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Cancer du poumon (cancer bronchique)

Un cancer est lié à un dérèglement de certaines cellules de l’organisme. Les cellules deviennent anormales et grossissent de façon anarchique dans l’organisme. La majorité de ces cancers du poumon sont en réalité des cancers des bronches.

On distingue deux grands types de cancers bronchiques « les cancers à petites cellules » et « les cancers non à petites cellules » (comprenant essentiellement les adénocarcinomes (dérivés des cellules glandulaires des bronches) et les carcinomes épidermoïdes (dérivés des cellules de la surface des bronches)). Ces tumeurs sont traitées par des stratégies et des médicaments différents. On définit également les cancers du poumon en fonction de la présence ou l’absence de certaines anomalies : les mutations et altérations de l’ADN (mutations EGFR, BRAF, réarrangement ALK), ou la présence de certaines protéines sur la surface des cellules. Ces éléments sont importants pour guider le traitement.

Avec près de 45 000 nouveaux cas en 2015, le cancer bronchique est le deuxième cancer le plus fréquent chez l’homme et le 3ème chez la femme. Il s’agit par contre de la première cause de mortalité par cancer chez en France avec 30 000 décès.

Le tabagisme (actif et passif) reste actuellement le premier facteur de risque de ces cancers. La durée du tabagisme compte plus que la quantité fumée. Il n’est donc jamais trop tard pour arrêter le tabac.

Le tabac n’est pas la seule cause. L’exposition à des agents cancérogènes dans le milieu professionnel est également un facteur de risque (amiante, mais aussi silice, diesel, hydrocarbures aromatiques polycycliques, nickel, chrome, radiations ionisantes, etc..). Le tabagisme passif joue un rôle de même que l’irradiation provenant du sol (radon). Il a été également démontré que l’inhalation des particules fines composant la pollution atmosphérique était cancérigène.

Enfin 20% des patients qui présentent un cancer bronchique n’ont jamais fumé. La cause en est inconnue actuellement, mais la particularité est que ce cancer des non-fumeurs atteint avant tout les femmes.

Une toux traînante, des crachats de sang, des infections pulmonaires, un essoufflement, des douleurs thoraciques localisées, une fièvre prolongée, un amaigrissement ou une fatigue anormale sont autant de signes pouvant révéler un cancer des bronches, particulièrement chez des fumeurs.
Des signes à distance du thorax peuvent être aussi révélateurs d’un cancer bronchique en cas d’extension du cancer : douleur dans les os, crise « d’épilepsie », etc.

L’imagerie est indispensable : scanner souvent « complet » (crane, thorax, abdomen et pelvis), TEP-Scan (avec injection d’une faible quantité de sucre marqué avec une substance radioactive) qui permet d’explorer les images vues au scanner. Une IRM cérébrale pourra aussi être réalisée.

Les biopsies : pour affirmer le diagnostic de cancer, il faut faire une biopsie (c’est à dire enlever un petit morceau de la tumeur) pour une analyse au microscope. Ce prélèvement de tissu se fait généralement par endoscopie ou par une ponction sous scanner (aprèsune anesthésie locale de la peau, une aiguille est dirigée sous scanner jusque dans la tâche du poumon, permettant ainsi un prélèvement de la tâche). Parfois, il faudra réaliser une chirurgie pour faire ce prélèvement : biopsie d’un ganglion ou d’une masse au niveau pulmonaire.

Il n’est actuellement pas possible de faire le diagnostic du cancer par une prise de sang. Néanmoins, les biopsies liquides sont particulièrement développées dans les cancers du poumon. Elles peuvent aider au diagnostic de certains cancers et permettre d’adapter et de personnaliser le traitement.

Le bilan permet de déterminer un stade de la maladie, en tenant compte de la taille et de la localisation de la tumeur (« T »), de l’existence et de la localisation de ganglions (« N ») et l’existence ou non de « métastases » qui sont des extensions à distance de la tumeur du poumon (le « M »).

Un bilan complet sera aussi à faire avec un bilan biologique (fonction des reins, du foie, de la moelle sanguine..), une exploration fonctionnelle respiratoire, (c’est à dire votre capacité de souffle) et une exploration possible du cœur et des vaisseaux.

Le traitement dépendra des résultats de la biopsie, du stade de la maladie, du bilan général et de votre état de santé.

La chirurgie : le geste habituellement réalisé est une lobectomie (ablation d’un des 5 lobes du poumon) associée à un curage ganglionnaire (ablation des ganglions du médiastin, la zone entre les deux poumons). Dans tous les cas, il est soigneusement vérifié que votre fonction respiratoire après la chirurgie sera suffisante pour mener une vie normale. Cette chirurgie est parfois précédée ou suivie de chimiothérapie et plus rarement de radiothérapie.

