Cancer de la cavité buccale (bouche, langue, gencives, palais)
Qu’est-ce que le cancer de la cavité buccale ?
La cavité buccale, communément appelée la bouche, comprend les lèvres, la partie de la langue qui est visible (langue mobile), le plancher de la bouche (ou plancher buccal) situé entre la langue et les gencives, qui forment avec les dents les arcades dentaires (une supérieure et une inférieure), le palais et la face interne des joues.
La cavité orale joue un rôle essentiel dans l’alimentation, la parole, la mastication et la perception des goûts.
Le cancer correspond à la multiplication de cellules anormales dans ces régions, jusqu’à formation d’une tumeur qui devient visible et palpable. Au début, il est limité à une des régions de la bouche, mais en se développant, les cellules cancéreuses peuvent aller dans les ganglions du cou (métastases ganglionnaires), et à des stades plus avancés, les cellules peuvent aller dans d’autres organes à distances de la tumeur initiale (poumon, foie, os). Ce sont des métastases à distances.
Quels sont les facteurs de risque ?
Le principal facteur de risque (ou cause) des cancers de la cavité buccale sont, en France, la consommation de tabac et d’alcool.
Il n’y a parfois aucune cause retrouvée ou connue.
Quels sont les symptômes d'un cancer de la cavité buccale ? Quels sont les premiers signes ?
La douleur est la principale plainte amenant à consulter, elle peut être locale ou irradiée, en particulier vers l’oreille (otalgie réflexe), spontanée ou lors de la déglutition.
Les autres signes peuvent être une masse dans le cou, une sensation de corps étranger, des crachats sanglants, une difficulté à ouvrir la bouche, une difficulté à manger, à faire bouger la langue.


Comment diagnostique-t-on ce cancer ? Quel bilan ?
Le plus souvent, la tumeur est visible lors d’un simple examen clinique qui est réalisé en consultation. Il consiste en un examen minutieux de la cavité buccale : une nasofibroscopie (petit fibroscope souple qui l’on passe par une narine) permettant d’explorer les fosses nasales et le pharyngo-larynx (la gorge). Une palpation des ganglions du cou fini l’examen local et une biopsie peut être réalisée en consultation si la tumeur est accessible.
Une endoscopie complète des voies aérodigestives supérieures (pharynx, larynx, œsophage et bronches) avec biopsie est réalisée au bloc opératoire sous anesthésie générale.
Un scanner du cou et des poumons (cervico-thoracique), avec injection d’iode est systématiquement demandé. Il permet d’apprécier l’extension de la tumeur, l’atteinte ganglionnaire ou de rechercher des métastases à distance ou un cancer du poumon associé.
D’autres examens peuvent être demandés si le chirurgien les juge nécessaires : IRM, PET scanner (ou TEP), fibroscopie gastrique ou pulmonaire.
Traitements
Le traitement des cancers de la cavité buccale est complexe, parfois lourd avec des conséquences et des séquelles qui peuvent êtres importantes. C’est pour cela qu’il est toujours décidé en réunion de concertation pluridisciplinaire qui réunit au minimum, un chirurgien ORL, un radiothérapeute, un oncologue (chimiothérapeute) et le plus souvent un radiologue et un chirurgien maxillo-facial.
Trois traitements peuvent être utilisés : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Parfois un seul traitement est suffisant. Parfois les 3 sont utilisés successivement ou en même temps. Cela va dépendre de la localisation de la tumeur, de sa taille et de son extension aux structures avoisinantes ou à distance, et de l’état général du patient.
La chirurgie
La chirurgie consiste en l’ablation de la tumeur et des ganglions du cou (curage ganglionnaire). L’ablation de la tumeur peut se faire soit en passant par la bouche, si sa taille et sa localisation le permettent, soit par le cou et parfois en passant à travers la mandibule (mâchoire). Lorsque la taille de la tumeur est importante, son ablation peut entrainer des séquelles esthétiques mais aussi sur la déglutition et l’élocution. C'est pour limiter au maximum ces séquelles que la majorité des équipes proposent une reconstruction de la région qui a été enlevée. Cette reconstruction se fait actuellement au mieux grâce à des techniques de chirurgie reconstructrice et de microchirurgie. Dans certains cas, il faudra réaliser une trachéotomie (provisoire) lorsqu’une chirurgie est proposée pour éviter un risque d’étouffement en post opératoire.
La radiothérapie
La radiothérapie (ou rayons) est souvent utilisée après la chirurgie mais peut être également réalisée d’emblée ou après une chimiothérapie.
La chimiothérapie (et/ou immunotherapie)
La chimiothérapie (et/ou immunotherapie) qui consiste en la perfusion de médicament anticancéreux, peut être délivrée avant la chirurgie, mais également pendant la radiothérapie.
Quel suivi ? Quelle surveillance ?
Après le traitement, le patient va bénéficier d’une surveillance en consultation ORL/maxillo tous les 2 mois, la première année, puis tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 4 mois jusqu’à 5 ans. Ensuite la surveillance s’effectuera tous les 6 mois. Une imagerie (scanner ou PET scanner) sera réalisée au moins une fois par an.
Consulter aux HCL
- Service d'oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale (Hôpital de la Croix-Rousse)
- Service de chirurgie maxillofaciale, stomatologie, chirurgie orale et chirurgie plastique de la face (Hôpital Lyon Sud)
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