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Prothèses péniennes (implants péniens)

Il s’agit de cylindres rigides ou gonflables que l’on introduit chirurgicalement dans les corps caverneux (corps érectiles permettant normalement l’érection) afin de donner au patient souffrant d’impuissance la possibilité d’avoir un rapport sexuel.

Il existe deux types de prothèses péniennes :

  • les prothèses gonflables qui, grâce à une pompe actionnable manuellement,  permettent d’obtenir un état de repos (état flaccide ou « molle »)  et un état d’érection (rigide) assez proche du fonctionnement naturel du pénis.
  • les prothèses dites semi-rigides : la verge reste toujours en érection, ce qui la rend plus simple d’utilisation, mais moins naturelle.

Il s’agit d’une opération prise en charge par la sécurité sociale. 

Ce traitement s’adresse à des patients souffrant de troubles érectiles, après échec ou intolérance des autres traitements utilisés pour traiter les problèmes d’érection, comme les médicaments oraux (IPDE5 : Cialis, Spedra, Viagra, Levitra…), les injections intra-caverneuses de prostaglandine (Edex, Caverject), la prostaglandine en crème (Vitaros)  ou le système de pompe à vide (vacuum).

La décision de mettre en place une prothèse pénienne nécessite un délai de réflexion de quelques semaines à plusieurs mois après la première consultation avec l’urologue. Si le patient le désire, il sera systématiquement proposé à la (le) partenaire de participer aux consultations. Cette présence est souhaitable afin de faciliter l’utilisation future et l’acceptation de la prothèse dans le couple.

L’intervention consiste à positionner, à l’intérieur de la verge, deux tubes en silicone qui vont permettre de la rigidifier suffisamment pour rendre possible un rapport sexuel.

L’opération se déroule sous anesthésie locorégionale ou anesthésie totale. Après avoir pratiqué une incision, le plus souvent à la base de la verge, le chirurgien urologue insère un cylindre de silicone dans chacun des deux corps caverneux.  

Dans le cas d’une prothèse gonflable, l’urologue doit également :

  • positionner (sous les muscles du ventre) un réservoir contenant le liquide (sérum physiologique) qui va remplir les cylindres et donc faire durcir la verge.
  • placer (entre les testicules et sous la peau des bourses) la pompe qui permettra de faire fonctionner la prothèse en injectant le liquide dans les cylindres.

A la fin de l’intervention, l’incision est refermée et une sonde urinaire est mise en place pendant 12 à 48 heures.

Il s’agit d’une opération bien maîtrisée, dont la durée varie entre une et deux heures. Le temps d’hospitalisation habituel est de un à trois jours ;  deux à trois semaines d’arrêt de travail sont requises après cette chirurgie.

Délai avant utilisation de l’implant pénien

Après la pose de la prothèse, il convient d’attendre six semaines en moyenne avant de pouvoir l’utiliser et d’avoir des rapports sexuels. Dans le cas d’une prothèse gonflable, un apprentissage pour la manipulation de la pompe est dispensé au patient en consultation.

Durée de vie de la prothèse

Une prothèse pénienne fonctionne en moyenne pendant 10 à 20 ans, même si dans un certain nombre de cas elle peut tomber en panne plus tôt. Un remplacement sera alors proposé et réalisé au cours d’une nouvelle intervention chirurgicale.

Un orgasme reste-t-il possible  avec une prothèse ?

Oui car la sensibilité du gland est conservée, ainsi que les voies du plaisir et de l’orgasme. L’éjaculation sera conservée si elle était présente avant l’intervention. Le taux de satisfaction des patients et de leurs partenaires varie entre 80 à 90%.

Quelle est la taille de la verge après la pose de prothèse ?

Dans la majorité des cas, la taille de verge reste identique à la longueur pré-opératoire, mais une perte de 0,5 à 1cm est parfois observée lorsque les corps caverneux ont perdu en élasticité.

Lors du gonflage de la prothèse, le gland n’est pas en érection. L’aspect de la verge en érection n’est donc pas totalement identique à celui d’avant.

Puis-je avoir une vie normale avec ma prothèse ?

Tous les examens médicaux peuvent être passés avec les prothèses posées actuellement (IRM, Scanner, fibroscopie vésicale).

Les portiques de sécurité présents notamment dans les aéroports ne sonnent pas chez les patients porteurs d’une prothèse.

Tous les sports peuvent être pratiqués y compris le vélo, l’équitation, la moto…

L’immense majorité des patients oublie la présence de la prothèse dans la vie de tous les jours.

Risques opératoires

Les risques pendant l’opération sont faibles. Après l’intervention, un hématome des bourses et de la verge est parfois présent.

Le patient peut traverser une phase douloureuse pendant 15 jours à un mois, ce qui peut réduire un peu ses activités quotidiennes ; ces douleurs sont en général facilement calmées par les antidouleurs simples.

Le risque principal est celui de l’infection de la prothèse, qui nécessite alors son ablation. Le risque infectieux est cependant inférieur à 2% avec des équipes expérimentées.

Complications à long terme

  • Une panne mécanique, un dysfonctionnement du matériel.
  • Une érosion des corps caverneux et/ou de la peau.
  • Une déformation d’une partie de la verge ou du gland.

Ces complications sont rares et une nouvelle intervention chirurgicale est parfois nécessaire.