Bienvenue dans les urgences flambant neuves de l’hôpital Édouard Herriot

Le pavillon N métamorphosé, au service de la qualité d’accueil des patients ! Sa modernisation aura mobilisé près de 100 entreprises du bâtiment, plusieurs centaines de professionnels des HCL, ainsi que de nombreux patients et aidants partenaires.

C’est une étape supplémentaire, structurelle et symbolique, du grand projet de modernisation de l’hôpital Edouard Herriot, lancé en 2013. Depuis le vendredi 20 octobre 2023, les urgences médicales, chirurgicales, traumatologiques et psychiatriques sont réunies au sein d’un seul bâtiment, le pavillon N, intégralement rénové.

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Entrée du Pavillon N de l'hôpital Edouard Herriot

Une démarche partenariale

La restauration du pavillon N marque aussi la concrétisation des changements de l’organisation hospitalière aux urgences. Premier d’entre eux : l’équipe du service médical d’accueil (chirurgie et traumatologie) du pavillon A et celle du service d’accueil aux urgences du pavillon G (médecine et psychiatrie) sont désormais réunies dans un unique pavillon. Cette réunion des deux services marque l’aboutissement d’un programme de modernisation débuté en 2013.

Cet investissement est aussi celui des patients qui ont participé aux rencontres organisées par l’hôpital au cours des trois dernières années. Les échanges et l’écoute entre professionnels, patients et aidants, ont donné lieu à des améliorations dans le parcours de soin aux urgences.

Aziz ABERKANE, patient partenaire : « Les locaux sont spacieux. Il y a un guichet d'accueil spécifiquement adapté à la réception des personnes en fauteuil roulant. »

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Box des admissions du Pavillon N

 

Les avancées constatées au pavillon G ne pourront que perdurer, voire se développer pour certaines, dans le pavillon flambant neuf. Cette organisation conçue en partenariat avec les patients a également permis de redonner du sens à une activité soumise aux aléas inhérents à l’urgence.

Des espaces et des temps optimisés

« Les filières ont été revues ainsi que le parcours du patient », explique Caroline Dénériaz, cadre de santé, avec la volonté que le patient passe le moins de temps possible aux urgences. « Les filières ont été revues pour mieux se repérer avec des codes couleurs », souligne Aziz Aberkane.

Dès son arrivée, le patient voit un infirmier organisateur de l’accueil (1) (IOA) qui va l’orienter vers telle ou telle filière. Deux IOA sont prévus : l’un pour les patients qui se présentent d’eux-mêmes aux urgences, l’autre pour les patients qui arrivent via un véhicule sanitaire (pompiers, ambulances, Samu).

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Entrée spécifique dédiée aux véhicules sanitaires

 

« Le fait d’avoir deux points d’orientation nous permet de prendre en charge les patients plus rapidement et donc de réduire les temps d’attente », soutient la cadre de santé.

Par exemple, une personne arrivée par elle-même aux urgences mais victime d’un infarctus et une autre transportée en véhicule sanitaire qui présente une blessure moins grave ne seront pas dans la même file d’attente.

Le parcours de soin aux urgences soigne aussi la sortie ! Un espace organisé en “salon de sortie” dans une aile du pavillon, adossé à un secrétariat de sortie, permet d’optimiser la transition vers l’aval.

« Une aide-soignante sera présente à la sortie pour accompagner les patients et s'assurer qu'ils repartent bien avec toutes leurs affaires (vêtements, documents administratifs, etc.). » souligne le patient partenaire.

Les nouvelles urgences fonctionnent sur le principe de marche en avant qui évite tout brancard dans les couloirs, avec un accueil intimiste, favorisant l’apaisement et un parcours de soin qui tempère fortement l’effet d’encombrement. La prise en charge dans les boxes de surveillance a vu grand avec pas moins de 51 places aménagées dans les nouveaux espaces de consultation.

Aujourd’hui, les urgences accueillent plus de 70 000 patients à l’année. Demain, on en prévoit jusqu’à 90 000.

Pour les patients âgés, une organisation adaptée

Aux urgences, les patients âgés sont particulièrement vulnérables. Plus de la moitié des 75 ans et plus ayant eu recours aux urgences sont hospitalisés en aval. Or, pour eux, plus le délai de prise en charge s’allonge, plus le risque de perte d’autonomie s’aggrave.

