Ménopause

Résumé
Chez la femme, la ménopause est une étape physiologique liée à l’arrêt des sécrétions hormonales ovariennes et des ovulations. Elle s’accompagne fréquemment de symptômes climatériques, parfois sévères, affectant la qualité de vie personnelle et professionnelle. Sa prise en charge repose sur la prévention, le dépistage des complications et sur un éventuel traitement hormonal.

Définitions et chiffres

La ménopause correspond à l’arrêt des sécrétions hormonales ovariennes et des ovulations. Elle se traduit par un arrêt des règles. Elle survient le plus souvent entre 45 et 55 ans, et en moyenne à l’âge de 51 ans. Elle est souvent précédée d’une période de pré-ménopause, au cours de laquelle une fluctuation des cycles peut s’observer.

Lorsque la ménopause survient avant l’âge de 45 ans, on parle de ménopause avancée (10% des femmes) et avant l’âge de 40 ans, de ménopause précoce (1% des femmes).

La ménopause concerne ou concernera l’ensemble des femmes. La moitié des femmes en France - et le quart de la population - sont ainsi concernées par cette période de transition.

17,2 millions de femmes de plus de 45 ans sont d’ores et déjà concernées par la pré-ménopause ou ménopause en France.
87% des femmes ressentent au moins un symptôme de la ménopause.
20 à 25% des femmes ont des troubles sévères identifiés comme liés à la ménopause.
50% des femmes en France considèrent que la ménopause a des conséquences sur leur travail.
40% des femmes de plus de 50 ans seront victimes d’une fracture liée à l’ostéoporose, pathologie liée à la ménopause.
Les maladies cardiovasculaires, pathologies liées à la ménopause, sont la première cause de décès des femmes en France.

Symptômes

Les symptômes induits par la carence hormonale, appelés symptômes climatériques, sont d’intensité très variable d’une femme à l’autre. 

Les symptômes les plus fréquents sont :

  • les troubles vaso-moteurs (bouffées de chaleur et sueurs nocturnes, présents chez plus de 80% des femmes). La durée moyenne de ces troubles est de 5 à 7 ans. Ils peuvent parfois être observés jusqu’à 15 ans après l'installation de la ménopause. 
  • les troubles du sommeil,
  • la fatigue,
  • les troubles de l'humeur,
  • les douleurs articulaires, notamment des articulations des extrémités comme les mains, pieds, chevilles,
  • la modification de la répartition des graisses,
  • les troubles cognitifs : troubles de la concentration, de la mémoire,
  • les troubles de la libido,
  • les symptômes génito-urinaires. Ils regroupent :
    • les problèmes de sécheresse vaginale, pouvant occasionner des douleurs pendant les rapports sexuels, irritation, brûlures,
    • des troubles urinaires : infections à répétition, besoin urgent d’uriner, fuites urinaires…

Conséquences pathologiques des symptômes

L’arrêt des sécrétions hormonales (estradiol, progestérone notamment) peut s’accompagner de conséquences liées à la carence hormonale, avec d’une part des symptômes ressentis par les patientes, et d’autre part des conséquences à long terme, osseuses et cardiovasculaires.

Les conséquences tissulaires survenant à moyen et long terme sont représentées par l’augmentation du risque d’ostéoporose (fragilité osseuse, avec risque de fractures) et des maladies cardio-vasculaires secondaires aux changements métaboliques (lipides, sucre) et à l’impact de la carence hormonale sur les parois des artères.

Ces conséquences pathologiques de la ménopause sont directement liées à la carence hormonale, notamment en estrogènes et dont les effets se surajoutent à ceux du vieillissement.

Diagnostic : comment est-il réalisé ?

Le diagnostic de la ménopause ne nécessite pas d’examen complémentaire. Il repose, chez les femmes de plus de 45 ans, sur un arrêt des règles depuis plus de 12 mois. Les dosages hormonaux ne sont pas utiles au diagnostic et peuvent même faussement orienter le diagnostic. En revanche, avant l’âge de 45 ans, des dosages hormonaux sont nécessaires pour connaître la cause d’une irrégularité ou d’un arrêt de cycles.

Des examens peuvent être nécessaires pour évaluer les conséquences de la ménopause : 

  • En cas de facteur de risque d’ostéoporose (antécédents de fractures liées à l’ostéoporose dans la famille, prise de certains médicaments, certains dérèglements hormonaux, tabac), la masse osseuse peut être évaluée par une ostéodensitométrie.
  • Le dépistage du risque cardiovasculaire reste basé sur la recherche des facteurs de risque classique (surpoids, hypertension artérielle, troubles métaboliques lipidiques, diabète, tabac, sédentarité…) et peut nécessiter des bilans cardiologiques et vasculaires spécialisés.

Prévention et traitements

La prise en charge de la ménopause passe d’abord par des mesures de prévention :

  • dépistages des cancers (du sein, du col de l’utérus, colorectal),
  • prévention du risque cardiovasculaire (arrêt du tabac, alimentation équilibrée, activité physique régulière),
  • prévention du risque osseux (apports calciques suffisants, supplémentation en vitamine D en cas de carence).

En cas de symptômes climatériques invalidants, un traitement hormonal de la ménopause peut être envisagé. Ce traitement consiste à apporter une supplémentation en estrogènes, et le plus souvent également en progestérone. Ce traitement a une excellente efficacité sur les symptômes climatériques et génito-urinaires. Il permet également une prévention du risque de fragilité osseuse.

L’indication du traitement est toujours discuté de façon individuelle, en prenant en compte la balance bénéfice-risque propre à chaque femme. En cas de traitement mis en place, sa durée est discutée et réévaluée régulièrement. 

Le traitement hormonal de la ménopause est également conseillé aux femmes ménopausées avant l’âge de 45 ans, y compris en l’absence de symptômes, du fait d’un impact positif dans cette situation du traitement hormonal pour la prévention des risques osseux et cardiovasculaire.

En cas de contre-indication ou de non-souhait de prendre un traitement hormonal, des traitements non hormonaux des troubles vasomoteurs peuvent être proposés.

Pour les symptômes génito-urinaires, des traitements locaux, non hormonaux ou hormonaux, peuvent être mis en place. 

En cas de facteurs de risques cardiovasculaires avérés, une prise en charge dédiée est nécessaire. 

En cas de fragilité osseuse, des traitements spécifiques de l’ostéoporose peuvent être mis en place par les rhumatologues.
 

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