Festival May be Bach #3
Le collectif Les Saôneurs propose depuis 2022 des concerts à la Chapelle de l’Hôtel-Dieu. Pour la 3e année, Les Saôneurs et 28 artistes de musique ancienne vous invitent à May be Bach, le festival consacré à Bach à Lyon, dans trois lieux remarquables. Découvrez la programmation du festival à la Chapelle de l'Hôtel-Dieu.
Au programme du festival May be Bach #3 à la Chapelle de l'Hôtel-Dieu
Lundi 4 mai – 20h30 | Clavier-Übung > Partitas
Les Partitas, suites allemandes de Johann Sebastian Bach forment le premier recueil de pratique du clavier ou Clavier-Übung édité en 1731 alors que le cantor de Leipzig est au sommet de son art : allemandes car elles magnifient le contrepoint, même si elles gardent la forme très codée des suites de danses à la française – prélude, allemande, courante, sarabande, gigue – à laquelle s’ajoute des pièces de circonstance.
En ouverture du troisième festival May be Bach, le claveciniste lyonnais Laurent Stewart choisit de présenter les 3ème & 4ème partitas, qui résument à elles seules le génie de Bach et de l’art baroque pour clavier : par leur tonalité d’abord, mineur et Majeur, puis par les pièces complémentaires aussi diverses que la Fantasia et Burlesca de la 3ème ou la magistrale Ouverture de la 4ème.
Laurent Stewart joue un clavecin franco-flamand d’Andreas Kilström de 2005 d’après Ioannes Ruckers 1638
- Partita n°4 en Ré M. BWV 828 – 1728 Ouverture | Allemande | Courante | Aria | Sarabande | Menuet | Gigue
- Partita n°3 en la m. BWV 827 - 1727 Fantasia | Allemande | Corrente | Sarabande | Burlesca | Scherzo | Gigue
Lundi 11 mai – 17h30 | Bach l’influenceur, conférence musicale
- Jean-Marie Gardette, conférencier
Bach est le génie musical absolu du baroque. Ses compositions élaborées - dans lesquelles il trouve le juste équilibre entre rigueur et esthétique - son sens pédagogique aigu et sa maîtrise technique au clavier sont des sources d’inspiration pour ses fils compositeurs et ses élèves. Perpétuant l’art du Cantor, ces « passeurs » deviennent les précurseurs d’une transmission qui influence depuis nombre de musiciens, toutes tendances confondues. Mozart, Mendelssohn, Liszt, Cosma, le groupe Procol Harum ne sont que quelques exemples parmi d’autres…
Tout acte créatif est tributaire d’un environnement, d’une culture, du développement d’une pensée. Bach n’échappe pas à la règle : son inventivité tient de l’enseignement qu’il a reçu, de la musique de son temps, des qualités des musiciens qu’il côtoyait et admirait, etc.
Une conférence passionnante sur le Maître du contrepoint au cours de laquelle Jean-Marie Gardette mettra en lumière par ce que l’on nomme en art la Poïétique ce double aspect influenceur-influencé.
Après des études à la faculté de Musicologie de l’Université Lyon 2, Jean-Marie Gardette intègre le Rotterdams-Conservatorium des PaysBas dans la classe du violoniste Jean-Jacques Kantorow. À son retour en France, il crée l’Académie des Tisseurs de Sons destinée aux talentueux élèves des établissements supérieurs européens de musique ainsi qu’aux professionnels confirmés.
Sa palette est multiple ; violoniste, directeur des Tisseurs de Sons, il est aussi organisateur d’événements musicaux. En parallèle, il se consacre à l’enseignement et dispense de nombreuses conférences musicales en Auvergne-Rhône-Alpes.
Lundi 11 mai – 20h30 | Les racines de Bach, sonates en trio
- Les Timbres - Yoko Kawakubo, violon Myriam Rignol, viole de gambe Julien Wolfs, clavecin
Le voyage auquel Les Timbres nous invitent n’est pas sans danger ! D’abord, il nous faut marcher pendant des jours jusqu’à parcourir à pied les 400 km qui séparent Arnstadt de Lübeck ! Peut-être entendrons-nous à notre retour des remarques acerbes sur nos aptitudes de compositeur venant des autorités de la ville d’Arnstadt se plaignant que nous fassions depuis ce voyage “d’étonnantes variations dans [nos] chorals, que [nous] y [mêlions] des accords étranges, de telle sorte que la communauté en est fort troublée.”
