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Uvéite

L’uvéite est une pathologie inflammatoire de l’uvée, une des tuniques de l’œil, relativement fréquente dans les pays industrialisés avec une fréquence estimée dans une étude Nord-Américaine à 115 cas pour 100 000 habitants. 

Potentiellement grave, l’uvéite est à l’origine de divers troubles oculaires (rougeur et douleur des yeux, baisse de la vision) et peut, dans certains cas, mettre en jeu le pronostic visuel. 

 

Le diagnostic d’une uvéite est fait par l’ophtalmologiste qui réalise une mesure de l’acuité visuelle, un examen de la partie antérieure de l’œil (cornée, chambre antérieure, cristallin et iris) grâce à l’examen à la lampe à fente, de la partie postérieure (choroïde et rétine) grâce au fond d’œil. L’OCT, véritable scanner de l’œil, la tonométrie (mesure de la tension oculaire) et l’angiographie pour l’étude des vaisseaux viennent compléter l’examen ophtalmologique.

La description de l’uvéite permet d’orienter la recherche de la cause et de déterminer la gravité de l’uvéite. Une baisse d’acuité visuelle peut être liée à une opacification du cristallin (cataracte), une augmentation de la tension oculaire, une inflammation des milieux transparents de l’œil ou une atteinte de la macula qui est la région de la rétine qui assure la vision fine.

Le médecin interniste intervient pour rechercher la cause de l’uvéite. Les causes sont multiples (environ 60) et les principales étiologies identifiées à ce jour sont d’origine :

  • purement ophtalmique (maladie limitée à l’œil) par exemple : maladie de Birdshot, choroïdite multifocale… ,
  • infectieuse par exemple : tuberculose oculaire… ,
  • inflammatoire par exemple : spondyloarthrite, sarcoïdose, maladie de Behçet, arthrite idiopathique juvénile… ,
  • médicamenteuse.

Ce sont les étiologies inflammatoires qui sont les plus fréquentes mais 1/3 des uvéites sont inexpliquées. Le diagnostic de la cause repose sur un interrogatoire précis, un examen clinique et des examens complémentaires guidés par les signes ophtalmologiques et l’examen de l’interniste. Sont pratiqués un bilan sanguin et des examens radiologiques (ex : scanner thoracique, à la recherche de signes évocateurs de sarcoïdose).

La prise en charge thérapeutique dépend des constatations ophtalmologiques, de l’existence d’une éventuelle cause, du terrain et les antécédents du patient.

  • En cas d’uvéite unilatérale, on privilégie généralement un traitement local par corticoïdes.
  • En cas d’atteinte bilatérale touchant la partie postérieure de l’œil, un traitement médicamenteux par voie systémique (administration par la bouche ou par voie intraveineuse) est généralement nécessaire. Il en est de même en cas d’échec ou effets secondaires du traitement par voie locale. Les traitements par voie systémique comportent la corticothérapie, les immunosuppresseurs (méthotrexate, ciclosporine, azathioprine et mycophénolate mofétil) et les biothérapies (ex : adalimumab).

Ce sont les médecins internistes qui prescrivent ces traitements par voie systémique, en recherchant au préalable d’éventuelles contrindications et en associant des mesures pour réduire leurs éventuels effets secondaires (par exemple : vaccinations, prévention de l’ostéoporose…).
 

La collaboration ophtalmologiste et interniste est essentielle tant à l’étape du diagnostic que du suivi  pour adapter au mieux le traitement.