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Deuil après un suicide : comment se faire accompagner ?

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Une personne sur deux développe des complications psychiques à la suite du suicide d'un proche. Découvrez les solutions pour se faire aider avec le Dr Édouard Leaune, psychiatre à l'hôpital Édouard Herriot.

Introduction

Quand on est endeuillé par le suicide d'un proche, il n'est jamais trop tôt ni trop tard pour consulter.

Il faut savoir qu'en France il y a de moins en moins de suicides depuis 30 ans mais actuellement, ce sont environ 9 000 personnes qui décèdent par suicide chaque année. Et on sait que pour chaque suicide ce sont entre 10 et 14 personnes qui sont endeuillées.

Parmi ces 100 000 personnes, environ 50 %, une personne sur deux, vont présenter ce qu'on appelle un deuil pathologique. C'est-à-dire des complications en termes de santé mentale de leur deuil.

La postvention, c'est un terme qui désigne l'ensemble des mesures que l'on peut mettre en œuvre après un suicide. À la fois ce qu'on appelle la postvention individuelle, c'est-à-dire l'accompagnement des personnes endeuillées par suicide, mais également la postvention dite collective, c'est-à-dire la prise en charge des collectifs qui vont être impactés, par exemple des professionnels de santé qui vont être impactés par le suicide d'un patient.

Complications du deuil

Dans ce qu'on appelle le deuil pathologique, il y a deux grandes dimensions. Il y a les complications psychiatriques du deuil, par exemple une dépression ou un état de stress post-traumatique, et une pathologie spécifique du deuil qu'on appelle le trouble de deuil prolongé qui va apparaître au bout de plusieurs mois.

Pour nous, il y a un enjeu très fort sur ce qu'on appelle l'intervention précoce, parce que plus les personnes vont consulter tôt, plus on va pouvoir repérer des signes précoces en termes de santé mentale qui vont nous permettre de repérer les personnes les plus à risque de développer un deuil pathologique.

Ce qui doit inquiéter, c'est vraiment une rupture très importante avec l'état habituel. C'est la survenue d'idées suicidaires, la survenue de pensées qui vont être très sombres, l'envie de rejoindre son proche par exemple, une incapacité totale à faire face à la situation. Il est normal dans les premiers jours et les premières semaines bien sûr d'être très triste mais c'est aussi la durée dans le temps et le fait que ces symptômes vont être de plus en plus intenses, qui va nous inquiéter.

Les premiers recours : médecins généralistes et psychologues

Lorsqu'on est endeuillé par le suicide d'un proche, il n'est pas évident de savoir vers qui se tourner souvent même on peut avoir le sentiment qu'on n'a pas besoin d'aide ou qu'on ne mérite pas d'être aidé, donc il est vraiment important d'avoir en tête qu'il y a plusieurs possibilités, tout d'abord on peut se tourner bien sûr vers son médecin généraliste, qui sera en capacité de repérer des signes d'inquiétude, qui vont peut être nécessiter une prise en charge dédiée. Les psychologues, les psychiatres sont bien sûr formés pour pouvoir accompagner le deuil savoir repérer là aussi les signes de deuil pathologique.

Accompagnement par les associations et groupes d'entraide

Bien penser aux associations qui font un travail remarquable et qui, partout en France, offrent aussi des possibilités de soutien.

Parmi les associations avec lesquelles nous travaillons, on peut citer par exemple : l'association Empreintes, l'association Vivre son deuil, l'association Jalmalv et également l'association Elisabeth Kübler-Ross ou Jonathan Pierres Vivantes qui proposent soit de l'accueil téléphonique ou de l'accueil individuel dans leurs locaux, ou enfin des groupes de parole qui peuvent être vraiment très aidants pour les personnes endeuillées par le suicide d'un proche.

Les ressources d'aide et d'urgences

Et enfin les urgences, notamment les urgences psychiatriques, sont un lieu ressource pour les personnes endeuillées par suicide, si un moment de crise survient avec par exemple des idées suicidaires ou un état de mal-être très conséquent, très important, qui dépasse la capacité de la personne à faire face, il ne faut pas hésiter à se rendre aux urgences dans ce cadre-là.

Deux ressources également très importantes pour les personnes endeuillées par suicide, la première : le 31 14 le numéro national prévention suicide au sein duquel les répondantes et les répondants qui sont des infirmiers, des infirmières, des psychologues, sont formés à l'accueil des personnes endeuillées par le suicide d'un proche.

Enfin, la plateforme numérique en ligne Espoir, qui a été mise en place en partenariat entre les Hospices Civils de Lyon et le Vinatier, offre aussi des informations sur le deuil après suicide, sur le suicide, sur les lieux de soutien près de chez soi et permet aussi de poser des questions à une équipe spécialisée qui peut répondre aux personnes endeuillées par le suicide d'un proche.

Lorsque l'on est endeuillé par le suicide d'un proche, on a tendance à s'isoler, à ne pas demander de l'aide et le message qui est vraiment important c'est que cette aide peut être très bénéfique et que plus tôt elle aura lieu, plus on se donne la possibilité d'aller mieux et de cheminer dans son deuil.

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