Voilà ce qui arrive au jeune Bach qui, à vingt ans, demande à la ville d’Arnstadt où il est organiste, un congé de quatre semaines afin de se rendre à Lübeck rencontrer le célèbre organiste Dietrich Buxtehude. Il y reste finalement quatre mois ! Buxtehude y bénéficie en tant qu’organiste et compositeur, d’une aura exceptionnelle rehaussée du prestige acquis par ses Abendmusiken, concerts spirituels auxquels il donne un véritable faste au cours des quarante années qu’il passe à Lübeck.
De façon surprenante, les premières publications de Buxtehude sont des sonates en trio, forme emblématique de l’époque baroque, où la viole de gambe possède, tout comme le violon, sa propre partie obligée. Bien que cette forme soit de nos jours relativement peu connue du public, elle est appréciée à la fin du XVIIème siècle, en témoignent les publications simultanées en 1693 et 1694, d’opus pour violon, viole de gambe et basse continue des compositeurs Krieger, Erlebach et Buxtehude.
Ainsi, Les Timbres nous proposent un programme riche et varié ou, si la forme en trio est immuable les styles sont multiples, naviguant du Stylus Fantasticus de Buxtehude à celui quasi galant de Telemann, en passant par la rigueur contrapuntique de Bach.
- Dietrich Buxtehude > 1637-1707 Sonata III > Suonate à doi - Opera prima > Hambourg, 1694 Adagio | Allegro | Lento | Vivace | Largo | Presto | Adagio-Lento
- Philipp Heinrich Erlebach > 1657-1714 Sonata Terza > VI. Sonate > Nuremberg, 1694 Adagio-Allegro-Lento | Allemande | Courante | Sarabande | Ciaconne | Final-Adagio
- Johann Philipp Krieger > 1649-1725 Sonata seconda > XII Sonate > Nuremberg, 1694 Andante | Largo | Presto | Largo, Aria d‘inventione ***
- Dietrich Buxtehude Sonata VI > Suonate à doi - Opera prima > Hambourg, 1694 Grave | Allegro | Con discretione | Adagio | Vivace | Adagio | Poco presto, Poco adagio, Presto, Lento
- Johann Sebastian Bach > 1685-1750 Sonate en Sol M. - BWV 1027/1039 Adagio | Allegro ma non tanto | Andante | Allegro moderato
- Georg Philipp Telemann > 1681-1767 Trio X > Essercizii Musici > Hambourg, 1740 Dolce | Presto | Pastorale | Vivace
Lundi 18 mai – 20h30 | Bach sous les tilleuls
- Loris Barrucand & Clément Geoffroy, clavecins
À Leipzig, le Café Zimmermann accueille depuis 1723 le Collegium Musicum, orchestre fondé en 1702 par Georg Philipp Telemann et composé principalement d’étudiants et de jeunes musiciens parfois renforcé par des instrumentistes et des chanteurs renommés de passage dans la cité.
La grande nouveauté insufflée par cet ensemble est qu’il ne se produit ni à l’église, ni à la cour, mais dans un lieu ouvert à tous, aux femmes et aux hommes désireux de partager un moment convivial. Ces concerts se déroulent pendant la saison froide dans l’établissement de la rue Ste Catherine, une des principales artères de Leipzig, et durant l’été à la porte Grimma où les musiciens se produisent en plein air, sous les grands tilleuls. Ils se tiennent ainsi chaque semaine, le vendredi soir de 17h à 19h, avec une représentation hebdomadaire supplémentaire durant les périodes de foire.
Johann Sebastian Bach, en plus de toutes les responsabilités qu’il doit assumer de par ses fonctions de cantor, prend la direction du Collegium en 1729 et ce, au moins jusqu’en 1739. Durant cette période, c’est près de 600 concerts qu’il a dirigés !
Malheureusement, les programmes de ces soirées musicales, à l‘exception de quelques annonces de musiques solennelles pour célébrer une élection ou l’anniversaire d’un personnage de haut rang, demeurent très largement mystérieux. En dehors de ces quelques cantates profanes, nous n’avons aucune description précise concernant la musique instrumentale qui pouvait y être jouée.
