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Maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est une maladies neurologique fréquentes. C’est la deuxième affection neurodégénerative la plus fréquente après la Maladie d’Alzheimer (source INSERM) et elle touche actuellement environ 200 000 personnes en France.

Fin 2015, le nombre de patients traités pour une MPI était de l’ordre de 160 000 en France, avec environ 25 000 nouveaux cas par an, soit une incidence de 0,39 patients pour 1000 personnes-années.

Son étiologie reste inconnue. Parfois elle est influencée par des facteurs génétiques ou environnementaux (certains pesticides).

La Maladie se déclare en moyenne à l’âge de 70 ans et touche 1,5 fois plus les hommes que les femmes.

Cette affection neurologique évolutive est liée à une perte progressive des neurones présents dans la substance noire du cerveau responsables de la production de la dopamine, un neurotransmetteur essentiel dans le contrôle du mouvement, la motivation et la sensation de bien-être général.
 

Les principaux symptômes de la maladie de Parkinson (tremblement de repos, rigidité et ralentissement moteur) vont apparaître de manière variable selon les patients. On peut également rencontrer chez certains patients des troubles l'humeur, un syndrome anxio-dépressif, une fatigue majeure, des douleurs, des troubles digestifs (comme la constipation), une diminution de l’odorat et des troubles du sommeil, avant même l’apparition des premiers symptômes moteurs.

Dans une phase initiale de la maladie, les symptômes moteurs sont très souvent asymétriques, pour s’étendre progressivement aux autres régions du corps. A ce stade, le patient ressent un vrai bénéfice du traitement oral avec des très bons résultats moteurs.

Lorsque la maladie évolue, nous remarquons souvent l’apparition de fluctuations motrices et non motrices, une réapparition des symptômes de la MPI chez un patient sous traitement jusqu’à présent bien équilibré. Cette alternance de phases avec une bonne réponse au traitement (phases dites ON) et des phases de retour des symptômes de la MPI (phase OFF) pourra être observée à différents moments de la journée. Cette instabilité a un fort impact dans le quotidien.

Dans certains cas, on observe l’apparition d’effets secondaires des traitements dopaminergiques. Ils pourront s’exprimer sous la forme de mouvements involontaires, les dyskinésies, plus au moins gênantes dans le quotidien.

Avec le temps, des complications comme les troubles de la parole, l’apathie (manque de motivation), des troubles posturaux ou les troubles à la marche, comme le freezing (piétinement sur place), avec chutes peuvent apparaitre. Il sera important de penser à adapter le domicile et trouver des stratégies avec les professionnels de santé pour faire face à ces difficultés.
 

Le diagnostic repose essentiellement sur l’examen clinique. L’apparition asymétrique d’une raideur, ralentissement moteur et, parfois d’un tremblement de repos, pourra être évocatrice d’une MPI. Son évolution est habituellement lente.

Un test de sensibilité à la levodopa (traitement utilisé dans la MPI) pourra aider à établir le diagnostic.

La réalisation d’une scintigraphie au DAT-Scanner n’est pas essentielle mais elle pourra, dans certains cas, venir confirmer le diagnostic clinique et différencier certaines affections (tremblement essentiel) d’une authentique MPI.

Les cas de MPI génétique sont très rares (environ 5%), mais un test génétique (simple prise de sang) pourra être proposé après signature d’un consentement en cas d’antécédents familiaux de MPI.
 

Le traitement médicamenteux ne permet actuellement pas de guérir ou de freiner l’évolution de la maladie. Il permet cependant de limiter les symptômes et leur impact dans le quotidien. C’est un traitement symptomatique.

Plusieurs traitements sont disponibles et seront prescrits selon l’âge du patient, le stade de la maladie et sa gêne dans le quotidien. Leur adaptation sera nécessaire au long cours, de façon à donner une réponse adaptée à l’évolution des symptômes moteurs et non moteurs.

Nous pourrons faire appel à des traitements oraux comme les inhibiteurs de la Catéchol-O-Méthyl-Transférase (ICOMT), les agonistes dopaminergiques, les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO), ainsi que la levodopa, le traitement phare de la MPI. Néanmoins, chacun de ces traitements est susceptible de produire des effets indésirables, auxquels vous serez sensibilisé par votre neurologue ou infirmière du centre expert, qu’il faudra surveiller attentivement dans le quotidien.

A un stade plus avancé de la maladie, l’efficacité d’un traitement oral optimisé s’avère souvent insuffisante et le patient présente des fluctuations gênantes dans le quotidien. A ce stade il est important de réfléchir à une thérapeutique de seconde ligne qui pourra compléter la prise des comprimés, notamment l’implantation d’une Stimulation Cérébrale Profonde des noyaux sous thalamiques, un traitement en continu par pompe à Apomorphine ou par pompe de gel intestinal de Levodopa/Carbidopa. Toutes ces thérapeutiques sont utilisées dans notre Centre Expert depuis plusieurs années.

La prise en charge de la MPI est complexe et incontestablement pluridisciplinaire (neurologue, médecin traitant, infirmière hospitalière et à domicile, infirmière du centre expert, kinésithérapeute, orthophoniste, psychologue, assistante sociale) de façon à améliorer la qualité de vie du patient et son entourage.

La pratique d’une activité physique régulière (voir quotidienne) et des séances assidues de kinésithérapie sont fondamentales dans la prise en charge de la maladie et auront un fort impact sur son évolution. Des séjours en centre de rééducation (SSR) pourront être proposés permettant améliorer la condition physique du patient ainsi que de renforcer ses habitudes sportives.

Le neurologue de ville et le médecin traitant ont également un rôle très important dans la prise en charge efficace des différents symptômes.

Les patients sont également encouragés à participer à des essais thérapeutiques pour pouvoir bénéficier des progrès les plus récents dans le domaine.

La prise en charge de cette maladie doit être globale, centrée sur le patient, et coordonnée avec les différents  acteurs hospitaliers, en ville et au domicile du patient. La pratique d’une rééducation dans le quotidien est fondamentale.

Les associations de patients participent activement à cette prise en charge.