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Prothèse Totale de Hanche

La Prothèse Totale de Hanche (PTH) permet de remplacer les zones de cartilage usées et abimées de la hanche par des pièces artificielles de forme et de taille semblables. Une PTH est constituée de 3 éléments : une cupule qui est fixée au niveau du bassin, une tige qui est insérée à l’intérieur du fémur et une tête qui fait la jonction entre ces 2 éléments.

La PTH est proposée aux patients présentant une destruction du cartilage au niveau de la hanche qui peut être due à une arthrose primitive ou secondaire (à un traumatisme ou une maladie de la hanche dans l’enfance), à une ostéonécrose, une maladie inflammatoire ou lors d’une fracture du col du fémur.

Avant l’intervention

Une radiographie du bassin de face avec agrandissement défini doit être réalisée afin de planifier la chirurgie et la taille de la prothèse à mettre en place. Une consultation dentaire est conseillée avant l’intervention ainsi qu’une visite cardiologique (âge>65 ans ou facteur de risque cardiovasculaire tel diabète, HTA…). Une analyse des urines sera également réalisée. Un rendez-vous est pris avec un anesthésiste qui vous examinera et vous proposera un mode d’anesthésie adapté à votre état de santé.

Pendant l’intervention

Soit vous dormez complètement (anesthésie générale), soit on n’endort que le bas de votre corps en faisant une piqûre dans votre dos (rachianesthésie). L’intervention se déroule dans un bloc opératoire conforme à des normes très strictes de propreté et de sécurité. La position durant l’opération varie selon la technique choisie (sur le dos ou sur le côté). La durée opératoire varie en fonction de chaque patient et de la pathologie à traiter. Le chirurgien coupe la partie supérieure du fémur dont le cartilage est usé et l’enlève. Il creuse ensuite à l’intérieur du fémur afin de recevoir la tige fémorale. La cavité dans le bassin est ensuite creusée pour s’adapter à la cupule. Après avoir effectué des essais, les pièces définitives sont mises en place avec ou sans utilisation de ciment. Enfin, le chirurgien emboite les 2 parties de la prothèse avec la tête prothétique. Tous les éléments entourant l’articulation (capsule, muscles) sont remis en place et suturés comme avant l’opération. Un drainage peut être mis en place afin d’évacuer les fluides (sang) après l’intervention. La peau est refermée avec des fils ou des agrafes et un pansement est mis sur la cicatrice.

Après l’intervention

La douleur peut être importante les 3-4 premiers jours mais des traitements adaptés permettent de la contrôler. Vous vous levez dès le soir de l’intervention ou le lendemain. Vous commencez à marcher immédiatement avec des béquilles et l’aide du personnel soignant. Le drain enlevé rapidement. Vous prenez des médicaments contre la douleur et un traitement pour rendre le sang plus fluide (anticoagulant) afin d’éviter une phlébite. Les fils ou agrafes sont enlevés dans les 2-3 semaines après l’opération. La rééducation commence dès le lendemain de l’opération pour remettre en mouvement l’articulation et vous aider à marcher.

Le retour à domicile (ou en centre de convalescence) se fait entre 2 jours et 1 semaine après l’opération.

Le suivi radio-clinique proposé par le chirurgien doit être rigoureusement effectué à 3-4 mois, 1 an puis tous les 2-3 ans à vie pour vérifier que la prothèse tient toujours bien dans l’os.

Toutes les précautions sont prises pour limiter les risques mais des problèmes peuvent toujours arriver. Nous ne listons ici que les plus fréquents ou les plus graves, liés spécifiquement à cette intervention.

Pendant l’intervention

Les vaisseaux sanguins et les nerfs passant près de la hanche peuvent être blessés accidentellement avec pour éventuelle conséquence des saignements (hématome) et un risque de paralysie ou de perte de sensibilité de certaines parties de la jambe. Cela reste exceptionnel et on ne peut s’en apercevoir qu’après l’opération.

Une transfusion est très exceptionnellement nécessaire. Le bassin ou le fémur peuvent casser (fracture) pendant l’opération et il peut alors être nécessaire de les réparer en même temps que la mise en place de la prothèse.

Après l’intervention

Il est très rare que la zone opérée soit colonisée par les microbes (infection) mais c’est grave et cela peut nécessiter d’enlever la prothèse avant de la reposer, après un traitement visant à éliminer ces microbes (antibiothérapie). Pour limiter ce risque, il ne faut pas être porteur de microbes dans le sang avant, pendant et après l’opération car ces microbes peuvent se déposer sur la prothèse. Le moindre problème d’infection des dents, de la peau, des urines, des poumons, des intestins nécessitera la mise en place d’un traitement antibiotique de quelques jours.

Le risque de phlébite (caillot dans les veines) est important. Ce caillot peut exceptionnellement se coincer au niveau des poumons (embolie pulmonaire). C’est pourquoi un traitement pour fluidifier le sang (anticoagulant) et des bas de contention vous seront prescrits.

Pendant les premiers mois, le principal risque est le déboitement des 2 parties de la prothèse (luxation). C’est pour cela qu’il faut apprendre à éviter certains mouvements qui vous seront expliqués par le kinésithérapeute et le chirurgien. Avec le temps, la prothèse peut tenir moins bien dans l’os (descellement). Il faut alors remplacer le matériel.

En fonction de votre état de santé et de votre âge, vous êtes plus ou moins exposé à l’un ou l’autre de ces risques.