Paralysie faciale périphérique
Généralités, fréquence et évolution
La paralysie faciale périphérique correspond à une atteinte du nerf facial, responsable des mouvements du visage. Elle entraîne une paralysie plus ou moins complète d’un côté du visage.
Il s’agit d’une pathologie relativement fréquente. Dans la majorité des cas (paralysie dite « de Bell » ou idiopathique), elle est causée par le virus de l’herpès (HSV) et évolue favorablement avec un traitement adapté. Plus rarement, elle peut être liée à une autre infection, un traumatisme, une tumeur ou une maladie neurologique.
L’évolution est le plus souvent favorable en quelques semaines à quelques mois, mais certaines formes peuvent laisser des séquelles : raideur, contracture (ou spasme hémifacial), mouvements involontaires d’un ou plusieurs muscles du visage (ou syncinésies).
Quels sont les symtômes de la paralysie faciale périphérique ?
Les symptômes apparaissent le plus souvent de façon brutale et peuvent associer :
- une asymétrie du visage (bouche déviée, effacement des rides),
- une difficulté ou impossibilité à fermer l’œil du côté atteint,
- une gêne pour parler, manger ou boire (fuites de liquide),
- une sécheresse oculaire ou au contraire un larmoiement,
- une modification du goût,
- parfois des douleurs autour de l’oreille.
Comment diagnostique-t-on une paralysie faciale périphérique ?
Le diagnostic repose avant tout sur un examen clinique réalisé par un médecin, notamment un spécialiste ORL.
Selon les cas, des examens complémentaires peuvent être nécessaires :
- IRM du nerf facial sans urgence (région de la parotide et du conduit auditif interne),
- Examens biologiques (en particulier recherche de diabète, VIH, Syphilis et maladie de Lyme),
- Rarement, une électro-neuro-myographie (ENMG) en cas de paralysie complète et si on envisage une chirurgie de décompression du nerf facial.
Ces examens permettent d’évaluer la gravité et de rechercher une cause sous-jacente.
Quels sont les traitements possibles ?
La prise en charge dépend de la cause, de la sévérité et de l’évolution de la paralysie faciale.
Traitement médical initial
- Un traitement médical précoce par corticoïdes est généralement prescrit afin de limiter l’inflammation du nerf.
- Une protection de l’œil, indispensable en cas de fermeture incomplète de la paupière (larmes artificielles, pommade et protection nocturne par des steristrip).
Injections de toxine botulique
Lorsque la récupération est incomplète, des troubles peuvent apparaître : mouvements involontaires (syncinésies), contractions excessives ou spasmes.
Les injections de toxine botulique permettent :
- de diminuer les contractions musculaires involontaires (par exemple mouvement anarchiques de la paupière),
- d’améliorer la symétrie du visage,
- de corriger certains déséquilibres en agissant soit sur le côté atteint, soit sur le côté sain.
Ce traitement est réalisé de façon ciblée, souvent en complément de la rééducation, avec des résultats transitoires nécessitant un renouvellement régulier.
Chirurgie du nerf facial (phase précoce ou paralysies sévères)
Dans certaines situations (paralysie complète, traumatisme, tumeur), une prise en charge chirurgicale peut être proposée précocement :
- réparation ou greffe nerveuse (lorsque le nerf facial est sectionné),
- anastomoses nerveuses (connexion du nerf facial à un autre nerf pour restaurer une commande musculaire) :
- avec le nerf hypoglosse (nerf de la langue),
- avec le nerf masséterin (nerf de la mastication).
Ces techniques visent à redonner une mobilité au visage, même partielle.
Chirurgie fonctionnelle et réparatrice (séquelles)
Lorsque la récupération est insuffisante, différentes techniques chirurgicales permettent d’améliorer la fonction et l’esthétique du visage :
- Réanimation du sourire
- myoplastie d’allongement du muscle temporal : mobilisation d’un muscle masticateur pour retendre l’angle de la bouche et donner une ébauche de sourire actif.
- Chirurgie des paupières
- pose de poids (plaque de platine) dans la paupière supérieure pour faciliter sa fermeture et protéger l’œil,
- correction d’un relâchement excessif de la paupière inférieure (ectropion) par des techniques de type cantoplastie.
Ces interventions visent à restaurer la protection de l’œil, améliorer la symétrie et la qualité de vie.
Prise en charge globale
Le traitement de la paralysie faciale est souvent multimodal et évolutif, associant :
- traitement médical,
- rééducation,
- injections de toxine botulique,
- chirurgie lorsque nécessaire.
Chaque prise en charge est personnalisée et discutée avec le patient en fonction de son évolution et de ses attentes.
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- Service d'orl, chirurgie cervico-faciale et d'audiophonologie (Hôpital Edouard Herriot)
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- Service d'orl, de chirurgie cervico-faciale et d'audiophonologie pédiatrique (Hôpital Femme Mère Enfant)
- Service d'orl, de chirurgie cervico-faciale et d'audiophonologie pédiatrique (Hôpital Lyon Sud)