Cancer de l'ovaire

Le cancer de l’ovaire touche environ 4700 nouvelles patientes en France par an, dont presque la moitié a plus de 70 ans au moment du diagnostic. Compte tenu de sa faible incidence, ce cancer est considéré comme une maladie rare. Dans 10% des cas, son origine est génétique et principalement en rapport avec une mutation du gène BRCA. Dans les autres cas, des facteurs de risque ont été identifiés tels que la ménopause tardive, l’infertilité ou l’absence de grossesse. Le diagnostic du cancer de l’ovaire se fait dans les trois quarts des cas à un stade avancé, ce qui veut dire que d’autres organes à proximité ou à distance de l’ovaire malade sont également touchés.

Le cancer de l’ovaire se développe lentement, de manière occulte et au début il n’y a pas de symptôme spécifique. Quand le cancer atteint une taille importante, une sensation d’inconfort, de gêne, voire de douleur localisée peuvent apparaitre. Au stade avancé peuvent s’observer une augmentation de la taille abdominale et des douleurs abdominales généralisées. Dans des cas très avancés une occlusion intestinale et des troubles respiratoires motivent une consultation rapide voire même en urgence.  

Le dépistage consiste en une recherche du cancer débutant chez une femme en bonne santé. Dans le cas du cancer de l’ovaire aucun examen de dépistage (échographie pelvienne ou marqueur tumoral CA 125) n’a fait la preuve de son efficacité. Seule une consultation gynécologique annuelle doit être observée.

Si le médecin suspecte un cancer de l’ovaire, il examine la patiente et demande habituellement des examens complémentaires. Souvent une échographie est demandée en premier et si celle-ci confirme la présence d’une masse ovarienne atypique, un scanner complètera l’investigation pour déterminer sa taille, sa  localisation et son extension. Une prise de sang évaluera le taux des marqueurs de tumeur maligne (principalement marqueurs CA 125, mais aussi CA 19.9, ACE)

Il est important que lors d’une suspicion d’un cancer de l’ovaire, une coelioscopie (exploration du ventre avec une caméra) soit réalisée dans un centre ayant l’habitude de soigner des patientes pour cette pathologie. 

La prise en charge et le traitement du cancer de l’ovaire relève d’une équipe multidisciplinaire ayant l’expertise dans ce domaine puisque il s’agit d’une maladie rare. Le choix de la meilleure stratégie de traitement doit être validé lors d’une réunion de concertation entre les médecins gynécologues chirurgiens, chimiothérapeutes, radiologues et anatomopathologistes (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire).
 
Le traitement repose dans la majorité des cas sur la chirurgie et la  chimiothérapie administrée par voie intra veineuse. Comme le cancer de l’ovaire est souvent découvert à un stade avancé l’intervention chirurgicale doit être pratiquée par des équipes entrainées qui maitrisent les techniques de chirurgie gynécologique et viscérale et dans un centre spécialisé qui dispose d’un service de soins intensifs.
 
Dans des cas particulièrement sélectionnés une chimiothérapie intrapéritonéale par hyperthermie (CHIP) peut être proposée conformément aux recommandations en vigueur. Cette arme thérapeutique supplémentaire aide à détruire de manière plus complète les cellules cancéreuses. La chimiothérapie pour le cancer de l’ovaire est en général bien tolérée et peut être administrée en hospitalisation de jour (perfusion de quelques heures seulement). S’y associe souvent une thérapie ciblée, c’est-à-dire un médicament ciblant une particularité moléculaire du cancer pour le détruire plus efficacement. Les centres experts proposent aussi des traitements innovants à tous les stades de la maladie dans le cadre d’essais cliniques. Une inclusion dans un essai peut être une réelle chance pour des patientes qui souhaitent y participer. 

La patiente ayant été traitée pour un cancer de l’ovaire sera surveillée  régulièrement à la fois par son chirurgien et son oncologue médical.). A la moindre anomalie lors de la consultation de suivi, le médecin peut demander des examens complémentaires (scanner Pet-scanner…).  Cette surveillance est de rigueur pendant les 5 premières années avant qu’un calendrier de surveillance allégé soit proposé. En cas de récidive, des stratégies incluant la chirurgie, la chimiothérapie ou des traitements innovants peuvent être à nouveau envisagés.

Hôpital Lyon Sud :
Hôpital de la Croix-Rousse :
Hôpital Femme Mère Enfant :