Depuis 2021, la Cellule d’urgence parcours personnes âgées (Cuppa) a amélioré le parcours de soin des plus de 75 ans dès leur arrivée aux urgences. Cette organisation, lancée à Lyon Sud, continue à se déployer à N en lien avec les assistants sociaux.
Repérage des personnes âgées fragiles, accueil individualisé du patient et de sa famille, réduction des hospitalisations inappropriées et des nouveaux passages aux urgences, orientation du patient dans la filière gériatrique si nécessaire, cette prise en charge assurée par deux infirmiers et un médecin, est complémentaire de celle de l’équipe des urgences.

Les moins de 75 ans n’ont pas été oubliés pour autant avec de nouveaux dispositifs adaptés et des équipes formées par l’équipe mobile de gériatrie du groupement hospitalier Centre. De même, les personnes en situation de handicap apprécieront l’accessibilité, la signalétique, les espaces et le matériel qui facilitent leur accueil et leur parcours de soin.

« Cet accompagnement spécifique, dans le cadre de la signature de la charte Romain Jacob, permet d’accueillir dans les meilleures conditions les personnes en situation de handicap et leur entourage », relève Jean-Luc Pitaval, cadre supérieur de santé.

Tout a été imaginé pour le confort des patients comme celui des équipes qui font vivre les urgences. Le bâtiment, réparti sur quatre niveaux, est lumineux et accueillant. Le pavillon N permettra de mieux prendre en compte l’aidant et de l’intégrer dès la prise en charge par l’infirmier d’orientation et d’accueil.

D’autres équipements, comme une signalétique et des ascenseurs adaptés sont déjà en place. L’aménagement des locaux pourra continuer d’évoluer : les patients et associations de patients vivant avec un handicap ont été conviés à une visite du pavillon avant l’ouverture du service et seront invités à présenter leurs propositions d’axes d’amélioration.

« Lors de la visite du pavillon N, nous avons pu visualiser les propositions d'amélioration résultant des réflexions menées depuis un an lors des ateliers organisés conjointement avec des patients adultes vivant avec un handicap, des aidants, des représentants des usagers, des représentants d'associations, des professionnels de santé et des professionnels d'établissements médicaux sociaux. » explique Marie-Claude, patiente partenaire aux HCL.

La sécurité du pavillon N a, elle aussi, été renforcée avec la présence 24 heures sur 24 à l’entrée du pavillon d’un agent de sécurité et de cinquante caméras de vidéosurveillance à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment.

 


 (1) Voir vidéo Parlons Santé ! #17, juin 2021 « Pourquoi attend-on aux urgences ? »

 

Dernière mise à jour le : mer 24/01/2024 - 11:12
Blocs libres

Découvrez l'album photos du déménagement des urgences au Pavillon N sur la page Facebook de l'hôpital Edouard Herriot.

Restauration patrimoniale : un chantier historique
Pas moins de 3 000 m2 de surface ont été déconstruits. Le bâti actuel s’étend désormais sur 5 500 m2 répartis sur quatre niveaux, « les deux niveaux principaux représentant près de 4 000 m² », précise Lorianne Saincet, technicienne supérieure hospitalière, qui a conduit les travaux aux côtés de Stéphane Biron, ingénieur hospitalier, tous deux rattachés à la direction des affaires techniques. C’est à la demande de l’architecte des bâtiments de France que le pavillon N a été rénové dans le respect du site protégé au titre des monuments historiques. Pour cela, il a fallu désamianter, déplomber, faire réapparaître la structure brute du bâti, tout en veillant à ce que la poussière des travaux ne retombe pas sur les pavillons en activité autour du chantier. Les quelque 6 000 m2 de façade ont été restaurés, ainsi que les 330 menuiseries en bois peint des fenêtres, au plus près de la teinte d’origine. « Et les appuis des fenêtres ont été restaurés avec de la pierre taillée », précise-t-elle. De même, les pierres d’angle de la façade ont été rénovées dans l’objectif de conserver le bâti ancien quand c’était possible ou sinon de le remplacer à l’identique.