Alors le plaisir est réjouissant pour les clavecinistes Loris Barrucand et Clément Geoffroy d’imaginer un concert printanier sous les tilleuls en fleurs…
- Praeludium en sol m. BuxWV 149 - Dietrich Buxtehude
- Concerto pour orgue en la m. BWV 593 d’après Antonio Vivaldi Allegro | Adagio | Allegro
- Choral “Nun komm, der Heiden Heiland” BWV 659
- Concerto pour orgue en ré m. BWV 596 d’après Antonio Vivaldi Allegro | Grave | Fugue | Largo | Allegro
- Sonatina de la cantate “Actus tragicus“ BWV 106
- Pedal-Exercitium BWV 598
- Choral “Wachet auf, ruft uns due Stimme” BWV 140
- Concerto pour deux clavecins en do m. BWV 1060 Allegro | Largo | Allegro
Mardi 19 mai – 20h30 | Tous les chemins mènent à Bach
- Duo Tartini David Plantier, violon Annabelle Luis, violoncelle
En miroir aux concerts précédents du festival May be Bach, le Duo Tartini rend hommage à la transcription, qui était très répandue à l’époque baroque, et ce depuis la Renaissance.
La destination d’une œuvre musicale à un instrument donné est une pratique qui apparaît relativement tardivement - Bach lui-même n’a par exemple, pas précisé l’instrumentation de l’Art de la Fugue et nous pouvons nous interroger sur le ou les instruments destinataires des Clavier-Übung, ses quatre recueils édités de « pratique du clavier ».
Ainsi, la somptueuse musique pour clavier, d’une richesse d’inspiration sans égale et qui comprend de nombreux arrangements de Bach lui-même, est au centre de ce concert, restituée avec un duo inédit d’instruments à cordes : la pureté sonore transporte l’auditeur dans une autre dimension et loin de dénaturer la musique, les transcriptions offrent un éclairage nouveau et permettent de souligner les lignes et l’architecture musicale complexes, d’une manière fidèle aux pratiques musicales de l’époque. Une excellente occasion de redécouvrir un répertoire transcendant !
David Plantier joue un violon de Giovanni Battista Guadagnini - Parma 1766 et Annabelle Luis un violoncelle de Nicolas Augustin Chappuy - Paris 1777
- Suite pour clavier en la m. BWV 818a Fort gai | Allemande | Courante | Sarabande | Menuet | Gigue
- Duetto pour orgue n°2 en mi m. BWV 802
- Suite anglaise n°3 en sol m. BWV 808 Prélude | Allemande | Courante | Sarabande Gavotte alternativement - Gavotte II ou la Musette | Gigue
- Choral “Allein Gott in der Höh’ sei Ehr”,Bicinium BWV 711
- Partita pour clavier n°2 en do m. BWV 826 Sinfonia : Grave adagio - Andante - Allegro | Allemande | Courante Sarabande | Rondeaux | Capriccio
Lundi 25 mai – 20h30 | Kleine Abendmusik cantates intimes de Schütz à Bach
- Exclamatio Consort : Arnaud Gluck, contre-ténor Yann Ma & Charlotte Gerbitz, violons & alto Louise Bouedo, viole de gambe Julius Lorscheider, orgue
Dans la musique sacrée du XVIIe siècle, outre les cantates pour grands effectifs avec solistes, chœur et ensemble instrumental, il existe de petits concerts sacrés - œuvres pour effectifs réduits où souvent, une unique voix accompagnée de quelques instruments révèle l’âme humaine. Le chant dans un cadre chambriste, accorde aux compositeurs l’expression de l’intimité, où l’homme invoque directement Dieu, souvent dans une prière sourde, emplie de désespoir, sincérité ou réconfort, pour quérir la rédemption. Ces œuvres concernent les Abendmusiken, concerts publics initiés à Lübeck par Franz Tunder et Dietrich Buxtehude.
L’ Exclamatio Consort en petite formation - chant, deux violons, viole de gambe et orgue - se consacre à ce répertoire, où la voix d‘alto d‘Arnaud Gluck, apatride entre les voix solistes de soprano et de ténor, nous divulgue ces ambiances particulières.
