Chapelle de l'Hôtel-Dieu : la restauration continue avec le transept nord
Lancé en 2008 par les Hospices Civils de Lyon en partenariat avec la Fondation du Patrimoine, le projet de restauration a permis d’engager depuis 2012 des travaux quasi ininterrompus représentant à ce jour un investissement de plus de 4 000 000 €. Financé à environ 55 % par des fonds publics — État (DRAC Auvergne-Rhône-Alpes), Région et Ville de Lyon — et à 45 % par des dons privés collectés via la Fondation du Patrimoine, ce projet illustre la capacité d’un établissement public à mobiliser un soutien collectif durable autour d’un patrimoine partagé.
La maîtrise d’œuvre a été confiée à Didier Repellin, architecte en chef des Monuments Historiques. Le parti de restauration vise à retrouver et pérenniser l’ensemble ornemental du XIXe siècle, en harmonie avec l’architecture baroque du XVIIe.
Un monument baroque au cœur de Lyon
Construite entre 1637 et 1655 à l'emplacement de l'ancien hôpital médiéval où exerça François Rabelais de 1532 à 1535, la chapelle de l'Hôtel-Dieu est l'un des rares témoins de l'architecture baroque à Lyon, avec la chapelle de la Trinité et l'église Saint-Bruno-des-Chartreux. Financée par la confrérie des marchands drapiers et les recteurs de l'Hôtel-Dieu, elle s'inscrit dans la vaste reconstruction de l'hôpital des Quatre-Rangs : un plan en croix à l'italienne, un dôme de plan carré, une façade à trois ordres inspirée de l'église du Gesù de Rome. À sa naissance, elle dialogue avec la loge du Change, l'hôtel de Ville et l'hôpital de la Charité — établi tout proche en 1617 —, affirmant ensemble la puissance laïque et la vocation hospitalière de Lyon.
Transformée en dépôt de salpêtre pendant la Révolution, la chapelle est rendue au culte après la création des Hospices Civils de Lyon en 1802. Tout au long du XIXe siècle, des dons successifs permettent de la réorner. En 1868, le peintre décorateur Alexandre Denuelle réalise un décor intégral en trompe-l'œil couvrant l'ensemble de ses surfaces — voûtes, pilastres, coupoles — en parfaite harmonie avec l'architecture du XVIIe siècle. Des sculptures, tableaux et objets d'art constituent un ensemble mobilier d'une richesse exceptionnelle, classé Monument Historique en 1983, dix ans après la protection de l'architecture en 1941.
Au XXe siècle, la chapelle accompagne la vie des Lyonnais : les sœurs hospitalières y prononcent leurs engagements, des dizaines de milliers d'enfants y sont baptisés dans les fonts baptismaux, les malades de l'hôpital y trouvent un espace de recueillement. Aujourd'hui, propriété des Hospices Civils de Lyon, ouverte au public du mardi au dimanche grâce aux bénévoles de la basilique Saint-Bonaventure, régulièrement remplie lors des célébrations, elle reste un repère vivant de l'histoire médicale, artistique et spirituelle de la ville — au cœur d'un Grand Hôtel-Dieu reconverti qui lui a rendu sa place dans le tissu urbain.
Dix-sept ans de restauration : un projet collectif
Lancé en 2008 par les Hospices Civils de Lyon en partenariat avec la Fondation du Patrimoine, le projet « Réinventer la Chapelle » a permis d'engager depuis 2012 des travaux quasi ininterrompus, conduits sous la maîtrise d'œuvre de Didier Repellin, architecte en chef des Monuments Historiques. Le parti de restauration vise à retrouver et pérenniser l'ensemble ornemental du XIXe siècle dans toute sa cohérence, en révélant la plénitude du décor Denuelle.
À ce jour, plus de 4 millions d'euros ont été investis — financés à environ 55 % par des fonds publics (État via la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, Région Auvergne-Rhône-Alpes, Ville de Lyon) et à 45 % par des dons privés collectés via la Fondation du Patrimoine. Plusieurs centaines de mécènes et donateurs — particuliers, entreprises, fondations — ont contribué à ce projet depuis ses origines, renouant avec la longue tradition de bienfaiteurs qui avaient permis de construire la chapelle au XVIIe siècle puis de la restaurer au XIXe.
Les phases accomplies couvrent désormais la quasi-totalité de l'édifice : chapelle de la Vierge, chaire et tableaux ; vitraux ; chapelle Saint-Jean-Baptiste et fonts baptismaux ; chapelle du Sacré-Cœur, chapelle Saint-Joseph et transept sud ; chapelles Notre-Dame de Pitié et Sainte-Marthe ; façade et clochers ; et, en dernier lieu, le transept nord, achevé en 2025.
