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Traitement par CAR-T cells

Avec le premier patient atteint de lymphome traité en 2017 en France et plus de 100 patients traités à ce jour, le service d’hématologie de l’hôpital Lyon Sud est un service pilote dans le développement de cette nouvelle thérapeutique. Une organisation spécifique réunissant les réanimateurs, les neurologues, les pharmaciens, des infirmières de coordination, l’Etablissement Français du Sang, les médecins nucléaristes et bien d’autres acteurs a été développée pour permettre un accompagnement optimal des patients.

Le traitement par CAR-T cells révolutionne la prise en charge des lymphomes et de certaines leucémies aiguës de l'enfant. Ce traitement est appelé CAR-T cells pour : cellules T portant un Récepteur Antigénique Chimérique. Il s’agit d’un traitement extrêmement complexe nécessitant le recueil des propres lymphocytes du patient, leur congélation, leur envoi aux Etats-Unis ou en Europe (une unité de production en France sera bientôt opérationnelle) pour fabrication avant une nouvelle congélation et un retour à l’hôpital. Le patient reçoit alors ses propres cellules qui ont été génétiquement modifiées.

Les taux de réponse complète, et possiblement de guérison pour certains patients, sont extrêmement encourageants à ce jour.

Le traitement se déroule en 2 étapes.

  • Premièrement, on prélève les lymphocytes du patient au cours d’une ou plusieurs séances de prélèvements qu’on appelle leucaphérèse sur une machine spécifique. Ces cellules sont soit congelées soit envoyées à l’état frais pour être génétiquement modifiées. De façon schématique, ces cellules sont équipées d’une arme qui reconnaît spécifiquement un marqueur à la surface des cellules cancéreuses pour aller les détruire. Ce processus de transformation puis de retour jusqu’au patient dure environ 4 semaines.
  • Deuxièmement, le patient va recevoir une courte chimiothérapie sur 3 jours destinée à « faire de la place » pour accueillir dans son organisme ces lymphocytes génétiquement modifiés. Les CAR-T cells vont ensuite se multiplier et entamer leur travail de destruction des cellules cancéreuses. La période d’hospitalisation dure environ 3 semaines, au cours desquelles le patient est surveillé de façon très étroite. Il peut ensuite regagner son domicile, tout en maintenant une surveillance rapprochée par l’équipe d’hématologie.

Le traitement n’est cependant pas anodin. Il se complique dans 10 à 20 % des cas par ce qu’on appelle un syndrome de relargage cytokinique sévère (ressemblant à une infection grave) ou par des troubles neurologiques. Cependant, la gestion de ces évènements est de mieux en mieux anticipée et maîtrisée.

Les résultats de la thérapie par CAR-T cells sont évalués par une imagerie spécifique (PET scanner) à 1 mois et 3 mois, puis de façon plus espacée.