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Déficit en alpha-1-antitrypsine (AAT)

Maladie génétique à transmission autosomique co-dominante. Le déficit en AAT de phénotype ZZ est la forme habituelle. Il touche un individu sur 1 500 à 6 000 naissances, environ 10 000 personnes sont atteintes en France.

L’alpha-1-antitrypsine (AAT) est une protéine synthétisée par le foie. Son action principale est de contrôler l’activité de l’élastase produite par les polynucléaires neutrophiles pulmonaires. L’atteinte hépatique est liée à la polymérisation des molécules d’AAT anormale dans les cellules hépatiques et est observée chez l’enfant et l’adulte. L’atteinte pulmonaire se traduit par un emphysème. Elle est secondaire au déficit en protéine « perte de fonction » et ne s’observe que chez l’adulte.

15 % des enfants déficitaires en AAT présentent une cholestase néonatale habituellement transitoire.
Le plus souvent la maladie hépatique est asymptomatique ou discrète, révélée par un gros foie ou des anomalies du bilan hépatique.
3 % des patients développent une atteinte hépatique sévère avec cirrhose avant 20 ans.

Dosage de la concentration plasmatique d’AAT qui est inférieure à 1,1 g/L.
Le phénotype est déterminé par iso-électrofocalisation.
Une étude génétique peut être nécessaire pour confirmer le diagnostic.

L’acide ursodésoxycholique permet le plus souvent de corriger les anomalies du bilan hépatique quand elles sont minimes ou modérées. 
En cas d’évolution vers la cirrhose avec hypertension portale sévère et/ou insuffisance hépatique, la transplantation hépatique reste le seul traitement.
L’aggravation de l’atteinte hépatique est souvent associée à des cofacteurs. Dans ce contexte, la prévention de la consommation excessive d’alcool, du surpoids et des infections par les virus B et C est capitale.

Le traitement de l’atteinte pulmonaire est très différent. Il est basé sur des perfusions d’AAT purifiée pour compenser le déficit, et il passe également par une prévention du tabagisme.