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Cartographier les nerfs crâniens pour éviter les séquelles neurologiques

Publié le 01-07-2020
Les tumeurs situées à la base du crâne sont particulièrement difficiles à extraire car entourées de nerfs crâniens. Soutenu par la Fondation HCL, le projet du Dr Timothée Jacquesson porte sur la cartographie de ces nerfs.

Il est un "astucieux cambrioleur chargé de dérober un diamant dans un musée ultra-sécurisé". C’est ainsi que le Dr Timothée Jacquesson expliquait son projet de recherche lors du gala annuel de la Fondation HCL. Un projet portant sur les tumeurs de la base du crâne, des tumeurs particulièrement difficiles à extraire car entourées de nerfs crâniens.
 
Afin d’éviter d’endommager ces nerfs de petite taille, le neurochirurgien de l’hôpital Pierre Wertheimer fait appel à l’IRM, capable de détecter le mouvement des molécules d’eau. Puisque ce mouvement s’oriente préférentiellement dans la direction des fibres, alors « Par algorithme mathématique, on peut retracer, point à point, la trajectoire des fibres du cerveau ». Cette technique, appelée tractographie, permet de protéger d’éventuels dommages les nerfs responsables de la sensibilité et de la motricité du visage, des yeux et des cinq sens.

Après optimisation du nouvel outil sur des patients en 2015, le Dr Jacquesson a pu redessiner la trajectoire de 87 % des nerfs crâniens déplacés ou modifiés par la tumeur.

 
« L’utilisation de cet outil a entraîné une amélioration de la stratégie chirurgicale dans plus pour 71 % des cas, soit pour évaluer les risques opératoires, et choisir le meilleur accès, soit pour guider les étapes de la chirurgie des tumeurs. »

Pour développer cette technique d’IRM et, à terme, réduire au maximum les risques de séquelles neurologiques de ses patients, le Dr Jacquesson a fait un appel aux dons via la  Fondation HCL de 32500 euros. En 2018, il est allé se former avec l’équipe leader dans le domaine à Pittsburg aux USA. À Lyon, il collabore avec le laboratoire CREATIS (Centre de Recherche en Acquisition et Traitement de l'Image pour la Santé) pour développer des algorithmes plus performants.

Outre le fait que cette technique permet d’affiner notre compréhension du cerveau, elle pourrait s’appliquer à d’autres types de tumeurs et à d’autres maladies comme les névralgies faciales ou encore la sclérose en plaque. Aujourd’hui le Dr Jacquesson poursuit sa recherche avec l’objectif d’améliorer l’imagerie IRM des tumeurs cérébrales et permettre son application en pratique clinique quotidienne.

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