Trouble de la déglutition
Qu’est-ce qu’un trouble de la déglutition ?
La déglutition correspond au passage des aliments et des liquides de la bouche vers l’œsophage, tout en protégeant les voies respiratoires. Elle fait intervenir de nombreux muscles et mécanismes coordonnés.
On parle de trouble de la déglutition (ou dysphagie) lorsque ce mécanisme est perturbé. Les aliments ou les liquides peuvent alors « passer de travers » (fausse route) ou être difficiles à avaler. Ces troubles peuvent survenir à tout âge, mais ils sont plus fréquents :
- chez les personnes âgées (affaiblissement musculaire, sensibilité et réflexe diminués, troubles cognitifs),
- après un accident vasculaire cérébral (AVC),
- en cas de maladie neurologique (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, SLA/maladie de Charcot, maladie de Huntington, …),
- en cas de pathologies ORL (cancers ORL, diverticule de Zenker, ostéophytes cervicaux, candidoses) ou digestives (achalasie œsophagienne, reflux gastro-œsophagien, …)
- suite à des traitements pour le cancer (chirurgie, radiothérapie, …).
Leur prévalence est plus élevée chez les personnes âgées et augmente avec l’âge et le degré de fragilité : près de 15 % des personnes âgées vivant à domicile et de 30 à 60 % des personnes résidant en institution sont concernées.
Quels signes doivent alerter ?
Les troubles de la déglutition sont parfois discrets. Certains signes doivent cependant attirer l’attention :
- toux ou étouffement pendant les repas,
- sensation d’aliment bloqué dans la gorge,
- voix modifiée ou « mouillée » après avoir bu ou mangé,
- repas anormalement longs ou fatigants,
- perte de poids inexpliquée,
- infections respiratoires répétées.
En cas de doute, il est important d’en parler à son médecin traitant.
Quels sont les risques ?
Sans prise en charge adaptée, les troubles de la déglutition peuvent entraîner :
- des fausses routes alimentaires,
- des pneumopathies d’inhalation (infections pulmonaires),
- une dénutrition ou une déshydratation,
- une fatigue importante, une altération de l’état général,
- une perte de connaissance.
Au-delà des complications médicales, les troubles de la déglutition entraînent : une anxiété lors des repas, un isolement social, une perte de plaisir alimentaire et une diminution de l’autonomie.
Un repérage précoce permet de limiter ces complications.
Les bonnes pratiques au quotidien
Des mesures simples peuvent améliorer la sécurité et le confort lors des repas :
- adopter une position assise, bien droite, pendant et après le repas,
- prendre le temps de manger, dans un environnement calme (sans distraction visuelle ou auditive),
- privilégier de petites bouchées et faire des pauses entre chacune d’elles,
- adapter les textures (haché, mixé, épaissi) si nécessaire,
- éviter de parler en mangeant,
- maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire (soins de bouche, brossage de dents, fixation de l’appareil dentaire adapté),
- éviter de boire et manger en même temps,
- attendre 30 minutes après le repas avant de se coucher,
- en cas de gêne, racler et réavaler juste après. Éviter de boire pour « faire passer ».
Ces adaptations doivent être personnalisées et, si possible, encadrées par un professionnel de santé.
Une prise en charge pluridisciplinaire
En cas de troubles avérés, plusieurs examens peuvent être proposés. Ils incluent :
- un examen médical (neurologique, digestif, bucco-dentaire),
- une évaluation orthophonique (en libéral ou en milieu hospitalier),
- des examens spécifiques comme l’examen de la déglutition avec une nasofibroscopie, la vidéoradioscopie (aussi appelée radiocinéma),
- et éventuellement un bilan nutritionnel.
Cette approche coordonnée permet d’adapter l’alimentation, de proposer des exercices de rééducation orthophonique et de sécuriser les repas.
Si nécessaire, les patients peuvent bénéficier d’autres examens : consultation neurologique, consultation ORL, consultation gastroentérologique (gastroscopie, manométrie œsophagienne - exploration digestive pour objectiver l’activité des ondes péristaltiques œsophagiennes), etc.
Quand consulter ?
Toute difficulté persistante pour avaler, toute toux répétée pendant les repas ou toute perte de poids inexpliquée doivent conduire à consulter un professionnel de santé pour envisager d’autres moyens de faciliter la déglutition.
Parlez-en à votre médecin traitant : une évaluation orthophonique en libéral ou une consultation spécialisée peut être envisagée si nécessaire.
Consulter aux HCL
- Service de médecine du vieillissement - soins de suite et de réadaptation (Hôpital Lyon Sud)
- Service de médecine physique et de réadaptation neurologique (Hôpital Henry Gabrielle)
- Service de médecine du vieillissement - soins de rééducation et réadaptation - soins de longue durée (Hôpital des Charpennes)
- Service d'oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale (Hôpital de la Croix-Rousse)
- Vidéoradioscopie ou radiocinéma de déglutition - Fiche santé
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