Immersion dans le centre des grands brûlés de l'hôpital Edouard Herriot à Lyon
Chaque année, 800 à 1 000 patients sont pris en charge au centre des grands brûlés de Lyon. Comment prend-on en charge ces grands brûlés quand 20 % de leur surface corporelle est atteinte ? Autogreffe, rééducation, innovation médicale… France 3 a suivi les équipes de l'hôpital Edouard Herriot qui œuvrent pour reconstruire des vies.
Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité.
Reportage ©France 3 Rhône-Alpes du 12/13 du 10 mars 2026
Journalistes : Sylvie Cozzolino et Amandine Poncet
Montage : William Vadon
Intervenants
- Emilie Rosso, France 3
- Sylvie Cozzolino, France 3
- Christine, infirmière
- Dr Olivier Martin, responsable unité fonctionnelle grands brûlés hôpital Edouard Herriot Lyon
- Isaline, kinésithérapeute
- Alexia Toha, psychologue
- Dr Céline Auxenfans, responsable de la plateforme de bio production Artémis
Transcription
(00:00) Emilie Rosso - Ce reportage rare. À présent, exceptionnellement, une de nos équipes a donc pu se rendre au centre des grands brûlés de l'hôpital Édouard Herriot de Lyon, un centre qui accueillait encore il y a quelques semaines des victimes du drame de Crans-Montana en Suisse. Alors, comment prendre en charge ces grands brûlés ? Quel est le quotidien de ce service ? Sylvie Cozzolino et Amandine Poncet y sont allées.
Attention, certaines images peuvent choquer.
(00:25) Sylvie Cozzolino - Ce patient n'a pas eu de chance. Un retour de flamme avec des produits inflammables qui s'embrasent. Il est très grièvement brûlé et ses poumons sont atteints. Chaque jour, plusieurs infirmières sont nécessaires pour refaire ses pansements.
(00:40) Christine - Sur la phase de recouvrement du pansement, on a d'abord découpé, ensuite on a lavé. Et là, on est en train de recouvrir le patient avec de la Jelonet qui est un corps gras et de la bétadine en pommade antiseptique. Donc, en fait, on recouvre toutes les parties du patient. Ensuite, on mettra des compresses et après, on mettra les bandes.
(01:00) Dr Olivier Martin - Le principal travail, ça va être d'assurer la couverture des brûlures. La couverture des brûlures, ça veut dire qu'on va enlever la peau brûlée chirurgicalement et on va recouvrir la peau. Alors, l'idéal, l'objectif final, c'est de faire ce qu'on appelle de l'autogreffe, c'est-à-dire qu'on va prélever de la peau saine, un endroit qui n'est pas brûlé, et on va recouvrir les zones qui ont été excisées, c'est-à-dire qu'on a enlevé les brûlures. On va les recouvrir avec cette peau saine.
(01:26) Sylvie Cozzolino - Pour ce patient, comme pour les grands brûlés, la guérison prendra des mois. Entre 10 et 30 opérations chirurgicales seront nécessaires et la rééducation sera longue et douloureuse.
(01:38) Isaline - On vient fermer, tac, tac, tac. La brûlure, elle évolue pendant deux ans, donc c'est vraiment une rééducation intensive. Si on a un coude, on a une épaule, il va également falloir travailler toutes les articulations pour justement permettre la fonctionnalité, pour ne pas perdre en amplitude.
C'est très douloureux pour les patients, donc il faut vraiment qu'ils soient très coopérants aussi.
(01:58) Sylvie Cozzolino - Un patient entre dans la catégorie des grands brûlés quand 20 % de sa surface corporelle est atteinte. Chaque année, 800 à 1 000 brûlés sont pris en charge dans ce service.
Un quart sont des enfants. Pour tous, le traumatisme est immense. Alexia les aide à surmonter la douleur du quotidien et la peur du lendemain.
(02:18) Alexia Toha - La brûlure, c'est encore plus particulier que d'autres services parce que c'est vrai qu'il y a cette dimension de douleur qui est extrême et qui est très, très difficile et qui est vraiment très désorganisatrice pour le corps comme pour la pensée du patient. On peut avoir du stress post-traumatique, on peut avoir de l'anxiété, on peut faire des cauchemars, on peut avoir de l'hypervigilance. Mais aussi, après coup, on peut avoir de grosses, grosses douleurs.
(02:44) Sylvie Cozzolino - Aux Hospices Civils de Lyon, il existe un service unique en France, la banque de tissus et de cellules. Ici, on recrée de l'épiderme cette barrière indispensable à la vie humaine.
(02:55) Dr Céline Auxenfans - On prend une biopsie, un petit prélèvement de peau chez les grands brûlés, brûlés à plus de 70 % de leur surface corporelle. Et on va extraire les cellules de l'épiderme qu'on va multiplier, proliférer afin qu'elles puissent être regreffées chez le patient. Le but, c'est de refaire la fonction barrière de la peau.
(03:14) Sylvie Cozzolino - Dans ce service hospitalier, les soignants s'efforcent de reconstituer au quotidien des corps et des vies, dévastées le plus souvent par accident.
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