La radiothérapie : c’est l’utilisation de rayons à haute énergie (comme les rayons X par exemple ; parfois d’autres types), pour détruire les cellules cancéreuses. La radiothérapie nécessite de cibler et localiser précisément le cancer pour délivrer des doses élevées de rayons sur les cellules cancéreuses, en protégeant les organes autour. Pendant le temps de ce traitement, les patients sont particulièrement surveillés par les spécialistes de ce traitement : les radiothérapeutes. Outre la tumeur primitive, la radiothérapie pourra être utilisée pour traiter des métastases, notamment aux os ou au cerveau.

Les traitements médicaux

La chimiothérapie : consiste à utiliser de médicaments pour détruire les cellules cancéreuses. La plupart des médicaments que nous utilisons en cancérologie thoracique sont sous forme intra veineuse (perfusion). Les patients viennent toutes les 1, 2 ou 3 semaines, le plus souvent lors d’une séance courte en hôpital de jour (lire la fiche "Chimiothérapie des cancers du poumon").

Les traitements ciblés : ces médicaments ciblent une anomalie de la cellule tumorale ou de son environnement, pour empêcher les cellules cancéreuses de se reproduire. Un certain nombre d’altération moléculaires ont été découvertes les principales : EGFR, ALK, ROS1, BRAF, peuvent ainsi être traités par des comprimés. Ces médicaments sont à prendre en permanence et ont des effets secondaires radicalement différents de la chimiothérapie classique. Chaque médicament a ses effets secondaires, généralement modérés et faciles à contrôler.

L’immunothérapie : c’est une nouvelle voie thérapeutique en plein développement. Ce sont des perfusions administrées par voie intra veineuse toutes les 2 ou 3 semaines. Ces médicaments permettent de stimuler les défenses immunitaires de l’organisme et de révéler les cellules cancéreuses qui deviennent ainsi « reconnaissables » comme cellules étrangères par le malade. Les toxicités de ces produits sont très différentes de celles des chimiothérapies et des traitements ciblés, beaucoup moins fréquentes et correspondent à des inflammations de certains organes. La surveillance clinique et biologique régulière permet de dépister très tôt ces effets secondaires et d’apporter le traitement correctif efficace (lire la fiche "Immunothérapie des cancers du poumon").

La stratégie du traitement des cancers bronchiques

Stade localisé : la chirurgie reste le traitement de référence, éventuellement précédée ou suivie par une chimiothérapie. En cas d’impossibilité de chirurgie pour des raisons non liées au cancer, une radiothérapie sera réalisée.

Stade localement avancé : c’est à dire avec atteinte du médiastin (région entre les deux poumons) une association de chimiothérapie et de radiothérapie sera réalisée, soit l’une après l’autre, soit les deux en même temps.

Stade disséminé : c’est à dire avec une extension à distance du cancer (métastases). Le traitement est avant tout médical, à base de chimiothérapie, ou de thérapeutique ciblées ou d’immunothérapie. C’est l’étude sur les cellules tumorales prélevées lors de la biopsie qui pourra déterminer qu’elle est la meilleure option.

Les essais thérapeutiques

Depuis 10 ans, d’importants progrès ont été réalisés dans le traitement des cancers du poumon. Cela a été rendu possible par de nouveaux médicaments, des nouvelles stratégies, des nouveaux équipements. La participation de milliers de patients pour établir l’efficacité de ces nouveaux médicaments et de ces nouvelles stratégies, a été fondamentale dans le progrès thérapeutique. Il pourra vous être proposé de participer à un essai thérapeutique afin de bénéficier des derniers progrès thérapeutiques.

Pendant tout le temps du traitement (ainsi qu’après), les équipes médicales et para médicales sont à vos côtés dans cette épreuve pour vous aider. Outre les médecins, une équipe poly-disciplinaire avec psychologues, diététiciens, kinésithérapeutes et moniteurs d’activité physiques, assistante sociale, association de patients, socio esthéticienne, massage, art thérapie, etc. seront une aide à tout moment de votre traitement.

Une fois votre traitement terminé, un suivi médical sera nécessaire pour s’assurer de l’absence de rechute. Ce suivi est réalisé par des scanners le plus souvent, suivis d’une consultation médicale. Ces examens de suivi sont très rapprochés initialement (tous les 3 mois) puis progressivement espacés. Bien souvent, la surveillance est à vie.

En cas de rechute, il existe des traitements appropriés selon les mêmes modalités que ci-dessus.