Fracture du radius distal (fracture du poignet)

Résumé
La fracture de l’extrémité distale (ou inférieure) du radius est la plus fréquente des lésions osseuses traumatiques chez l’adulte. Bien souvent, c’est le terme de « fracture du poignet » que l’on utilise pour la désigner, ce qui est bien évidemment un abus de langage car le poignet englobe plus d’une dizaine d’os et trois articulations différentes !

Qu’est-ce que la fracture de l’extrémité inférieur du radius ?

La fracture de l’extrémité distale du radius correspond à une rupture de la continuité osseuse de l’os du radius à sa partie distale (ou inférieure), c’est-à-dire sa partie la plus proche du poignet. Cette fracture est responsable d’une impotence fonctionnelle partielle ou totale du poignet et à un retentissement important sur l’utilisation de la main et de l’ensemble du membre supérieur.

Un traumatisme important (ex : accident de la voie publique) en est souvent la cause chez les sujets jeunes (avant 40 ans) et cela touche préférentiellement les hommes. Chez les personnes d’âges plus avancés, une simple chute de sa hauteur est la cause la plus fréquente !
A partir de cet âge-là, et surtout après la ménopause qui expose au risque d’ostéoporose (pathologie qui fragilise l’os), les femmes sont plus concernées. La fracture de l’extrémité distale du radius est en fait la deuxième localisation fracturaire liée à l’ostéoporose.

Les conséquences de cette pathologie dépendent du profil du patient qui en souffre. Chez le sujet jeune et dynamique, les conséquences seront un arrêt temporaire des activités physiques et manuelles alors qu’elle peut entraîner une perte d’autonomie importante et délétère chez la personne âgée.

Symptômes et diagnostic de la fracture de l’extrémité distale du radius

La fracture de l’extrémité distale du radius est quasi exclusivement consécutive à un traumatisme, d’une gravité plus ou moins importante.

La douleur est immédiatement présente et majorée par les mouvements. Une déformation du membre peut être visible. Un gonflement (œdème) et un hématome peuvent apparaître rapidement.

Parfois, les symptômes sont moins importants ce qui peut entraîner un retard de diagnostic parfois délétère.

Les signes de gravité principaux, et qui imposent une prise en charge rapide, correspondent aux ouvertures cutanées (plaies) et à la compression du nerf médian au niveau du canal carpien.

Le diagnostic de la fracture est basé sur un bilan radiographique simple. Si la fracture parait plus complexe ou si la suspicion de fracture est forte alors que le bilan radiographique est normal, le médecin traumatologue (urgentiste ou chirurgien orthopédiste) peut demander la réalisation d’un scanner pour mieux orienter la prise en charge.

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Radiographie du poignet de face sur laquelle la flèche indique le trait de fracture du radius distal.

Comment traiter une fracture de l’extrémité distale du radius ?

On distingue deux types de traitement pour prendre en charge cette pathologie :

  • Le traitement conservateur ou orthopédique par un plâtre ;
  • Le traitement chirurgical par une ostéosynthèse.

Chaque fracture est différente et le traitement est spécifique à un patient donné. Un même type de fracture pourra être prise en charge différemment chez un sportif de haut niveau et chez un patient grabataire, les objectifs de la prise en charge étant différents.

Le traitement orthopédique est habituellement privilégié chez l’enfant et lorsque la fracture n’est pas ou très peu déplacée. Une immobilisation par un plâtre pour une durée de 6 semaines est alors nécessaire. Les premières semaines, une surveillance hebdomadaire est réalisée pour s’assurer de l’absence de déplacement secondaire de la fracture dans le plâtre.

Le traitement chirurgical est recommandé lorsque la fracture est déplacée. Selon le type de fracture et la qualité de l’os, différentes opérations sont possibles allant de l’ostéosynthèse simple par broche ou par plaque jusqu’à la mise en place d’une prothèse de poignet. L’arthroscopie (dispositif permettant de visualiser l’intérieur d’une articulation à l’aide d’une mini-caméra) de poignet est de plus en plus utilisée pour permettre de restaurer une anatomie la plus normale possible dans le but d’obtenir un résultat clinique optimal.

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Radiographie d’un poignet opéré par plaque de radius

 

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Image prise en arthroscopie de l’intérieur du poignet montrant sur la première image l’enfoncement de la surface articulaire et sur la deuxième image la réduction de la fracture

 

Les suites des traitements chirurgicaux

Les traitements chirurgicaux modernes permettent dans l’immense majorité des cas un retour rapide aux activités quotidiennes.

Il est néanmoins classique que les patients observent un arrêt des pratiques sportives pendant une durée de 3 mois.

Selon l’activité professionnelle, celle-ci peut être poursuivie mais un arrêt de travail temporaire allant de quelques semaines à plusieurs mois est souvent nécessaire.

Il n’est pas inhabituel d’observer une récupération intégrale de la fonction de la main. Cependant, il est possible de conserver une certaine raideur du poignet ou des douleurs résiduelles.

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