Maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD)

Résumé
La maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) est une atteinte du foie liée à une accumulation de graisse. Souvent silencieuse, elle peut évoluer vers une inflammation hépatique (MASH), une fibrose, une cirrhose ou un cancer du foie si elle n'est pas dépistée et prise en charge précocement.

Qu'est-ce que la MASLD ?

La maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD), anciennement appelée « maladie du foie gras » ou « maladie du soda », est reconnue comme l’une des causes les plus répandues de maladie hépatique chronique dans le monde. Sa prévalence dans la population générale est estimée entre 18 et 25 %. Elle correspond à un excès d'accumulation de gouttelettes de graisse (lipides) dans les cellules du foie, en dehors de toute consommation excessive d'alcool.

Dans la plupart des cas, la maladie (stéatose hépatique simple) est bénigne et non évolutive, annonçant cependant la présence d'un syndrome métabolique et potentiellement un risque cardiovasculaire accru.
Dans un tiers des cas, la maladie évolue : on parle alors de stéatose hépatite métabolique ou MASH, qui est caractérisée par une inflammation du foie, une souffrance des hépatocytes (ballonisation) et une accumulation progressive de cicatrices (fibrose hépatique) pouvant aller jusqu'à la cirrhose, le carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) et la défaillance hépatique, pour laquelle le seul traitement est la transplantation (qui représente 10 % des cas).

Quels sont les facteurs de risque ?

La maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) est associée à plusieurs maladies ou facteurs métaboliques. Le risque de développer une MASH est ainsi plus élevé chez les personnes présentant :

Des habitudes de vie, comme une alimentation trop riche en sucres et en graisses et le manque d'activité physique, favorisent également son développement.

Quels sont les symptômes ?

La maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) évolue le plus souvent silencieusement. En l'absence de symptômes, la maladie est fréquemment découverte lors d'un bilan sanguin ou d'une échographie réalisée pour une autre raison.

Les premiers signes apparaissent généralement à un stade très avancé, lorsque les fonctions du foie sont déjà très sévèrement altérées et qu’il ne parvient plus à assurer correctement ses fonctions. On parle alors de cirrhose décompensée. Les principaux symptômes peuvent être :

  • un gonflement du ventre (ascite), associé à un gonflement des jambes ou des chevilles (œdèmes),
  • des vomissements de sang ou des selles noires, qui traduisent une hémorragie digestive,
  • une augmentation du volume de la rate (splénomégalie), parfois associée à une diminution des plaquettes dans le sang, conséquence d'une pression trop élevée dans les vaisseaux qui irriguent le foie (hypertension portale),
  • une jaunisse (ictère), correspondant à une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux, liée à une mauvaise élimination de la bilirubine par le foie,
  • une fatigue intense, une perte d'appétit, un amaigrissement ou une fonte musculaire, témoignant d'une altération importante de la fonction hépatique,
  • des troubles de la concentration, de la mémoire, une somnolence inhabituelle ou une confusion, liés à l'accumulation de substances toxiques normalement éliminées par le foie (encéphalopathie hépatique).

L'apparition de ces symptômes signifie que la maladie est à un stade très sévère et nécessite une prise en charge rapide par une équipe spécialisée. C'est pourquoi il est essentiel de dépister la MASLD avant l'apparition de ces complications, afin de mettre en place un traitement et des mesures de prévention le plus précocement possible.

Comment prévenir la maladie ?

Le dépistage permet d'identifier les patients présentant une fibrose hépatique avant l'apparition de complications. Il est particulièrement recommandé chez les personnes à risque, notamment celles atteintes de diabète de type 2, de surpoids ou d'obésité.

Une bonne hygiène de vie constitue le meilleur moyen de prévenir la maladie. Il est recommandé de :

  • pratiquer une activité physique régulière,
  • adopter une alimentation variée et équilibrée,
  • limiter les boissons sucrées et les aliments ultra-transformés,
  • maintenir un poids adapté,
  • bénéficier d'un suivi médical en présence de diabète, de surpoids ou d'obésité.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur plusieurs examens permettant d'évaluer la présence de graisse dans le foie afin de rechercher une éventuelle fibrose.

Le médecin peut prescrire :

  • un bilan sanguin avec calcul de scores de fibrose,
  • une échographie abdominale pour rechercher un foie graisseux,
  • si nécessaire, une mesure de l'élasticité du foie (FibroScan®).

Quels sont les traitements ?

La prise en charge en particulier des formes peu sévères repose avant tout sur la correction des facteurs de risque métaboliques. Elle associe :

  • une alimentation équilibrée,
  • une activité physique régulière,
  • une perte de poids lorsque cela est nécessaire,
  • une prise en charge du diabète, de l'hypertension artérielle et des anomalies du cholestérol.

Une perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel peut permettre de réduire l'inflammation du foie et même de faire régresser la fibrose chez certains patients.

Depuis 2026, Resmétirom est le premier traitement efficace pour soigner la MASH fibrosante est disponible en France dans le cadre d’un accès précoce indiqué pour les patients atteints avec fibrose avancée stade F3 sans cirrhose.
D’autres traitements sont en cours d’évaluation pour le traitement de la MASH avec atteinte fibrosante et viendront enrichir les stratégies de prise en charge.

 

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