Quand le jeu vidéo favorise la rééducation en gériatrie

A l’hôpital Edouard Herriot, les personnes âgées font du ski en toute saison ! Comment ? Grâce au jeu vidéo !

Lundi, 14h, à l’unité de soins de suite et réadaptation gériatrique - Guy, 77 ans, est prêt et motivé pour attaquer sa session d’athlétisme « Aujourd’hui, je dois faire le record du monde ».

Dans le service de médecine du vieillissement - soins de rééducation et réadaptation de l’hôpital Edouard Herriot, l’unité accueille des patients âgés souffrant de polypathologies. Ces patients ont souvent été pris en charge dans un premier temps par les urgences médicales ou chirurgicales orthopédiques.

C’est dans ce contexte et grâce à une collaboration avec les urgences chirurgicales, qu’Estelle Taradoux et Marie Ducroz, toutes deux ergothérapeutes, ont proposé le jeu vidéo comme outil thérapeutique complémentaire au programme de rééducation traditionnelle.

Un outil de rééducation innovant et ludique

Le projet a pu voir le jour en 2018 grâce au soutien du Dr Géraldine Martin-Gaujard, chef de service.

C’est enthousiasmant de « chercher de nouveaux outils de rééducation qui soient innovants et ludiques, décrit Estelle Taradoux, et en plus cela permet de créer du lien social avec les patients ». 

L’outil comporte un écran et un capteur qui scanne le squelette, détecte la posture et retransmet les gestes du patient à l’écran.1

Une activité sur-mesure proposée en fonction du patient

Chaque sport fait travailler des mouvements spécifiques. Les rééducateurs adaptent donc le jeu aux besoins de rééducation de chaque patient.
« Par exemple, on peut travailler : les membres supérieurs avec le jeu du bowling ; l’équilibre avec l’activité ski ; le cardio avec la boxe, le sprint ou encore le football » indique Louisiane Balandras, monitrice d’activité physique et adaptée à l’hôpital Edouard Herriot.
L’outil peut être utilisé par un patient qui a du mal à rester debout ou un patient qui a besoin d’une aide technique (canne, déambulateur…). « Ils vont à leur rythme », complète Louisiane Balandras.

« Je m’entraîne pour être le premier au tournoi ! »

Guy, 77 ans, est resté dans le service pendant trois semaines après une dissection aortique.
Il raconte, avec beaucoup d’émotions, qu’il était frileux à l’idée d’entrer dans un service de gériatrie à son âge. L’avantage dans un service de gériatrie c’est que la prise en charge couvre « un spectre plus large ». Et « la rééducation m’a permis de travailler des mouvements complexes dans leur globalité ».
Avec Louisiane, il démarre son challenge avec une nouvelle session d’athlétisme pour aller le plus loin possible. Au programme : course, lancer de javelot, saut en longueur et lancer de disque. « Maintenant je m’entraîne pour être premier au tournoi ! » s’exclame-t-il.

Favoriser la rééducation en gériatrie par le jeu vidéoFavoriser la rééducation en gériatrie par le jeu vidéo

« Quand nous jouons avec eux, nous créons du lien »

Le jeu montre un réel bénéfice car il permet de travailler sans s’en rendre compte. La convivialité et la bonne humeur sont à chaque fois au rendez-vous. Le jeu a un impact positif sur le moral des patients : ils s’évadent quelques instants à travers ce monde virtuel.

«  Nous avons été surpris que les personnes âgées adhérent autant alors qu’elles sont peu exposées aux jeux vidéos et pour certaines il s’agissait de leur première expérience !… », confient les rééducateurs. Les rééducateurs se remémorent les mots d’une ancienne patiente « A 92 ans, jamais je n’aurais pensé faire ça ! ».
 

Depuis 2018, une soixantaine de patients ont déjà pu utiliser cet outil dans leur programme de rééducation. 2

Le service de médecine du vieillissement - soins de rééducation et réadaptation de l’hôpital Edouard Herriot dispense des soins aux patients âgés qui ont reçu un traitement médical ou une intervention chirurgicale. La prise en charge médicale par des gériatres expérimentés, dans un environnement soignant adapté aux spécificités gériatriques, permet une prise en compte globale des patients.

1 Le capteur reconnaît plus de vingt articulations.
2 L’outil n’est pas adapté pour les patients souffrant de certains troubles cognitifs, visuels ou moteurs. Par exemple, l’outil ne peut pas fonctionner si le patient ne peut pas se lever au moins une fois pour le scan du squelette.

Dernière mise à jour le : mar 03/08/2021 - 18:08
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