Le transept nord : ce qui vient d'être accompli
Le transept nord est le vaste espace qui relie les chapelles latérales à la nef et au chœur. Son état avant travaux était caractérisé par un encrassement sévère : décors peints illisibles, enduits altérés, boiseries fragilisées. Sa restauration, pour un investissement de 272 000 €, a permis de retrouver la plénitude du décor en trompe-l'œil, le jeu des liserés d'or et la lecture complète de l'espace architectural baroque. Elle a mobilisé huit entreprises spécialisées — maçonnerie, décors peints, menuiserie, serrurerie, lustrerie, électricité — sous la coordination de Didier Repellin et Ludovic de Vernejoul pour la maîtrise d'œuvre.
Ces travaux ont été rendus possibles grâce à la Préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à la Ville de Lyon, et aux dons collectés auprès de la Fondation du Patrimoine. Avec l'achèvement du transept nord, la restauration couvre désormais l'intégralité de la coupole, de la nef et des deux transepts. La chapelle retrouve la cohérence visuelle de son décor intégral — à l'exception des deux chapelles latérales qui restent à restaurer.
Ce qui reste à faire : les deux dernières chapelles latérales
La chapelle de la Charité
Anciennement appelée chapelle d'accès, cette chapelle latérale a été rebaptisée chapelle de la Charité en référence à l'hôpital de la Charité — fondé en 1617 à proximité, démoli en 1934 — dont plusieurs œuvres sont conservées dans la chapelle, dont une table de communion en marbre. Dans sa voûte, le blason des Hospices Civils de Lyon réunit ceux de l'Hôtel-Dieu et de la Charité : deux établissements fondateurs, une même vocation hospitalière. Ce changement de dénomination restitue une mémoire enfouie et renforce l'identité narrative de l'édifice.
Sa restauration, estimée à 309 000 € TTC, est la priorité immédiate. Les marchés sont passés, les entreprises sont prêtes, la Ville de Lyon a engagé 50 000 €. Il manque 169 000 € de dons pour que les travaux puissent démarrer avant la fin de l'année. C'est l'objet principal de la souscription lancée ce 4 mai.
La chapelle des Reliques
La chapelle des Reliques abrite le retable reliquaire offert par le cardinal de Bonald en 1849 : un ensemble exceptionnel de 651 reliques de saints nommés, sans équivalent en Europe. Réalisé en bois, métal, textiles, cire et papier, ce retable présente un état sanitaire préoccupant qui nécessite une intervention urgente — la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes a identifié la situation comme une urgence. Sa restauration complète est estimée à 450 000 € TTC, dont environ 220 000 € pour le reliquaire lui-même. Une étude complémentaire est en cours pour préciser l'état de l'intérieur du meuble. Les travaux sont prévus pour 2027.
Et au-delà
Une fois ces deux chapelles restaurées, l'achèvement du projet concernera la nef, le chœur, l'orgue et la sacristie — une dernière phase estimée à 4,5 millions d'euros, projetée pour 2028-2031. L'ambition des HCL est de mener cette restauration à son terme et de rendre à la chapelle l'intégralité de son décor et de sa cohérence architecturale.
Soutenir la restauration : la souscription publique
Pour financer la chapelle de la Charité et la chapelle des Reliques, les Hospices Civils de Lyon et la Fondation du Patrimoine ont lancé une souscription publique. Chaque don, qu'il vienne d'un particulier ou d'une entreprise, bénéficie des avantages fiscaux attachés aux souscriptions gérées par la Fondation du Patrimoine :
- Particuliers : réduction d'impôt sur le revenu de 66 % du montant du don (dans la limite de 20 % du revenu imposable) — un don de 150 € revient à 51 € après réduction
- IFI : réduction de 75 % dans la limite de 50 000 €
- Entreprises : réduction d'impôt de 60 % du montant (dans la limite de 0,5 % du chiffre d'affaires)
La souscription sera animée tout au long de l'année 2026 par un programme culturel : festival de musique classique May Be Bach (mai), visites guidées avec les guides-conférenciers de la chapelle, exposition, conférence sur l'histoire de l'hôpital de la Charité, et un concert à destination des mécènes le 28 septembre 2026.
Pour les dons d'entreprises et toute information sur le mécénat, contactez la Mission Culture et Patrimoine Historique des HCL : serguei.piotrovitch-dorlik@chu-lyon.fr
- Culture et patrimoine historique - Rubrique
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La chapelle de l'Hôtel-Dieu est ouverte au public du mardi au dimanche de 14h30 à 18h30, place de l'Hôpital, 69002 Lyon.
Vous pouvez aussi suivre l'une des visites guidées proposées.