Alerte sur l’usage détourné du gaz hilarant (protoxyde d’azote)
Après plusieurs dizaines de cas graves qui ont été rapportés au Centre Antipoison et d’Addictovigilance de Lyon au cours de ses six dernières années, les HCL poursuivent leurs actions pour alerter sur l’usage détourné du protoxyde d’azote.
« Près de 76 % des appels reçus par les centres antipoison concernent des atteintes neurologiques avec parfois des séquelles persistantes nécessitant une rééducation fonctionnelle », alertait déjà le Dr Cécile Chevallier du Centre Antipoison et d’Addictovigilance de Lyon en 2022.
« Gaz hilarant » ou « proto » : qu’est-ce que le protoxyde d’azote ?
Gaz médical d’usage réglementé à visée anesthésique et/ou analgésique, le protoxyde d’azote (molécule N2O) est également utilisé comme générateur d’aérosols pour un usage culinaire. Dans son usage « alimentaire », le gaz est conditionné sous la forme de cartouches (pour les siphons à chantilly par exemple) ou de bonbonnes de plus grand volume. Il est alors pur et d’autant plus dangereux.
Son usage détourné consiste à inhaler le gaz par le biais d’un ballon. « Cet usage concerne un public jeune avec des consommations parfois répétées voire massives de cartouches ou de bonbonnes culinaires, à la recherche d’une euphorie et de désinhibition », précise le Dr Cécile Chevallier du Centre Antipoison et d’Addictovigilance de Lyon.
Cette pratique est en forte progression en France depuis plusieurs années et notamment dans la métropole lyonnaise. La région Auvergne-Rhône-Alpes est ainsi la 4e région la plus concernée par l’usage détourné du protoxyde d’azote.
Quels sont les risques ?
Risques immédiats
- Asphyxie par manque d’oxygène
- Perte de connaissance
- Désorientation
- Vertiges
- Chutes
- Accidents de la voie publique
- Brûlure par le froid du gaz expulsé ou par contact suffisamment prolongé avec la bonbonne
En cas de consommations répétées et / ou importantes
- Complications neurologiques parfois sévères, avec troubles de marche et nécessité de rééducation fonctionnelle
- Complications hématologiques et/ou vasculaires, notamment anémie ou thromboses (caillots sanguins) veineuses ou artérielles
- Installation d’une addiction et autres complications psychiatriques
La consommation associée à d’autres produits (alcool, drogues) majore les risques.
Face à la multiplication des cas de complications, notamment neurologiques, survenus après des consommations répétées et/ou massives de N2O, les professionnels de santé et les structures de veille sanitaire d’addictovigilance et de toxicovigilance ont alerté les pouvoirs publics, aboutissant à l’adoption d’une loi en juin 2021 de prévention des usages dangereux du protoxyde d'azote. La loi interdit en particulier la vente de N2O aux mineurs et comporte un volet « prévention ». Plus récemment, la loi RIPOST a renforcé les moyens d'action des pouvoirs publics face aux trafics et aux troubles à l'ordre public.
Sensibiliser les jeunes à l'usage détourné du protoxyde d'azote, repérer et prendre en charge les consommateurs
Sensibiliser les jeunes aux risques
Les Hospices Civils de Lyon, l’ARS Auvergne Rhône-Alpes et le Centre d’Addictovigilance ont mis à disposition du public une plaquette informative afin de sensibiliser les jeunes consommateurs aux risques liés à l’usage détourné du protoxyde d’azote. Cette plaquette est disponible sur le site des HCL et au sein des établissements des HCL, dans certains centres dédiés à la prise en charge addictologique des jeunes adultes et sur les sites internet du Service Hospitalo-Universitaire de Pharmaco-Toxicologie (SHUPT) et de l’ARS Auvergne Rhône-Alpes.
Depuis le 22 juin et jusqu’en septembre 2026, une mobilisation commune sur le territoire Auvergne-Rhône-Alpes est mise en œuvre avec un même objectif : sensibiliser les jeunes et leurs entourages aux risques sanitaires et sécuritaires, et faciliter l’accès aux dispositifs d’accompagnement et de soins dans la région.
Repérer et prendre en charge les consommateurs de protoxyde d'azote
En cas d'effets néfastes et de symptômes inquiétants, il faut rapidement consulter votre médecin traitant ou aller aux urgences pour bénéficier d’une prise en charge adaptée le plus tôt possible. Il est surtout essentiel d'arrêter la prise de protoxyde d’azote.
- Le centre antipoison au 04 72 11 69 11
- 15 ou 112
Besoin d'aide pour arrêter ou simplement pour en parler ? Vous pouvez solliciter une structure adaptée près de chez vous.
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- Document de prévention "Le protoxyde d’azote : quels sont les risques ?" - Document
- Une téléconsultation dédiée aux consommateurs de protoxyde d’azote - Actualité
- Santé et prévention - Rubrique
La pratique est en vogue chez certains jeunes mais ses conséquences peuvent être graves. Les explications du docteur Cécile Chevallier, du centre anti-poison et d'addictovigilance de Lyon.