Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)

Résumé
Les MICI sont des maladies inflammatoires chroniques du tube digestif dont la cause n’est pas connue incluant la maladie de Crohn ainsi que la rectocolite hémorragique (RCH).

Qu'est-ce que sont les MICI ?

Les MICI sont des maladies inflammatoires chroniques du tube digestif dont la cause n’est pas connue, résultant d'une interaction complexe entre prédisposition génétique, facteurs environnementaux, microbiote intestinal et dysfonctionnement du système immunitaire.

  • La maladie de Crohn peut atteindre l'ensemble du tube digestif, de la bouche à l'anus.
  • La rectocolite hémorragique (RCH) touche exclusivement le rectum et le côlon.

Les MICI concernent environ 300 000 personnes en France et leur incidence est en augmentation, notamment chez les jeunes adultes. Le diagnostic est le plus souvent posé entre 15 et 35 ans, mais peut survenir à tout âge.

Pronostic et risques

  • Évolution par poussées et périodes de rémission.
  • Altération majeure de la qualité de vie.
  • Risque de complications digestives : sténoses, fistules, abcès, perforations, hémorragies.
  • Risque accru de cancer colorectal en cas d'atteinte colique ancienne et étendue.
  • Manifestations extra-digestives possibles : articulaires, cutanées, oculaires, hépato-biliaires.
  • Grâce aux traitements actuels, la plupart des patients peuvent maintenir une vie personnelle, sociale et professionnelle satisfaisante.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes varient selon le type de MICI, la localisation et l'activité de la maladie.

Symptômes digestifs

Ils sont variables selon la maladie, sa sévérité et sa localisation sur le tube digestif :

  • diarrhée chronique
  • douleurs abdominales
  • sang dans les selles
  • urgences défécatoires
  • amaigrissement
  • perte d'appétit
  • fatigue importante

Manifestations extra-digestives

  • douleurs articulaires
  • atteintes cutanées (érythème noueux, pyoderma gangrenosum)
  • atteintes oculaires (uvéite)
  • atteintes hépatiques ou biliaires

Diagnostic : comment est-il réalisé ?

Le diagnostic repose sur un ensemble d'arguments cliniques, biologiques, endoscopiques, histologiques et radiologiques.

1. Entretien médical

  • Recherche d'antécédents familiaux de MICI et consommation de tabac
  • Analyse des symptômes digestifs
  • Évaluation de l'impact sur la qualité de vie

2. Examen clinique

  • Examen abdominal
  • Évaluation de l'état nutritionnel et poids
  • Recherche de manifestations extra-digestives

3. Examens biologiques

  • Marqueur inflammatoire (CRP)
  • Numération formule sanguine (anémie, hyperleucocytose)
  • Recherche carence martiale
  • Bilan nutritionnel
  • Calprotectine fécale (marqueur d'inflammation intestinale)

4. Endoscopie digestive

  • Iléo-coloscopie avec biopsies : examen de référence permettant de visualiser les lésions et de confirmer le diagnostic histologique.

5. Imagerie

  • Entéro-IRM
  • Scanner abdominal dans certaines situations
  • Échographie intestinale
  • IRM pelvienne en cas de suspicion de maladie ano-périnéale de la maladie de Crohn

Comment se traite la pathologie ?

L'objectif du traitement est d'induire et maintenir une rémission clinique et endoscopique tout en prévenant les complications.

Traitements médicamenteux

  • Aminosalicylés dans la RCH
  • Corticothérapie orale lors des poussées
  • Immunosuppresseurs (azathioprine, mercaptopurine, méthotrexate) dans les formes modérées corticodépendantes.
  • Biothérapies (anti-TNF seuls ou associés à un immunosuppresseurs, anti-intégrines, anti-IL-12/23, anti-IL-23)
  • Petites molécules orales (inhibiteurs de JAK, modulateurs de S1P)
  • Molécules innovantes dans le cadre d’essais thérapeutiques

Mesures complémentaires

  • Support nutritionnel
  • Arrêt du tabac (particulièrement important dans la maladie de Crohn)
  • Vaccinations adaptées
  • Accompagnement psychologique et diététique si nécessaire

Chirurgie

  • Indiquée en cas de complications ou d'échec des traitements médicaux.
  • La chirurgie peut guérir les lésions de la rectocolite hémorragique après colectomie totale, mais n'est pas curative dans la maladie de Crohn.

Suivi

Le suivi est généralement assuré par un gastroentérologue en collaboration avec le médecin traitant.

Il comprend :

  • évaluation régulière des symptômes,
  • surveillance biologique (CRP, hémogramme, bilan hépatique, calprotectine fécale),
  • surveillance de la tolérance et de l'efficacité des traitements,
  • endoscopies de contrôle selon l'évolution de la maladie,
  • dépistage du cancer colorectal chez les patients à risque,
  • surveillance nutritionnelle (poids, carences en fer, vitamine B12, vitamine D),
  • et prévention des infections et mise à jour des vaccinations.

L'objectif du suivi est de maintenir une rémission prolongée, prévenir les complications et préserver la qualité de vie du patient.

Éducation thérapeutique du patient

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