur de risque (ou cause) des cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx sont, en France, la consommation de tabac et d’alcool.

Au niveau des amygdales (palatines et linguale), les virus HPV (human papillomavirus) sont une cause de plus en plus fréquente de cancers chez des patients qui peuvent être non-fumeurs et non-buveurs.

Il n’y a parfois aucune cause retrouvée ou connue.

Symptomes, premiers signes

La douleur est la principale plainte amenant à consulter, elle peut être locale ou irradiée, en particulier vers l’oreille (otalgie réflexe), spontanée ou lors de la déglutition.

Les autres signes peuvent être une masse dans le cou, une sensation de corps étranger, des crachats sanglants, une difficulté à ouvrir la bouche, une difficulté à manger, à faire bouger la langue.

Cancers de la bouche, de la langue, des gencives, du palais et des amygdales

Cancers de la bouche, de la langue, des gencives, du palais et des amygdales

Diagnostic et bilan

Le plus souvent, la tumeur est visible lors d’un simple examen clinique qui est réalisé en consultation. Il consiste en un examen minutieux de la cavité buccale et de l’oropharynx : une nasofibroscopie (petit fibroscope souple qui l’on passe par une narine) permettant d’explorer les fosses nasales et le pharyngo-larynx (la gorge).  Une palpation des ganglions du cou fini l’examen local et une biopsie peut être réalisée en consultation si la tumeur est accessible.

Une endoscopie complète des voies aérodigestives supérieures (pharynx, larynx, œsophage et bronches) avec biopsie est réalisée au bloc opératoire sous anesthésie générale.

Un scanner du cou et des poumons (cervico-thoracique), avec injection d’iode est systématiquement demandé. Il permet d’apprécier l’extension de la tumeur, l’atteinte ganglionnaire ou de rechercher des métastases à distance ou un cancer du poumon associé.

D’autres examens peuvent être demandés si le chirurgien les juge nécessaires : IRM, PET scanner (ou TEP), fibroscopie gastrique ou pulmonaire.

Traitements

Le traitement des cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx est complexe, parfois lourd avec des conséquences et des séquelles qui peuvent êtres importantes. C’est pour cela qu’il est toujours décidé en réunion de concertation pluridisciplinaire qui réunit au minimum, un chirurgien ORL, un radiothérapeute, un oncologue (chimiothérapeute) et le plus souvent un radiologue.

Trois traitements peuvent être utilisés : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Parfois un seul traitement est suffisant. Parfois les 3 sont utilisés successivement ou en même temps. Cela va dépendre de la localisation de la tumeur, de sa taille et de son extension aux structures avoisinantes ou à distance, et de l’état général du patient.

  • La chirurgie consiste en l’ablation de la tumeur et des ganglions du cou (curage ganglionnaire). L’ablation de la tumeur peut se faire soit en passant par la bouche, si sa taille et sa localisation le permettent, soit par le cou et parfois en passant a travers la mandibule (machoire). Il est possible pour certaines tumeurs d’en réaliser l’ablation au laser ou au robot en passant par la bouche. Lorsque la taille de la tumeur est importante, son ablation peut entrainer des séquelles esthétiques mais aussi sur la déglutition et l’élocution. C'est pour limiter au maximum ces séquelles que la majorité des équipes proposent une reconstruction de la région qui a été enlevée. Cette reconstruction se fait actuellement au mieux grâce à des techniques de chirurgie reconstructrice et de microchirurgie. Dans certains cas, il faudra réaliser une trachéotomie (provisoire) lorsqu’une chirurgie est proposée pour éviter un risque d’étouffement en post opératoire.
     
  • La radiothérapie (ou rayons) est souvent utilisée après la chirurgie mais peut être également réalisée d’emblée ou après une chimiothérapie.
     
  • La chimiothérapie qui consiste en la perfusion de médicament anticancéreux, peut être délivrée avant la chirurgie, mais également pendant la radiothérapie.

Surveillance

Après le traitement, le patient va bénéficier d’une surveillance en consultation ORL tous les 2 mois, la première année, puis tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 4 mois jusqu’à 5 ans. Ensuite la surveillance s’effectuera tous les 6 mois. Une imagerie (scanner ou PET scanner) sera réalisée au moins une fois par an.

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