Outre des œuvres de Heinrich Schütz, Dietrich Buxtehude, Nicolaus Bruhns et Christoph Bernhard, le programme y associe la plus « petite » cantate du jeune Johann Sebastien Bach, Widerstehe doch der Sünde - Résiste au péché - écrite pour alto et cordes. Le récit dramatique évoque un combat intérieur dans lequel le Soi lutte contre les Tentations de la luxure qui, tel le serpent du jardin d‘Eden, enchante le chanteur des lignes des violons. Le jeune Bach dans cette cantate BWV 54, reste ancré dans la tradition musicale du XVIIe siècle pour mieux la briser de la plus belle des façons, et ouvrir la porte de l’avenir…
- Nicolaus Bruhns > 1665-1697 De profundis clamavi
- Heinrich Schütz > 1585-1672 In te domine speravi
- Philipp Heinrich Erlebach > 1637-1707 Sonate en Trio en mi m.
- Christoph Bernhard > 1628-1692 Was betrübst Du Dich, meine Seele
- Dietrich Buxtehude > 1637-1707 Sonate pour viole de gambe et basse continue en Ré M.
- Georg Philipp Telemann > 1681-1767 Cantate Meines Bleibens ist hier nicht Sinfonia | Air : Ich wander fort nach meiner Ruh
- Johann Sebastian Bach > 1685-1750 Cantate Widerstehe doch der Sünde BWV 54 Air : Widerstehe doch der Sünde Récitatif : Die Art verruchter Sünden | Air : Wer Sünde tut, der ist vom Teufel
- Dietrich Buxtehude Choral Mit Fried und Freud fahr ich dahin Contrapunctus I | Evolutio | Contrapunctus II | Evolutio
Mardi 26 mai – 20h30 | Concerti ...
- Seung-Kyung Lee-Blondel, hautbois Loris Barrucand, clavecin & Les Saôneurs Yoko Kawakubo, André Costa, Ugo Gianotti, violons Xavier Sichel, alto Louise Bouedo, violone Augustin D‘Arco, basson
C‘est à Köthen entre 1717 et 1723, que Johann Sebastian Bach compose ses plus brillantes œuvres orchestrales, alors qu‘il est maître de musique à la cour princière de Leopold d‘Anhalt-Köthen, souverain largement plus intéressé par les arts que par la politique.
L’orchestre du prince, composé des plus éminents solistes de son temps, permet à Bach de développer son génie en toute liberté. Il crée ainsi de multiples concerti à divers instruments dont beaucoup sont perdus aujourd’hui, mais dont il se souviendra et qu‘il reconstituera dix ans plus tard, alors cantor de Leipzig, pour les concerts au Café Zimmermann du fameux collectif du Collegium Musicum.
Plus près de nous, le collectif Les Saôneurs en clôture de leur troisième festival May be Bach, a choisi de revivre cette prodigieuse émulation entre artistes - invitant la hautboïste Seung-Kyung Lee-Blondel et le claveciniste Loris Barrucand - et présente un feu d’artifice de „Tubes“ où se mêlent, chefs-d’œuvre, complicité, tendresse, virtuosité, clins d’œil et beauté des instruments anciens pour un tourbillon d’émotions à partager sans modération !
- Johann Sebastian Bach > 1685-1750 Concerto pour hautbois d‘amour en La M. BWV 1055r - ca.1721 Allegro | Larghetto | Allegro ma non tanto & Concerto pour clavecin en ré m. BWV 1052 - 1734 Allegro | Adagio | Allegro
- Alessandro Marcello > 1673-1747 Concerto pour hautbois en ré m. S.Z799 - ca.1708 Andante e spiccato | Adagio - ornementation de J.S. Bach | Presto
- Johann Sebastian Bach Concerto pour violon et hautbois en do m. BWV 1060r - ca.1720 Allegro | Adagio | Allegro
Modalités pratiques
- Rendez-vous à la Chapelle de l’Hôtel-Dieu, place de l’Hôpital, Lyon 2e.
- Entrée : 25 € | Tarif réduit 10 € > étudiants, minima sociaux, handicapés et leur accompagnant, personnels des HCL | Gratuit - 18 ans
- Pass 4 entrées > 90 € | Tarif réduit 35 € Pass 6 entrées > 125 € | Tarif réduit 50 € Pass intégral > 150 € | Tarif réduit 60 €
- Conférence en libre participation
- Placement libre > Places réservées pour les enfants ou les personnes handicapées et leur accompagnant, sur demandes effectuées par mail 48 heures avant chaque spectacle.
- Culture et patrimoine historique - Rubrique
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